Ce mercredi, au siège de la Cour d’appel de Conakry, le premier ministre Bah Oury a présidé l’ouverture de la première Conférence nationale des procureurs. Au cours du lancement de ce cadre d’échanges et de concertation entre tous les procureurs de la République qui se déroule du 15 au 17 juillet 2026, le chef du gouvernement a appelé à une justice juste et équitable tout en insistant sur le rôle de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Bah Oury a rappelé que la justice demeure l’un des fondements de la gouvernance engagée depuis le 5 septembre 2021. ‘’Je rappelle que lors de la prise du pouvoir le 5 septembre 2021, le président de la République avait indiqué que la justice, c’est la boussole de l’action gouvernementale. Il faut toujours se rappeler de cela parce qu’avec le temps, on devient amnésique’’, a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement a notamment insisté sur la mission de la Cour de répression des infractions économiques et financières pour une justice impartiale. ‘’La CRIEF, c’est une volonté de moralisation de la gestion publique. À cet égard, il faudrait que la CRIEF puisse jouer son rôle efficacement pour décourager toute activité délictueuse en ce qui concerne la gouvernance de nos institutions publiques et de nos infrastructures communes. Il ne faudra pas être sélectif, il faut être objectif, il faut être équitable. Il faut œuvrer à ce que la justice devienne juste, libre et indépendante’’, a-t-il lancé.
Le Premier ministre a appelé les différentes institutions intervenant dans la chaîne judiciaire à tirer les enseignements des dérives constatées. ‘’Nous avons tiré beaucoup de leçons. J’encourage, à tous les niveaux, les institutions qui sont proches de l’action de la justice à tirer les leçons des déviances. Nous devons permettre à notre justice pénale d’être en phase avec les exigences de notre époque’’, a-t-il indiqué.
Évoquant la responsabilité du gouvernement, le locataire du palais de la Colombe a assuré que l’exécutif mène également une réflexion sur les causes des manquements observés dans l’administration.
‘’Le gouvernement, pour sa part, est en train de tirer les leçons pour comprendre pourquoi ces déviances existent. Lorsqu’on confie une responsabilité à quelqu’un sans lui donner les moyens d’être en conformité avec les lois de la République et ses obligations, on porte aussi une part de responsabilité. D’où la nécessité pour le gouvernement, les administrations et les hauts cadres de l’État de renforcer leur connaissance de leurs obligations afin de ne pas se retrouver en porte-à-faux avec la justice. Nous sommes en apprentissage et, lorsqu’on est en apprentissage, on peut commettre des erreurs. Mais ces erreurs doivent nous permettre de nous corriger et d’avancer’’, a-t-il expliqué.
S’adressant aux procureurs, M. Bah a insisté sur la responsabilité qui leur incombe dans le renforcement de la confiance envers les institutions judiciaires.
‘’Votre rôle est essentiel. Vous êtes les miroirs de la République, aussi bien pour les citoyens que pour les étrangers. La République compte sur vous, le président de la République compte sur vous, pour que vous soyez à tout moment diligents, bienveillants, mais exigeants et justes dans l’application des peines et dans le respect des obligations qui sont les nôtres’’, a-t-il souligné.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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