Baisse drastique du rendement dans le secteur de la pêche en Guinée

[dropcap]L[/dropcap]es ressources halieutiques constituent un facteur générateur de colossaux revenus, du moins pour les pays qui en savent tirer profit. Puisque des pays -comme le Maroc par exemple- font engrangent en moyenne annuelle environ 1 milliard de dollars à travers la vente des produits de mer. 

En Guinée, le déficit à combler reste énorme. Puisque que le pays manque un certain nombre de réglementations pour rendre plus rentable le secteur. C’est du moins l’avis du consultant en pêche Chérif Diallo qui déplore au prime abord l’absence de patrouilleur sur les eaux guinéennes.

‘‘La Guinée n’a pas de patrouilleur. Au Sénégal, c’est la Marine nationale qui arraisonne. Parce que si vous avez un petit navire comme le Moussaya qui est à Kamsar, et qui ne fait même pas les 12 nœuds, vous approchez un certain navire comme celui des asiatiques, chinois et coréens qui sont dangereux en mer, mais ils peuvent vous couler. Ce qui fait que notre mer n’est pas contrôlée, qu’on donne des licences. Et la ressource, pillée’’, enseigne-t-il.

Avec une analyse d’expert, Chérif Diallo note une nette diminution du rendement de la Guinée dans le secteur de la pêche depuis plusieurs années, non sans évoquer les raisons favorisant cette chute vertigineuse. Notamment la vente des licences de pêche en lieu et place des produits de pêche. ‘‘En 1995, la Guinée avait 250.000 tonnes exploitables en mer. Et comme on ne fait que vendre des licences de pêche, on se retrouve aujourd’hui, à date, à 112.000 tonnes. Dans ces 112.000 tonnes, vous avez près de 80.000 tonnes de pélagiques, c’est-à-dire des bologuis, des sardinelles, ainsi de suite’’, énumère-t-il, indigné.

‘‘Vous n’avez plus des ressources de valeur. Parce qu’en vendant des licences de crevettiers, de céphalopodes, de calmars, et autres à des navires, ils font du n’importe quoi en mer’’, révèle M. Diallo.  Une pratique qui n’est pas sans conséquence, puisque la ressource se déprécie du jour le jour.

‘‘C’est pourquoi d’ailleurs l’Union européenne s’implique. Et c’est en vendant du poisson et de l’économie maritime que la Mauritanie fait en moyenne 400 millions de dollars par an’’, indique le consultant.

Mady Bangoura, pour VisionGuinee.Info

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