Le mercredi 22 octobre dernier, la ville de Mamou a abrité la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation, en présence de la ministre de l’agriculture et de celui de la pêche, du président de la Chambre nationale d’agriculture, ainsi que du représentant de la FAO en Guinée.
L’événement, qui coïncide avec la célébration des 80 ans des Nations Unies, a été marqué par plusieurs discours, symbolisant l’engagement de la Guinée et de ses partenaires pour lutter contre la faim, la malnutrition, et promouvoir un avenir plus prospère et durable dans le secteur agroalimentaire.
Ouvrant le bal, le contrôleur général de police, Lamine Keita, a exprimé sa grande fierté et son profond honneur de prendre la parole en ce jour symbolique, au nom des populations de Mamou, pour célébrer la Journée mondiale de l’alimentation sous le thème de cette année, « Main dans la main pour les aliments et un avenir meilleur ». Le gouverneur de Mamou a rappelé l’importance de cette journée, qui offre à tous l’opportunité de réfléchir et surtout d’agir ensemble pour répondre aux défis majeurs liés à la faim, l’insécurité alimentaire, à la malnutrition, au dérèglement climatique et aux inégalités sociales.
Il a profité de l’occasion pour saluer le travail accompli par la ministre de l’agriculture pour son ‘’engagement exemplaire en faveur de la transformation du secteur agricole et rural ainsi que de l’ensemble des partenaires techniques et financiers, en particulier la FAO, dont le rôle historique et l’accompagnement fidèle de notre pays méritent une mention spéciale’’.
‘’La Journée mondiale de l’alimentation sensibilise aux défis de la sécurité alimentaire et de la nutrition. C’est l’occasion de rappeler l’urgence d’un accès universel à une alimentation saine, suffisante et durable pour tous. Elle invite le gouvernement et ses partenaires à renforcer les engagements pour l’autosuffisance alimentaire, notamment à travers la promotion de l’agroécologie et des moyens de subsistance résilients’’, a-t-il indiqué.
Les préoccupations des acteurs du secteur agricole
Face aux décideurs, il a rappelé les ‘’préoccupations majeures des acteurs du secteur agricole’’, notamment ‘’le retard récurrent dans la mise à disposition des intrants agricoles, semences, engrais, produits phytosanitaires, compromettant la planification des campagnes, le mauvais état des pistes rurales rendant difficile l’accès aux zones de production ; le manque d’infrastructures, de conservation et de transformation provoquant d’importantes pertes post-récoltes, notamment pour les femmes transformatrices ; sans oublier les difficultés d’accès au financement rural qui freinent les investissements nécessaires à la modernisation de nos exploitations’’.
Malgré ces défis, il affirme que l’espoir demeure, et que les autorités et les acteurs du secteur font confiance à l’engagement des différents acteurs pour trouver des solutions pérennes à ces problèmes.
Le diplomate onusien a précisé que cette journée est une occasion de renforcer la solidarité et la coopération internationale pour transformer les systèmes agroalimentaires à travers des actions concrètes.
Dans les données officielles, il affirme qu’à l’échelle mondiale, ‘’il y a encore 733 millions de personnes qui souffrent de la faim et 2,8 milliards de personnes qui n’ont pas accès à une alimentation saine’’. En Guinée, selon lui, l’insécurité alimentaire touche encore des familles dans certaines zones rurales, aggravée par les effets du changement climatique, les perturbations économiques et les inégalités sociales.
‘’Nous avons vu que la transformation est possible. Elle commence par les actions concrètes portées par le gouvernement, les communautés, les institutions et les partenaires techniques. Et c’est dans cet esprit que la FAO accompagne le gouvernement guinéen dans plusieurs initiatives structurantes’’, a-t-il souligné.
Parmi les projets marquants financés par des partenaires internationaux comme le Royaume de Belgique, il a mentionné une dizaine de projets en Guinée couvrant les domaines de la nutrition, de l’environnement, de la pêche et de la sécurité sanitaire.
‘’A Mamou et Kindia, nous avons un projet d’appui au changement climatique dans 10 communes rurales et 2 communes urbaines, financé par le Royaume de Belgique et qui vise l’amélioration de la gestion de la gouvernance naturelle ainsi que la valorisation des déchets solides urbains. Un autre projet sur la sécurité sanitaire des aliments d’origine animale a permis de rénover et d’équiper les abattoirs de Mamou, Boké et Faranah, contribuant à améliorer la salubrité des aliments, mais également à protéger la santé publique’’, a énuméré, entre autres, le représentant pays de la FAO.
‘’Mamou est par excellence une préfecture mixte en termes de diversités culturelles, d’agriculture, d’élevage et de la pêche. L’aquaculture est une priorité nationale, parce que c’est un secteur qui emploie des jeunes et des femmes. Nous sommes en train de nous battre pour obtenir les intrants. La sécurité alimentaire a pour base le monde rural. Nous avons le devoir d’accompagner le monde rural’’, a-t-il rassuré.
Selon elle, les autorités guinéennes travaillent d’arrache-pied pour garantir à la population quatre piliers fondamentaux de la sécurité alimentaire à savoir la disponibilité physique d’aliments de qualité et en quantités suffisantes ; l’accès physique et économique des populations guinéennes aux ressources adéquates pour une alimentation adéquate ; l’utilisation des aliments à travers un régime alimentaire adéquat ; et la stabilité des trois autres composantes dans le temps.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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