Le procès de Jeanto Koulémou, maçon et père de famille, s’est poursuivi ce lundi 4 mai au tribunal de première instance de Coyah. Il est accusé de viol sur sa nièce, Angeline Koulémou. Devant les juges, le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés. À l’issue des débats, le juge l’a déclaré non coupable et l’a renvoyé à des fins de poursuite.
Au cours de l’audience, Pierre Haba, mécanicien et président de la jeunesse de Kakoulimaya, a été entendu en tant que témoin de l’accusé.
“Un jour, Jeanto est venu chez moi pour se plaindre du comportement de sa nièce. Il disait que celle-ci a pris l’habitude de passer la nuit dehors. Je lui ai dit : ‘Il faut ramener la petite au village pour ne pas qu’elle te crée des problèmes ou qu’elle tombe enceinte’. Après, il est parti. Mais cela l’inquiétait beaucoup”, témoigne-t-il.
Lors de ses réquisitions, le procureur a déclaré que l’accusé, en voulant faire du bien, s’est retrouvé dans cette situation.
“Après le décès de son grand frère, il est parti au village chercher les enfants de celui-ci pour les prendre en charge, dont Angeline et une autre fille. Il nourrit les enfants, les éduque et les protège. C’est dans ce cadre qu’il a fait intégrer sa nièce Angeline dans un atelier de couture, où il la surveillait, l’accompagnait, la nourrissait, la logeait et la soignait. Mais elle a décidé de goûter à la vie. Elle a décidé d’aimer alors qu’elle est mineure. Son oncle, voyant que cette dernière est en train de s’engloutir dans le tréfonds d’une bassesse sociale inouïe, a essayé de la conseiller. Malheureusement, cela n’a pas marché. Cela aurait été de l’inceste, pas que du viol”, estime-t-il.
Le représentant du ministère public rappelle que la loi l’autorise à aller dans un sens comme dans l’autre. Il déclare insuffisantes les charges retenues contre l’accusé et requiert l’application de l’article 544 du Code de procédure pénale en sa faveur.
“Je ne fais pas une plaidoirie d’avocat. Je suis procureur, la loi me permet d’aller dans un sens ou dans l’autre. Je fais mon rôle de procureur, mais dans ce dossier, il y a un doute fort. Nous, ministère public qui poursuivons, estimons que les éléments sont insuffisants. Nous requérons très respectueusement qu’il vous plaise faire application des dispositions de l’article 544 du Code de procédure pénale au profit de Jeanto Koulémou”, déclare-t-il.
Pour sa plaidoirie, l’avocat de la défense est allé dans le même sens que le procureur. Il a plaidé non coupable et sollicité l’application des dispositions de l’article 544.
Dans son verdict final, le juge a déclaré Jeanto Koulémou non coupable du crime de viol dont il est accusé.
“Statuant publiquement, contradictoirement en matière criminelle et en premier ressort, après en avoir délibéré sur l’action publique, déclare l’accusé Jeanto Koulémou non coupable du crime de viol et le renvoie à des fins de poursuite”, tranche-t-il.
Il constate la non-comparution de la partie civile, met les frais et dépens à la charge du Trésor public, le tout en application des articles 268 du Code pénal, 818 du Code de l’enfant, 486, 491, 497, 533, 535 et 549 du Code de procédure pénale.
Les parties ont 15 jours pour relever appel.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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