Badra Koné justifie son patrimoine à la CRIEF : ‘’Je n’ai pas de maison, j’ai 9 parcelles à Mafèrinyah, 2 véhicules et 2 comptes bancaires’’

Après plus de 48 heures d’audition à la Direction centrale de la police judiciaire (DPJ), l’ancien président de la délégation spéciale de Matam, Badra Koné, a été placé sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry. Il est poursuivi, avec neuf coaccusés, dans une affaire portée devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Le procureur spécial avait initialement estimé que le dossier devait être jugé en flagrant délit. Cependant, après plusieurs heures d’audience tendues et des débats houleux, ce mercredi 29 avril, le juge Alpha Camara a finalement rendu une décision.

Le magistrat a ordonné que les prévenus ne soient pas jugés en flagrant délit, mais plutôt renvoyés devant la chambre d’instruction. Désormais, Badra Koné et ses neuf coaccusés seront entendus par un juge d’instruction qui devra déterminer la suite à donner à la procédure, notamment leur éventuel renvoi devant la chambre de jugement.

A la barre, Badra Aliou Koné a été amené à justifier son patrimoine. ‘’Je n’ai pas de maison, mais j’ai 9 parcelles à Maférinyah achetées en 2011 à 3 millions de francs guinéens. J’ai 2 véhicules. Je n’ai pas de maison. J’ai deux comptes bancaires, l’un à la BISC et l’autre à UBA. Quand j’ai tiré le dernier solde, je pense que je devais être à 120 millions à UBA et je reste devoir 1,5 million GNF à la BISC’’, a-t-il déclaré.

L’accusé a par ailleurs tenu à préciser qu’il n’a jamais participé au processus d’attribution des marchés publics mis en cause. ‘’Je voudrais préciser que je n’ai même pas été membre de la commission. Ça m’a même trouvé à l’époque où j’étais à Paris. Quand l’appel d’offres a été fait, moi, j’étais à Paris’’, a-t-il souligné.

À la suite de son audition et de ses déclarations, le juge Alpha Camara a suspendu l’audience avant de rendre sa décision. L’affaire quitte ainsi le cadre du flagrant délit pour entrer dans une phase d’instruction approfondie.

Cette étape permettra d’examiner plus en détail les charges retenues contre Badra Koné et ses coaccusés, et de déterminer s’ils devront comparaître ou non devant la chambre de jugement de la CRIEF.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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