Campus France encourage les étudiants guinéens à revenir mettre leurs compétences au service du développement de la Guinée

L’Institut français de Guinée, à travers Campus France, a organisé ce samedi 18 juillet 2026 une rencontre d’échanges et d’information à l’intention des étudiants guinéens admis dans les universités françaises pour la rentrée académique 2026-2027. Présidée par le Premier ministre Bah Oury, en présence du ministre des mines et de la géologie, du président du Conseil d’administration de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), Mamoudou Nagnalen Barry, ainsi que de l’ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, cette rencontre était axée sur la mobilité étudiante, le retour des diplômés et les opportunités offertes par le programme Simandou 2040.

L’ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, a salué cette initiative qu’il considère comme un symbole de la solidité du partenariat entre les deux pays dans le domaine de l’enseignement supérieur.

‘’Nous sommes vos partenaires pour inventer cette politique publique de mobilité circulaire entre le départ et le retour. Vous allez partir, et je vous félicite d’avoir été acceptés dans nos excellentes universités. Mais aujourd’hui, il faut aussi revenir. Si j’ai bien compris l’esprit de la Simandou Academy, c’est de savoir où seront les besoins de l’économie guinéenne dans les cinq, dix ou quinze prochaines années. Nous sommes ici pour vous accompagner, amortir le choc du départ, mais aussi préparer celui du retour. Certains d’entre vous auront une première expérience professionnelle en France, avec de bonnes conditions de vie. Pourtant, il faudra revenir, car c’est ensemble que nous construirons cette mobilité partagée’’, a déclaré le diplomate français en s’adressant à des jeunes guinéens qui s’apprêtent à s’envoler en France poursuivre leurs études.

Luc Briard a rappelé que la France demeure la première destination des étudiants et chercheurs guinéens, rappelant la responsabilité qui incombe aux futurs diplômés de contribuer au développement de leur pays.

‘’Nous sommes très fiers d’être le premier pays d’accueil des étudiants et chercheurs guinéens. Cette réalité n’est pas le fruit du hasard. Nous partageons une langue, une histoire administrative et une ambition commune. Mais il est important de ne pas trahir le pacte qui nous unit. Vous partez grâce à Campus France, mais il faudra revenir pour mettre vos compétences au service de la Guinée, qui a investi dans votre formation depuis l’école jusqu’au baccalauréat. Gardez toujours un œil tourné vers la Guinée, car c’est là que votre avenir se jouera pleinement’’, a-t-il souligné.

Le directeur de Campus France Guinée, Dr Amara Diawara, a, de son côté, insisté sur la nécessité d’une meilleure orientation des jeunes dès le collège afin de préparer les compétences dont la Guinée aura besoin dans les années à venir.

‘’Lorsque Campus France reçoit un candidat, nous ne recevons pas seulement un dossier académique. Nous recevons une trajectoire, un parcours de vie, fait d’apprentissages, d’opportunités, mais aussi parfois d’un déficit d’information ou d’orientation. Une vocation ne se décrète pas à 18 ans. Elle se découvre, se nourrit et se construit. C’est pourquoi, l’orientation doit commencer très tôt afin que chaque jeune puisse faire un choix éclairé et développer les compétences dont le pays aura besoin’’, a-t-il expliqué.

Selon lui, partir étudier à l’étranger ne constitue pas une finalité en soi. ‘’Partir n’est pas un projet. Se former en est un. La mobilité étudiante prend tout son sens lorsqu’elle permet d’acquérir des compétences, de développer un réseau et de revenir ensuite mettre cette expérience au service d’une trajectoire professionnelle durable. Tous les jeunes n’ont pas vocation à partir. L’enjeu est de permettre des mobilités internationales tout en renforçant les universités et les centres de formation en Guinée’, a-t-il souligné.

Dr Diawara a indiqué que ‘’Simandou aura besoin d’ingénieurs, mais aussi de techniciens, de juristes, de spécialistes du numérique, de professionnels de santé, d’enseignants, de communicants, d’entrepreneurs, de chercheurs et de cadres capables de planifier et d’accompagner cette transformation économique. Notre objectif n’est pas d’opposer les filières, mais d’aider chaque étudiant à trouver le point de rencontre entre ses ambitions personnelles et les besoins réels de la Guinée’’.

Le directeur de Campus France a présenté les statistiques de la campagne 2025-2026. Sur 9500 dossiers déposés sur la plateforme, 8250 ont été validés. Au total, 1450 étudiants guinéens ont été admis dans les établissements publics français, un record depuis l’installation de Campus France en Guinée en 2007.

Il a précisé que 62,6 % des admis sont des hommes contre 37,4 % de femmes, tout en appelant à une plus forte participation des jeunes filles dans les filières scientifiques et techniques. Concernant les visas, il a indiqué que 470 demandes ont obtenu une réponse favorable sur 587 dossiers examinés, soit un taux d’acceptation de 80 %.

Dr Amara Diawara a exhorté les futurs étudiants à privilégier l’acquisition de compétences plutôt que la seule obtention d’un diplôme.

‘’Ne recherchez pas uniquement un diplôme. Recherchez avant tout une compétence, puis revenez en Guinée pour la mettre au service du développement du pays. La mobilité ne doit pas devenir un exil académique. Elle doit devenir une circulation des compétences. Revenir n’est pas un renoncement. C’est transformer une expérience acquise à l’étranger en capacité d’action pour construire l’avenir de la Guinée’’, a-t-il conclu.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.info
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