Chine : Saihanba, de terre dégradée à la plus grande forêt artificielle du monde

La ferme forestière mécanisée de Saihanba, située dans la province du Hebei, incarne aujourd’hui l’un des plus grands succès mondiaux en matière de restauration écologique. Des journalistes africains participant au programme 2026 du Centre international de presse et communication de Chine (CIPCC) ont découvert, la semaine dernière, cette réalisation exceptionnelle lors d’une visite dans la province du Hebei.

Dans le cadre de leur séjour en Chine, ces professionnels des médias, venus de plusieurs pays africains, ont parcouru différents sites emblématiques du Hebei, dont la célèbre ferme forestière mécanisée de Saihanba, devenue un symbole de la lutte contre la désertification et de la protection de l’environnement.

Saihanba, une terre autrefois désertique devenue une forêt mondiale

Située dans la région de Bashang, au nord du comté autonome mandchou et mongol de Weichang, à Chengde, la ferme forestière de Saihanba se trouve à la jonction entre le plateau de Mongolie-Intérieure, les contreforts du Grand Khingan et ceux du massif du Yinshan. Elle borde la partie méridionale du massif sableux de Hunshandake, l’une des zones les plus sensibles aux phénomènes de désertification.

Créée en 1962 par l’ancien ministère chinois des Forêts, cette vaste exploitation forestière publique est directement rattachée au Bureau provincial des forêts et des prairies du Hebei. Elle constitue également une réserve naturelle nationale couvrant, selon les guides forestiers, une superficie totale de 1,4 million de mu, soit environ 93 333 hectares.

Les journalistes africains ont pu constater sur le terrain comment cette région, autrefois marquée par l’aridité et la dégradation écologique, a été progressivement transformée grâce à plusieurs décennies d’efforts de reboisement.

Une renaissance écologique après la disparition des forêts anciennes

Historiquement, Saihanba était connue comme une région riche en ressources naturelles. Elle faisait partie du célèbre domaine impérial de chasse de la dynastie Qing, le « Mulan Weichang », réputé pour ses forêts denses, ses paysages verdoyants et l’abondance de ses ressources en eau.

Mais à la fin de la dynastie Qing, l’ouverture des terres au défrichement, les conflits armés et les incendies de forêt ont provoqué une profonde dégradation de l’environnement. Avant la fondation de la Nouvelle Chine, les anciennes forêts avaient pratiquement disparu, laissant place à une vaste étendue dénudée, exposée aux vents et aux tempêtes de sable.

C’est dans ce contexte qu’a débuté, en 1962, l’ambitieux projet de restauration forestière. Pendant plus d’un demi-siècle, trois générations de travailleurs de Saihanba ont affronté des conditions naturelles particulièrement difficiles pour planter, entretenir et protéger cette forêt.

Leur travail a permis de réaliser un véritable « miracle vert » : transformer une terre stérile en une immense forêt artificielle.

Des résultats impressionnants dans la lutte contre le changement climatique

Aujourd’hui, Saihanba est considérée comme ‘’la plus grande plantation forestière artificielle au monde’’. La superficie boisée est passée de 240 000 mu (environ 16 000 hectares) au moment de la création de la ferme à 1,151 million de mu (environ 76 733 hectares) aujourd’hui.

Selon les guides, le taux de couverture forestière est passé de 11,4 % à 82 %, tandis que le volume sur pied a progressé de 330 000 mètres cubes à 10,368 millions de mètres cubes.

La forêt comprend également 103 000 mu de zones humides, qui jouent un rôle essentiel dans la régulation écologique régionale. Chaque année, Saihanba contribue à la régulation de 284 millions de mètres cubes d’eau, fixe environ 860 300 tonnes de dioxyde de carbone et libère près de 598 400 tonnes d’oxygène.

Grâce à cette fonction écologique majeure, elle constitue une véritable barrière verte pour la région Pékin-Tianjin-Hebei, l’une des zones économiques les plus importantes de Chine.

Une biodiversité restaurée au milieu d’un environnement difficile

Malgré des conditions climatiques extrêmes, avec une température annuelle moyenne d’environ -1,3°C, Saihanba abrite aujourd’hui un écosystème riche.

Selon nos sources, la réserve compte notamment 625 espèces végétales, 261 espèces de vertébrés terrestres, 32 espèces de poissons, 660 espèces d’insectes et 179 espèces de champignons supérieurs. Les principales essences forestières sont le mélèze, le pin sylvestre, l’épicéa et le bouleau blanc.

Au cours de leur visite, les journalistes africains du programme CIPCC 2026 ont découvert l’histoire humaine qui se cache derrière cette transformation écologique. Ils ont pu observer comment la Chine combine planification à long terme, innovation technique et mobilisation collective pour répondre aux défis environnementaux.

Pour ces professionnels de l’information, Saihanba représente une expérience particulièrement inspirante pour les pays africains, eux aussi confrontés aux défis de la désertification, du changement climatique et de la restauration des terres dégradées.

De Beijing, Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
+86 156 5079 7543/bahpathe17@gmail.com

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