En marge de la publication des résultats de la 6e enquête démographique et de santé de la Guinée, l’ambassadeur de l’Inde à Conakry, Sandeep Sood, a présenté les avancées de son pays en matière de santé publique. Saluant les progrès de la Guinée, le diplomate a réitéré l’engagement de New Delhi à accompagner le développement sanitaire guinéen, notamment à travers le transfert de technologies pharmaceutiques, l’aide orthopédique et le partage d’expertises.
C’est lors d’une rencontre d’échange avec la presse que l’ambassadeur de l’Inde en Guinée a félicité les autorités de Conakry pour la publication de leur enquête démographique et de santé.
Un événement majeur qui, selon lui, témoigne de la dynamique positive du pays. ‘’Récemment, j’ai appris dans les journaux que la Guinée a publié la sixième enquête démographique et de santé, ce qui montre que le système sanitaire de la Guinée est en train de se renforcer. Maintenant, c’est une très bonne nouvelle, non seulement pour la Guinée, mais aussi pour l’Afrique et le monde entier, parce que la santé, comme vous le savez tous, est le cinquième pilier de Simandou 2040’’, s’est réjoui le diplomate.
Pour l’ambassadeur, cette convergence d’objectifs est une opportunité idéale pour dresser un parallèle avec les réformes menées dans son propre pays. ‘’La santé est également une priorité pour l’Inde, et nous avons, nous aussi, récemment réalisé notre sixième Enquête nationale sur la santé des familles’’, a-t-il expliqué en projetant les résultats comparatifs de la décennie écoulée (2015-2024).
Parmi les réformes les plus marquantes figure l’introduction d’une couverture médicale universelle particulièrement ambitieuse. ‘’L’Inde a, au cours des 10 à 12 dernières années, lancé un programme d’assurance maladie. C’est-à-dire une assurance pour tout le monde. Ainsi, cette assurance maladie couvre les traitements jusqu’à hauteur de 50 millions de GNF, qui sont désormais gratuits pour tout le monde en Inde. Et c’est la raison de l’augmentation substantielle de la couverture de l’assurance maladie, qui est passée de 28 % à 60 %’’, a-t-il souligné.
Le diplomate a insisté sur l’autonomisation sanitaire et numérique des femmes indiennes, un levier qui s’est avéré déterminant pour l’amélioration globale des indicateurs de santé publique.
‘’Désormais, de plus en plus de femmes prennent leurs responsabilités et se prennent en charge concernant leur propre santé ; les chiffres sont passés de 54 % à 69 %. De même, en ce qui concerne les comptes bancaires, c’est un autre domaine où l’Inde a révolutionné son économie : 89 % des femmes utilisent et gèrent leur propre compte bancaire. Et plus de 60 % d’entre elles utilisent leur propre téléphone portable. J’ai mentionné le téléphone portable parce que nous avons une application que nous y avons installée et à travers laquelle la couverture santé peut être gérée’’, a-t-il détaillé.
Ce suivi de proximité s’accompagne d’une meilleure prise en charge de la maternité et de l’hygiène intime parce que, selon lui, ‘’désormais, jusqu’à 76 % des femmes enceintes reçoivent des soins de santé, des soins prénatals’’. Il a ajouté que ‘’la santé menstruelle est également l’un des aspects très importants de la santé, et je sais que la Guinée fait aussi de très bons progrès dans ce domaine. En ce qui concerne l’Inde, nous avons près de 8 femmes sur 10 qui adoptent des pratiques d’hygiène menstruelle sûres’’.
Un partenariat industriel et médical au service du développement guinéen
Au-delà des statistiques de santé publique, la lutte contre les fléaux comportementaux comme le tabagisme constitue un autre combat partagé par New Delhi, qui privilégie la sensibilisation plutôt que la contrainte.
‘’Concernant le tabac et ce genre de choses, on ne peut pas forcer les gens. On peut seulement les éduquer. Nous avons donc de nombreux programmes d’éducation pour que les gens réalisent d’eux-mêmes que quelque chose est mauvais pour leur santé. Ce que nous faisons, c’est que nous diffusons beaucoup de publicités dans les journaux, au cinéma et à la télévision, et nous informons les gens sur les effets nocifs du tabac. Nous avons même des programmes où des personnes se rendent dans les écoles pour enseigner aux enfants les effets nocifs du tabac. Et nous avons également augmenté les taxes sur le tabac et ses produits dérivés’’, a indiqué l’ambassadeur pour expliquer la baisse de la consommation de cigarettes en Inde.
Ce partage d’expérience s’inscrit dans un cadre de coopération bilatérale déjà bien ancré dans le paysage économique et sanitaire guinéen. Sandeep Sood a profité de cette tribune pour rappeler que, la veille de cette rencontre, il s’était entretenu avec le chef du gouvernement guinéen. ‘’J’ai rencontré Son Excellence Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement, et nous avons eu une très bonne discussion concernant le secteur de la santé’’, a-t-il révélé, tout en mettant en avant les réalisations de l’industrie indienne déjà implantée localement.
‘’Je suis ravi d’annoncer qu’une entreprise indienne a implanté une unité de production pharmaceutique ici. C’est également un motif de fierté pour la Guinée, car elle exporte aussi vers les pays voisins’’, a-t-il ajouté.
Il a également fait référence aux actions humanitaires directes menées en faveur des personnes à mobilité réduite. ‘’Vous avez vu récemment la présence la ministre de la santé et son homologue des solidarités au camp des prothèses artificielles Jaipur Foot organisé par Together, ce qui constitue un autre domaine de coopération avec l’Inde’’.
Pour conclure, le diplomate a réitéré la disponibilité entière de son pays à accompagner la Guinée dans sa marche vers l’émergence.
‘’L’Inde se tient prête à aider la Guinée dans sa progression vers les Objectifs de développement durable (ODD), en particulier dans le secteur de la santé ainsi que dans d’autres domaines’’, a-t-il conclu.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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