Emprunt obligataire 2026 : Afriland First Bank et le secteur bancaire guinéen en première ligne pour lever 2 500 milliards GNF

La Guinée passe un nouveau cap dans sa stratégie de souveraineté financière. Réunis à Conakry ce vendredi 25 septembre 2026, des membres du gouvernement, les dirigeants du secteur bancaire et financier, ainsi que de nombreux invités d’honneur ont assisté au lancement officiel de la 6ᵉ émission d’emprunt obligataire par appel public à l’épargne. Présidée par la ministre de l’économie, des finances et du budget, Mariama Ciré Sylla, cette opération record de 2 500 milliards de francs guinéens vise à transformer l’épargne nationale en levier de développement pour les infrastructures, l’énergie, la santé et l’éducation.

La Guinée accélère sa marche vers l’autonomie financière. Ce vendredi 25 septembre 2026, la capitale guinéenne a abrité la cérémonie officielle de lancement de la 6ᵉ émission d’emprunt obligataire par appel public à l’épargne.

Sous la présidence de la ministre de l’économie, des finances et du budget, Mariama Ciré Sylla, entourée de plusieurs membres du gouvernement, des responsables de la Banque centrale, l’événement marque un virage décisif pour mobiliser la richesse nationale afin de bâtir l’avenir du pays sans dépendre des guichets extérieurs.

Portée par la vision du chef de l’État, Mamadi Doumbouya, et intégrée dans le cadre du vaste programme Simandou 2040, cette opération financière marque un tournant stratégique.

L’État guinéen sollicite le marché domestique à hauteur de 2 500 milliards de GNF, enregistrant une hausse de près de 67 % par rapport à l’édition précédente.

Pour mener à bien cette levée de fonds d’envergure nationale, la confiance des hautes autorités s’est une nouvelle fois portée sur Afriland First Bank Guinée, reconduite pour la troisième fois consécutive dans les fonctions d’arrangeur et de chef de file de l’opération.

Prenant la parole, l’administrateur directeur général d’Afriland First Bank Guinée, Dr Guy Laurent Fondjo, a tenu à exprimer toute sa gratitude envers le gouvernement.

Il a adressé ses remerciements au chef de l’État ainsi qu’à son gouvernement pour ‘’la confiance renouvelée qu’ils accordent à Afriland First Bank en nous reconduisant pour la troisième fois consécutive dans les fonctions d’arrangeur et chef de file de cette opération d’envergure nationale’’.

Poursuivant son intervention sur les avantages de la souveraineté monétaire, le dirigeant bancaire a rappelé que ‘’la dette intérieure d’un pays est un atout majeur et ne peut, en aucun cas, mettre un État en situation de faillite, alors que la dette extérieure le peut’’.

Selon lui, cette stratégie d’endettement local permet d’affranchir la Guinée des conditionnalités contraignantes et des divergences d’intérêts souvent imposées par les bailleurs étrangers.

Citant le président de la République lors de sa récente intervention aux Nations Unies à New York, il a réaffirmé que ‘’la République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son peuple’’.

Sur le plan technique, cet emprunt obligataire 2026 est conçu pour allier civisme économique et rentabilité financière. Assorti d’un taux d’intérêt de 11 % net d’impôt et de taxe sur une maturité de 5 ans, l’instrument propose un ticket d’entrée accessible fixé à 5 millions de GNF, ouvert aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises.

Le gouverneur de la BCRG, Karamo Kaba, a tenu à rassurer l’assistance en expliquant que ‘’cet appel public à l’épargne offre la possibilité aux souscripteurs d’acheter un placement inscrit dans un cadre réglementé et adossé à la responsabilité souveraine de l’État guinéen’’.

Il a rappelé qu’avec le renchérissement du capital et la montée des tensions géopolitiques, ‘’l’épargne domestique n’est pas seulement un capital financier. C’est un engagement citoyen, une manière concrète de contribuer à la construction du pays’’.

Il a par ailleurs insisté sur le fait que la rigueur et la transparence seront au cœur de la démarche, car ‘’lorsque le capital devient plus cher et plus sélectif, la conformité et la transparence ne sont pas des options : elles deviennent des conditions de l’efficacité’’.

Face à ce défi national, les acteurs financiers du pays affichent une détermination sans faille. Prenant la parole au nom de l’Association professionnelle des banques (APB), Sidy Mohamed Chérif a réaffirmé l’engagement plein et entier de la profession.

Saluant les performances du secteur, dont les ressources disponibles localement atteignent désormais près de 10 milliards de dollars, le représentant de l’APB a rassuré les autorités en déclarant que ‘’nous avons déjà six banques membres du syndicat, et nous pouvons vous assurer que nous pourrons mobiliser au-delà des 2 500 milliards’’.

Il a rappelé le rôle historique des établissements bancaires dans l’accompagnement des grands projets structurants du pays, soulignant l’unité du syndicat de placement composé de banques de premier plan comme Ecobank, BCI, Vista Gui, FBNBank, Orabank, Skye Bank ou encore Akiba Finance.

La ministre de l’économie, des finances et du budget, Mariama Ciré Sylla, a rappelé que ‘’la Guinée change d’échelle’’ avec une accélération remarquable de sa croissance, projetée à 8,6 % pour 2026 après 7,1 % en 2025, tout en conservant une inflation maîtrisée à 3,5 % et une dette publique contenue sous les 37 %.

Elle s’est réjouie de la reconnaissance internationale accordée aux réformes guinéennes, citant le rehaussement inédit en six mois de la notation souveraine attribuée par Standard & Poor’s à B+, perspective positive, la multiplication par six des investissements directs étrangers (7,8 milliards USD en 2025) et l’accord au niveau des services conclu avec le FMI pour 425 millions de dollars.

Interrogeant l’auditoire sur l’enjeu primordial d’autonomie financière, la ministre a lancé ce puissant plaidoyer : ‘’Pourquoi l’épargne guinéenne ne financerait-elle pas elle-même plus la transformation de la Guinée qu’elle ne le fait jusqu’à présent ?’’

Évoquant la finalité concrète de ces fonds, Mariama Ciré Sylla a martelé que la réussite du programme Simandou 2040 ne se mesurera pas seulement en millions de tonnes de minerai de fer exportées, mais bel et bien ‘’en kilomètres de routes construites, en mégawatts supplémentaires mis en service, en entreprises guinéennes championnes locales développées, en jeunes formés et en emplois créés’’.

Elle a profité de cette tribune pour annoncer la création prochaine du Fonds souverain de Guinée, destiné à préserver et fructifier les richesses naturelles pour les générations futures.

Lançant un appel vibrant à la diaspora, aux citoyens, aux banques, aux entreprises et aux compagnies d’assurances pour qu’ils investissent dans leur propre pays, la ministre a conclu son allocution par des mots pleins d’assurance.

‘’Nous sommes une génération qui voit Simandou devenir une réalité. Une génération qui voit la signature souveraine de la Guinée gagner en crédibilité. La Guinée que nous voulons ne se construira pas plus tard : elle se finance aujourd’hui, elle s’investit aujourd’hui, elle se construit aujourd’hui. C’est avec confiance que je déclare officiellement lancé l’emprunt obligataire 2026 de la République de Guinée pour un montant de 2 500 milliards’’, a-t-elle conclu.

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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