La destruction des mangroves, des zones marécageuses et des espaces agricoles constitue désormais une préoccupation majeure pour la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). En déplacement à Dubréka, le procureur spécial près cette juridiction, Charles Alphonse Wright, a dénoncé les atteintes à l’environnement qu’il estime liées à des occupations et des lotissements irréguliers de domaines publics.
Face aux autorités administratives et aux responsables des services techniques, le magistrat s’est interrogé sur les autorisations qui auraient permis des aménagements dans des espaces qu’il considère comme particulièrement sensibles sur le plan écologique.
‘’En réalité, ce domaine maritime-là ne doit pas être occupé. Si les gens ont occupé ça, c’est que quelqu’un les a autorisés. La production halieutique se fait ici. C’est dans ces zones que les poissons se reproduisent et que nos populations tirent leurs moyens de subsistance. Si vous détruisez cela, il fallait au moins une véritable étude d’impact environnemental avant d’engager le moindre projet’’, a déclaré Alphonse Charles Wright.
Le procureur spécial a dénoncé la destruction progressive des terres agricoles, notamment dans les secteurs de Donfili 1 et 2, où des lotissements auraient été réalisés.
‘’Aujourd’hui, nous avons de sérieux problèmes à Donfili 1 et 2. On prend une zone agricole qui doit être protégée, puis on cherche simplement des documents pour dire que l’environnement a donné son accord. Si cela continue, dans quinze ou vingt ans, il n’y aura plus d’espaces pour pratiquer l’agriculture. Comment allons-nous nourrir les populations ?’’, s’est-il interrogé.
Pour le magistrat, les atteintes à l’environnement ne relèvent pas uniquement de la protection de la nature, mais peuvent également constituer des infractions économiques et financières relevant de la compétence de la CRIEF.
‘’Quand vous prenez l’ordonnance portant création de la CRIEF, vous verrez que les infractions ayant des incidences sur l’environnement et la santé relèvent également de notre compétence. C’est pourquoi nous intervenons. On pousse la mer, on détruit les mangroves, puis on s’étonne des inondations. Il faut arrêter cette agression de l’environnement’’, a-t-il insisté.
Avant de quitter les lieux, Alphonse Charles Wright a appelé les responsables administratifs à redoubler de vigilance pour préserver les zones agricoles et les espaces naturels. Il a annoncé que les enquêtes engagées par la CRIEF se poursuivront afin d’identifier les personnes impliquées dans les occupations et aménagements jugés irréguliers et d’établir les responsabilités conformément à la loi.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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