Aviculture, Bah Oury veut reproduire en Guinée la stratégie du président Wade : ‘’Les gens avaient même installé des poulaillers sur leurs toits’’

Le Premier ministre Bah Oury a affiché sa volonté d’accélérer le développement de la filière avicole guinéenne, en s’inspirant notamment de l’expérience menée au Sénégal sous l’ancien président Abdoulaye Wade, lors de la présentation de la Stratégie nationale de développement de la filière avicole.

Pour le chef du gouvernement, le développement de la production locale de volaille constitue une priorité économique et sociale, susceptible de créer des emplois et de renforcer la souveraineté alimentaire du pays.

Évoquant l’exemple sénégalais, Bah Oury a rappelé la dynamique qui avait accompagné les politiques d’encouragement à la production agricole et avicole. ‘’Le président Wade avait fait la même chose. Ils ont encouragé cette production agricole. Les gens ont mis même des poulaillers au niveau de leur toit, un peu partout. Et ça a donné un sens, une dynamique économique et certains ont pu prospérer. Nous aussi, nous allons dans cette direction. La Stratégie nationale de développement de la filière avicole doit accélérer. Nous avons besoin de résultats’’, a-t-il insisté.

A l’entendre, l’objectif est avant tout de remettre les populations au travail et de créer un environnement favorable aux initiatives privées. ‘’Nous avons besoin de résultats, nous avons besoin de mettre les gens au travail. L’écosystème à mettre en place, ce n’est pas à l’État de tout faire. L’État, s’il veut tout faire, il le fera mal. C’est la raison pour laquelle j’encourage cet écosystème nouveau qui est en train de se mettre en place avec l’implication du secteur bancaire et le privé’’, a-t-il fait savoir.

Le locataire du palais de la Colombe a également insisté sur la nécessité d’une meilleure organisation des acteurs de la filière afin de faciliter l’intervention des pouvoirs publics. ‘’La gouvernance de la profession est indispensable. Nous ne pouvons pas nous adresser à des millions de personnes individuellement comme ça. Il faut que le secteur, à la base, de la préfecture, de la région, même de la sous-préfecture, s’organise pour que l’action publique puisse avoir des points focaux sur lesquels agir’’, a-t-il indiqué.

Il a par ailleurs appelé à une plus grande coordination entre les différents départements ministériels, estimant qu’aucun secteur ne pouvait évoluer de manière isolée. ‘’Aucun ministère ne peut évoluer en silo, c’est la convergence de beaucoup d’actions. Développons l’agriculture du maïs, le secteur avicole va se développer’’, a-t-il souligné.

Citant l’exemple de l’Éthiopie, où l’intégration entre agriculture, élevage, pisciculture et politiques environnementales aurait permis d’améliorer considérablement les revenus des populations rurales, M. Bah a relaté ceci : ‘’J’ai vu un exemple extrêmement intéressant en Éthiopie où vous avez l’agriculture, l’élevage à travers les bœufs, la pisciculture, et même le ministère de l’Environnement avec les biodigesteurs qui permettent à la population de se chauffer, de cuisiner et de développer des approches écologiques. Au bout de quatre ans, des gens qui étaient très pauvres, certains d’entre eux sont devenus des personnes avec des revenus de l’ordre de 40 000 dollars par an. Donc, c’est pour dire qu’on peut s’en sortir’’.

Dans le même cadre, il a réaffirmé l’engagement des plus hautes autorités de l’État en faveur du développement de la filière avicole. ‘’Je suis tout à fait d’accord, le président est tout à fait d’accord, il est d’ailleurs très impatient. Tout ce qu’il faut faire pour vous permettre administrativement d’être en mesure de satisfaire les besoins de la population, dites-le, on le prendra’’, a-t-il déclaré.

Avant d’estimer que la Guinée doit progressivement protéger les productions locales. ‘’Nous pouvons importer ce que nous n’avons pas, mais ce que nous avons, on va fixer des quotas, on va fixer quelques barrières pour être en conformité avec les accords, comme d’autres sont en train de le faire. Soyons de ce point de vue proactifs. Il n’y a pas d’obstacle, il faut le vouloir et le gouvernement le veut’’, a-t-il encouragé.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

00224 622 98 97 11 / boussouriou.bah@visionguinee.info

Comments (0)
Add Comment