Coopération sino-guinéenne : la Chine forme des cadres agricoles aux techniques de production et de transformation des denrées alimentaires

L’ambassade de la République populaire de Chine en Guinée a abrité, ce mercredi 30 septembre, la cérémonie de clôture de l’atelier consacré aux technologies de production et de transformation des denrées alimentaires tropicales et des arbres fruitiers. Financée par la coopération chinoise, cette session de formation de 30 jours a réuni des cadres guinéens du secteur agricole autour des techniques de production, de conservation et de transformation des produits agricoles.

Au terme de la formation, le professeur Ou Wenjun, expert en céréales à l’Académie des sciences agricoles tropicales de Chine (CATAS), a salué le parcours accompli par les participants et le succès de la formation.

‘’A l’issue de ces 30 jours de formation particulièrement enrichissants, nous célébrons le succès de cette session. Au nom de l’Académie Chinoise des Sciences Agricoles Tropicales (CATAS), organisme exécutif de ce programme, je tiens à adresser mes plus chaleureuses félicitations à l’ensemble des participants’’, a-t-il déclaré, expliquant sa gratitude à l’ambassade de Chine en Guinée, au ministère guinéen de l’agriculture ainsi qu’à la direction de la coopération internationale du ministère guinéen du plan et de la coopération internationale.

La formation a été encadrée par une équipe de cinq experts et une interprète dépêchés par la CATAS. Les modules ont été adaptés aux réalités et aux besoins du secteur agricole guinéen, avec un accent particulier sur des spéculations comme l’ananas, la banane, la mangue, le manioc, la patate douce et le riz.

Les participants ont été outillés sur la sélection variétale, la gestion de la floraison et de la fructification, la protection des cultures contre les ravageurs et les maladies, ainsi que la mécanisation agricole. Ils ont par ailleurs été initiés aux techniques de conservation, d’entreposage et de transport destinées à réduire les pertes post-récolte, à la transformation et à la valorisation des produits agricoles.

De la théorie à la pratique sur le terrain

La théorie a été complétée par des exercices pratiques et des visites de terrain. Une immersion a été organisée à la station expérimentale de Kindia, rattachée à l’Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG). Sur les parcelles d’ananas, de bananiers et de manguiers, les stagiaires ont directement mis en pratique plusieurs techniques culturales dont entre autres l’ébourgeonnage, le calage des régimes, l’engainage des régimes et le tuteurage.

Durant leur séjour, les participants ont pris part à plusieurs activités culturelles et sportives. Pratique du Ba Duan Jin, initiation à la langue chinoise, rencontres de football et de basket-ball ou encore ateliers culinaires ont ponctué cette immersion.

Pour le professeur Ou Wenjun, ces activités ont contribué à rapprocher les participants guinéens et les experts chinois, renforçant ainsi la ‘’compréhension mutuelle et consolidé les liens d’amitié entre la Chine et la Guinée’’.

Cette immersion a également permis aux experts chinois de mieux appréhender les réalités et les difficultés auxquelles fait face le secteur agricole guinéen. Le professeur Ou Wenjun a noté l’insuffisance des infrastructures d’irrigation, les moyens limités dans la gestion des épidémies et des ravageurs, le niveau élevé des pertes post-récolte, le manque d’équipements pour la transformation industrielle ainsi que le vieillissement des variétés cultivées.

Face à ces défis, il a invité les participants à ‘’appliquer les compétences et concepts scientifiques acquis dans leurs fonctions respectives afin d’impulser la modernisation et la montée en valeur de l’agriculture guinéenne.

Les participants appelés à transformer les acquis en actions

Au nom des participants, Fanta Kaba a exprimé sa reconnaissance aux organisateurs et aux experts chinois. Elle a souligné les connaissances acquises dans plusieurs domaines, allant de la production et de la mécanisation agricoles à la conservation post-récolte, en passant par la transformation et la valorisation de produits tels que l’ananas, la banane, le manioc, la mangue, la noix de coco, la noix de cajou, la patate douce, le riz et le maïs.

Pour elle, les connaissances acquises, tout au long de la formation, doivent désormais se traduire par des changements concrets dans les pratiques agricoles.

‘’Ce programme ambitieux constitue pour nous, cadres du secteur agricole, une véritable feuille de route. II nous interpelle à transformer nos pratiques, à promouvoir l’innovation, à renforcer les chaînes de valeurs agricoles et à accompagner efficacement les producteurs vers une agriculture moderne, compétitive et durable’’, a-t-elle souligné.

Pour la porte-parole des participants, ‘’la formation suivie s’inscrit parfaitement dans cette dynamique nationale. Elle représente un investissement stratégique dans le capital humain, indispensable à la réussite des réformes engagées dans le cadre du Programme Simandou 2040’’.

Les participants se sont engagés à pérenniser les acquis de la formation, à contribuer à l’amélioration des rendements et à la réduction des pertes post-récolte, mais aussi à promouvoir les technologies de transformation afin de mieux valoriser les produits agricoles.

La Chine ouvre davantage son marché aux produits agricoles guinéens

Prenant la parole à son tour, l’ambassadeur de Chine en Guinée, SEM Sun Yong, a placé l’agriculture au cœur des enjeux de développement et de sécurité alimentaire.

Il a rappelé que ‘’l’agriculture est le socle de l’économie nationale, et la sécurité alimentaire concerne directement la vie de millions de familles. La modernisation de l’agriculture représente, quant à elle, un pilier essentiel du développement économique et social durable d’un pays’’.

Le diplomate chinois a évoqué le potentiel agricole de la Guinée, en mettant en avant ses terres fertiles et sa pluviométrie.

‘’La Guinée dispose d’atouts naturels considérables pour parvenir à l’autosuffisance alimentaire, voire devenir un pays exportateur de produits agricoles. Grâce notamment à une pluviométrie abondante et à des terres fertiles, on peut dire que la Guinée est un champ d’espoir. Son Excellence Monsieur le président Mamadi Doumbouya a ainsi placé l’agriculture comme premier pilier du programme Simandou 2040, ce qui témoigne de la détermination du gouvernement guinéen à promouvoir la modernisation du secteur agricole’’, a-t-il affirmé.

Sun Yong a rappelé plusieurs mesures annoncées par la Chine pour faciliter l’accès des produits agricoles guinéens au marché chinois, citant au passage le tarif douanier zéro appliqué aux produits guinéens destinés à l’exportation vers la Chine ainsi que l’amélioration du canal vert pour simplifier les procédures d’inspection et de quarantaine concernant notamment les noix de cajou et le café.

Selon lui, ces mesures doivent contribuer à réduire les coûts d’exportation, à offrir aux producteurs guinéens un marché d’envergure et à renforcer l’attractivité de la Guinée pour les investissements dans l’agriculture et l’agro-industrie.

L’ambassadeur chinois a rajouté que ‘’la Guinée dispose d’une superficie de 2 millions d’hectares de terres propices à la culture du riz. Si nous parvenons à les exploiter, cela permettra non seulement de répondre aux besoins d’autosuffisance de la Guinée, mais aussi d’exporter du riz vers les pays voisins’’.

Pour aller plus loin dans ce partenariat, l’ambassadeur Sun Yong a émis le souhait de voir les participants guinéens se rendre en Chine afin de découvrir les pratiques agricoles sur le terrain.

‘’Aujourd’hui, les experts formateurs chinois sont venus en Guinée ; j’espère qu’à leur tour, les participants guinéens pourront se rendre en Chine. L’apprentissage est la première étape, mais la pratique est essentielle. J’espère que vous visiterez la Chine pour vous rendre sur le terrain, observer nos plantations et constater le développement agricole chinois. C’est ainsi que nous pourrons accélérer notre coopération dans ce domaine’’, a-t-il assuré.

Les priorités du gouvernemnt pour accélérer la transformation de l’agriculture

Le ministre de l’agriculture, Félix Lamah, a, pour sa part, inscrit cette initiative dans les objectifs de développement agricole du gouvernement. Il a rappelé que le gouvernement ambitionne d’atteindre l’autosuffisance en riz dans cinq ans et parvenir, d’ici 2040, à une autosuffisance alimentaire et nutritionnelle complète.

Pour y parvenir, il a identifié cinq priorités dont la recherche agronomique appliquée, l’aménagement et l’irrigation, le désenclavement des zones de production, les infrastructures post-récolte ainsi que la gouvernance et la structuration des chaînes de valeur.

Selon Félix Lamah, la formation constitue un levier important pour renforcer les compétences nécessaires à la transformation du secteur.

Il a demandé aux participants de produire un rapport accompagné d’un plan d’exécution, avant d’instruire les directions concernées et son cabinet d’organiser la démultiplication de ces formations à travers le pays.

‘’Un compte rendu devra me parvenir à chaque étape d’exécution de ces directives. C’est à cette seule condition que nous valoriserons pleinement les acquis’’, a-t-il conclu.

Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info

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