La clôture du chantier des collections et des activités de numérisation du projet « Musée virtuel de Guinée », ce mercredi 16 septembre au Musée national de Guinée, marque une nouvelle étape dans la préservation et la valorisation du patrimoine culturel guinéen. Portée par une coopération entre la Guinée et la France, l’initiative a permis de former 31 cadres, de numériser plusieurs centaines d’objets et de poser les bases d’une collaboration durable entre le Musée national, la Bibliothèque nationale et les Archives nationales.
C’est une étape importante pour la sauvegarde, la documentation et le rayonnement du patrimoine culturel guinéen. Le Musée national de Guinée, situé dans le quartier de Sandervalia à Conakry, a abrité la cérémonie officielle de clôture du chantier des collections et des activités de numérisation du projet « Musée virtuel de Guinée ».
Financée par le ministère français de l’Europe et des affaires étrangères et mise en œuvre par Expertise France, cette initiative concrétise un modèle de coopération bilatérale renouvelé, fondé sur la transmission des savoir-faire et la sauvegarde durable du patrimoine.
Au cours de la rencontre, Ida El Majdoubi, cheffe du projet Musée virtuel, est revenue en détail sur la genèse et les contenus de cette plateforme pionnière en expliquant que “le projet vise à conserver le patrimoine matériel du Musée National de Guinée, donc les objets qui y sont conservés, et à les valoriser au travers d’une plateforme numérique. Pour le moment, il est composé de photographies, de vidéos, d’audios et d’objets en 3D numérisés, mais aussi du patrimoine immatériel, notamment les rites des communautés rattachés à ces pièces. Nous allons créer d’autres contenus comme des contes audio, des spectacles de danse ou d’humour, et même un jeu vidéo réalisé avec les masques du musée”.
Soulignant l’enjeu stratégique de l’initiative, la cheffe de projet a rappelé sa double portée, “d’abord nationale, pour faire connaître le patrimoine aux jeunes Guinéens, puis internationale, pour les futurs touristes et la diaspora qui souhaite se reconnecter à ses origines”.
Parallèlement à cette ambition éditoriale, cette transformation numérique a été rendue possible grâce à un chantier scientifique rigoureux mené pendant plus de huit mois, couplé à une campagne de numérisation de six mois réalisée avec l’entreprise française Somum3D. Cette phase opérationnelle a abouti au traitement numérique de 476 objets en 2D, de 13 en 3D, ainsi qu’au relevé de cases ancestrales à l’intérieur du pays.
Cependant, au-delà des seules performances techniques, l’aventure a été marquée par une synergie humaine sans précédent entre les cadres des différentes institutions culturelles guinéennes.
Se félicitant de cette synergie interinstitutionnelle, Mohamed Amirou Conté, directeur du Musée national de Guinée, a exprimé sa fierté face à cette mobilisation historique.
“Pour la première fois dans l’histoire du musée, ce chantier a mobilisé le Musée national, les Archives nationales, la Bibliothèque nationale, l’IRPLA, l’Institut supérieur des arts Mory Kanté de Dubréka, l’ONACIG ou encore le Musée de l’armée. Les cadres issus de ces institutions ont suivi plusieurs modules de formation en conservation, en numérisation et en gestion de bases de données. Ceux qui ont bénéficié de ces formations ont créé une atmosphère d’entente, de cohésion, de convivialité et de fraternité : ils sont devenus de véritables amis et nous ont montré qu’il est possible de se mettre ensemble pour avancer”, souligne-t-il.
Dans la même optique, il a tenu à saluer l’engagement des équipes d’Expertise France, évoquant un travail “mené de manière profondément humaine, avec des personnes prêtes à écouter et à réagir”.
Christine Battesti, conseillère en charge de la coopération et de l’action culturelle à l’ambassade de France, a pris la parole au nom de l’ambassadeur Luc Briard.
Elle a réaffirmé la portée stratégique de cette collaboration franco-guinéenne en indiquant que “le numérique est l’aboutissement d’un travail beaucoup plus profond, car avant de pouvoir montrer et valoriser les collections, il faut d’abord les connaître. Pendant plus de huit mois, les professionnels mobilisés ont travaillé à identifier, documenter et évaluer l’état de conservation des collections. Ce travail permet de mieux préparer le musée de demain, notamment dans la perspective du projet de rénovation du Musée national soutenu par l’Agence française de développement à hauteur de 16 millions d’euros”.
Elle a mis en avant le renforcement des compétences qui en découle, avec 31 cadres formés et 25 professionnels ayant suivi l’intégralité du parcours, structurant ainsi un véritable réseau professionnel pérenne.
Outre la présentation de ces bilans scientifiques et techniques, deux moments majeurs ont rythmé cette journée de célébration. Il s’agit d’une remise d’attestations pour distinguer les 31 cadres et agents formés au cours du chantier des collections.
Cette remise d’attestations symbolise la montée en compétences et la qualification de ces professionnels, désormais appelés à devenir les nouveaux garants de la conservation et de la numérisation du patrimoine guinéen.
Dans un second temps, l’événement connu la signature officielle d’un Mémorandum d’entente réunissant le Musée national de Guinée, la Bibliothèque nationale et les Archives nationales de Guinée.
Cet accord tripartite instaure désormais un cadre formel et permanent de collaboration destiné à favoriser le partage d’expertises, la mutualisation des ressources informatiques et documentaires, ainsi que la conduite de projets communs de recherche et de valorisation.
Youssouf Boundou Sylla, secrétaire général du ministère de la culture, du tourisme et de l’artisanat, s’est exprimé au nom du ministre Moussa Moïse Sylla.
Félicitant l’ensemble des acteurs mobilisés pour le travail accompli, le secrétaire général a rappelé toute la portée politique et la vision stratégique de cette démarche pour l’avenir de la nation.
“Préserver le patrimoine à l’ère du numérique, c’est documenter, inventorier, numériser, sécuriser et rendre accessible. La signature de ce Mémorandum d’entente traduit notre volonté de renforcer la collaboration entre les institutions chargées de conserver les différentes composantes de notre mémoire. Archives, livres, manuscrits, objets et œuvres ne doivent pas être considérés comme des patrimoines isolés, ils sont les différentes pièces d’un même puzzle, celui de l’histoire et de l’identité de la Guinée”, a-t-il indiqué.
Appelant à la mise en œuvre rapide et concrète de cet accord sur le terrain, Youssouf Boundou Sylla a réitéré l’ambition des autorités pour la sauvegarde et la transmission de la mémoire nationale aux générations futures.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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