Bah Oury : ‘’Avant, nous étions le pays qui permettait aux autres d’avoir les produits agricoles…On a perdu certaines habitudes’’

Prenant la parole lors de la présentation de la Stratégie nationale de développement de la filière avicole, le Premier ministre Bah Oury a plaidé pour une relance de la production agricole nationale afin de réduire la dépendance de la Guinée aux importations alimentaires et redonner aux jeunes des perspectives économiques durables.

Le chef du gouvernement a assuré que la Guinée disposait des capacités nécessaires pour relever ce défi, rappelant les réflexions engagées ces derniers mois autour du renforcement de la résilience alimentaire du pays, notamment en ce qui concerne la production d’oignons. ‘’Il y a quelque temps, nous avions évoqué la question de la résilience en termes d’importation de certains produits agricoles, notamment l’oignon. Deux mille hectares pour arrêter l’importation de l’oignon. J’ai mis à l’épreuve celui qui a dit ça. Maintenant, au ministère d’accompagner ces investisseurs, deux mille hectares pour qu’on arrête l’importation de l’oignon’’, a-t-il déclaré.

Avant de poursuivre : ‘’Des terres ont été allouées à certains investisseurs pour qu’ils produisent afin de diminuer notre dépendance aux importations. Nous y ferons le point parce qu’il est de notre responsabilité d’engager les réponses qui permettent à nos populations de produire localement pour atténuer notre dépendance alimentaire à des fluctuations extérieures qui ne dépendent pas de nous’’.

Pour Bah Oury, l’objectif est clair : permettre à la Guinée d’atteindre rapidement un niveau de production suffisant pour répondre aux besoins alimentaires de sa population. Avant d’assurer que la Guinée avait autrefois occupé une place importante dans la production et l’exportation de denrées agricoles.

‘’Avant, nous étions les pays qui permettaient aux autres d’avoir les produits agricoles, d’avoir beaucoup d’autres produits. On exportait. Mais des mauvaises politiques ont été établies et qui ont fait que tout a été détruit. C’est cela qu’il faut reconstruire’’, a regretté le locataire du palais de la Colombe.

Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de replacer le travail et la production au cœur du développement économique du pays, en particulier pour la jeunesse. ‘’Il faut ramener le travail. Ramener le travail donné à nos jeunes. La vision et l’effort nécessaire pour aller dans le secteur de l’agriculture et le secteur de l’élevage’’, a-t-il lancé.

Pour illustrer cette approche, Bah Oury a évoqué une expérience menée récemment avec des start-up ayant développé des couveuses destinées à l’élevage de volailles. ‘’On a, avec des start-up qui ont construit des couveuses, donné à des jeunes 50 couveuses il y a trois mois de cela et nous allons avoir les résultats pour faire un diagnostic. Est-ce que parmi ces jeunes, ils sont sortis de la précarité ? Se sont-ils créé une activité génératrice de revenus leur permettant enfin d’être des citoyens économiquement autonomes ? Nous allons reproduire le même schéma pour la préfecture de Siguiri, pour sortir beaucoup de jeunes de cet orpaillage. Il leur faut d’autres activités pour qu’ils puissent créer économiquement et trouver des raisons d’espérer et de changer d’activité’’, a-t-il indiqué.

M. Bah a lancé un appel à une mobilisation collective autour du travail, de la terre et de la production nationale. ‘’Il faut qu’on remette notre pays au travail. Notre pays a perdu certaines habitudes. La terre, vous lui donnez, elle grandit’’, a-t-il affirmé.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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