Le cardinal Robert Sarah a livré un message profondément spirituel, mêlant témoignage personnel, gratitude envers Dieu et appel à la cohérence dans la foi. Évoquant son parcours exceptionnel, depuis son village natal jusqu’au Vatican, le prélat guinéen a exhorté ses compatriotes à vivre dans la vérité, la justice et l’amour du prochain, rappelant que la foi ne peut être dissociée des actes du quotidien.
À l’approche de ses 92 ans, le cardinal Robert Sarah affirme d’abord sa reconnaissance envers Dieu, qu’il remercie pour la longévité : ‘’Je remercie Dieu, qui m’a donné d’atteindre cet âge. Dans la Bible, on dit qu’à 80 ans, c’est donné aux plus vigoureux, à ceux qui ont de la force. Il m’a donné une bonne santé. Je dois dire un grand merci. Un grand merci aussi parce qu’il a fait de moi un chrétien, un prêtre, un archevêque, un cardinal, un collaborateur du Saint-Père. Je ne sais pas comment remercier Dieu’’.
Le prélat est revenu sur ses origines modestes, soulignant le chemin parcouru depuis son enfance dans un petit village de Guinée jusqu’à Rome, où il a exercé de hautes fonctions au sein de l’Église catholique. ‘’Je suis d’un petit village, de rien du tout, d’une famille où nous étions trois : papa, maman et moi. Je suis le seul enfant de ma famille. Et Dieu a pris cet enfant pour l’emmener jusqu’à Rome. Jamais je n’aurais imaginé, quand j’étais tout petit, que je serais à Rome. Pour moi, Rome, c’était presque le ciel, l’inatteignable. Dieu a pris ma vie. Il l’a guidée, orientée jusqu’à ce point’’, a-t-il souligné.
A l’entendre, la meilleure manière de témoigner sa reconnaissance envers Dieu consiste à défendre les valeurs de vérité et de justice. C’est pourquoi, a-t-il dit ‘’je me bats pour la vérité. Je me bats contre le mensonge. Je me bats contre la corruption. Je me bats pour que le monde vive comme une famille, dans la justice, dans la vérité. Parce que c’est la meilleure façon de dire merci à Dieu pour tout ce qu’il a fait pour moi’’.
Le cardinal a également insisté sur la nécessité, pour chaque croyant, de vivre en cohérence avec sa foi. ‘’La meilleure façon de dire merci à Dieu, c’est de ne rien cacher, de dire la vérité, de dire que l’homme doit être cohérent dans sa vie. S’il est religieux, qu’il soit religieux. La cohérence. Si on n’est pas cohérent, on vit en rond. On se détruit nous-mêmes parce qu’on n’est pas en cohérence avec notre vocation, qui est d’être des fils de Dieu’’, a-t-il souligné.
Évoquant son souhait de revenir vivre en Guinée, il explique que cette décision répond avant tout à un désir de rendre grâce à Dieu et de continuer à transmettre ce qu’il considère comme les fondements de la foi. ‘’Si je reviens, c’est pour dire à Dieu merci de ce qu’il a fait de moi. Je n’ai pas de mots, mais la meilleure façon, c’est de ne rien cacher aux hommes de ce qu’ils doivent faire pour être agréables à Dieu. On ne ment pas à Dieu’’, a-t-il indiqué.
Enfin, il a lancé un appel appuyé à l’amour du prochain, estimant qu’il constitue le véritable critère de l’authenticité de la foi. ‘’Si on aime Dieu, on aime le prochain. Notre Bible dit que celui qui dit qu’il aime Dieu et qu’il déteste son prochain est un menteur. Parce que tu ne peux pas aimer Dieu que tu ne vois pas si tu es incapable d’aimer ton prochain que tu vois. Nous sommes à l’image de Dieu. Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance. Aimer son prochain, ça veut dire aimer Dieu. Si on déteste son prochain, si on écrase son prochain, si on tue son prochain, on déteste Dieu. C’est cela la foi. Il faut que les Guinéens comprennent que, si on veut vraiment vivre notre foi en Dieu, il faut qu’on s’aime, qu’on se prenne la main, qu’on se respecte, qu’on travaille ensemble. Autrement, nous mentons à Dieu’’, a-t-il fait savoir.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
00224 622 98 97 11 / boussouriou.bah@visionguinee.info