Au lieu de s’agiter, Aliou Bah indique à l’opposition la voie à suivre

[dropcap]C’[/dropcap]est un véritable spectacle qui donne envie de vomir et de détester la politique et les hommes qui la font en Guinée. Depuis mercredi, c’est un autre round de comédie qui prend place en Guinée.

Les uns ont déjà fini leur cuisine et ont servi le plat. Tandis que les autres, qui tiennent à s’accrocher à un espoir superficiel même s’il est le fruit de leur imagination, continuent de trouver des arguments pour se dire encore que tout est dans la bonne direction.

Ne pas dire les choses telles qu’elles sont, c’est manquer de courage et de conséquence. Admettons alors la thèse que le gouvernement s’est trompé en faisant une ‘’erreur’’ de transmission. Si l’objectif final de l’opposition est la conquête du pouvoir pour une alternance, il faut donc s’interroger sur un ensemble de choses au lieu de s’agiter et régler des comptes. Quel est le laboratoire qui a fabriqué ce document qui comporte ces ‘’erreurs’’? Et il travaille à quel niveau dans le dispositif du pouvoir du RPG?

Il me semble qu’il y a un comité de suivi dans lequel toutes les parties prenant part au processus sont représentées. Alors comment se fait-il que ce comité de suivi n’ait rien suivi pour qu’on en soit là? Le dépôt du document à l’assemblée nationale étant la phase finale du processus sur la révision des textes, alors comment a-t-on pu tromper la vigilance de tous ceux qui suivent l’ensemble des étapes pour déposer une version erronée?

S’agissant de Bouréma Condé, je suis profondément déçu que certains le présente aujourd’hui comme un saint digne de confiance au point de lui faire des éloges pour ne pas dire des louanges. Comme s’il n’avait pas un passé qui est d’ailleurs très récent, avec tout ce que cela implique et un parcours global caractérisé par beaucoup de points noirs.

C’est pourquoi, pour nous, cela n’avait aucun sens de récuser Cheik Sako et accepter Bouréma Condé. Par ailleurs, quand Damaro Camara dit : ‘’Mais comment on peut sortir déjà pour crier sur les toits, quand on n’a même pas encore partagé ces lois ? Franchement, c’est ce qu’on appelle de l’agitation politique pour rien. Toujours est il que les accords n’imposent pas à l’Assemblée l’issue du vote’’.

Au même moment, Dr Fodé Oussou Fofana dit avoir déjà demandé à tous les députés de son groupe parlementaire de rendre les documents qu’ils ont reçus: ‘’Dès demain matin, je remettrai les 37 documents au secrétaire général de l’Assemblée nationale pour les rendre à l’envoyeur. J’espère que les autres groupes parlementaires en feront de même pour éviter de mélanger les vrais aux faux documents’’.

Rien qu’en lisant entre les lignes les déclarations des deux présidents des plus grands groupes parlementaires à l’assemblée nationale, et de surcroit deux acteurs importants du même processus, on se rend compte des profondes contradictions (qui sont d’ailleurs les principales caractéristiques de ces accords et des arguments de leurs défenseurs) et de la dimension du mal guinéen.

Ceux qui croient encore que la question est déjà réglée, peuvent en conséquence anticiper sur la nature et l’issue du débat sur la question à l’assemblée nationale. S’il y a débat bien entendu. Au lieu de perdre le temps dans le calcul du genre ‘on aura raison ou pas’, on ferait mieux de s’interroger sur la profondeur de la duperie, celle du piège et les issues de dégagement en urgence qui sont encore possibles. Autrement, on aura choisi encore une fois d’être dans la farine du boulanger comme cela avait d’ailleurs prévu.

Enfin voici d’autres interrogations qui sont en rapport avec les conclusions des accords du 12 octobre:

  • Quelle est la ligne budgétaire prévue dans la loi de finance 2017 pour les élections communales et locales?
  • Est-ce qu’il existe dans ce budget le volet ‘’fonds d’indemnisation des victimes’’?
  • La Haute cour de justice a-t-elle été mise en place par cette session?
  • La neutralité de l’administration publique dans le débat politique est-elle devenue une réalité?
  • L’accès aux médias publics pour les acteurs de l’opposition est-il devenu effectif?

En attendant des réponses de la part des défenseurs de ces accords en général et des députés des deux bords signataires en particulier, je continue de m’interroger comme beaucoup de mes compatriotes.

Aliou BAH

Directeur de la communication du BL

Comments (2)
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  • Abdoul Diallo

    Pour une fois suis d’accord avec toi mon cher

  • sarifou

    Maintenant devant le peuple l’autre partie n’a pas respecter ses engagements puis aprés?