Arrivée à Conakry en 2014 pour contribuer à la riposte contre l’Ebola, Dr Lise Martel dirige le CDC en Guinée. ‘’Nous travaillons tous les jours avec le ministère de la santé, particulièrement avec l’ANSS, l’agence nationale de sécurité sanitaire qui a en charge de gérer la riposte contre le Covid-19’’, indique-t-elle, précisant que le CDC œuvre au quotidien pour cerner la pandémie et empêcher sa propagation ‘’trop rapide’’.
Elle affirme que le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) prodigue des conseils aux autorités guinéens pour prendre les mesures qui s’imposent en vue de freiner la propagation du coronavirus. ‘’Le but, c’est de ralentir assez la propagation pour que ça n’excède pas la capacité des centres de santé à traiter les gens qui sont infectés’’, précise-t-elle.
Pendant Ebola, rappelle-t-elle, ‘’nous avons travaillé dans les domaines de la surveillance épidémiologique, de terrain, de laboratoire, la gestion des urgences’’, ajoutant que ‘’le gouvernement [guinéen] a fait énormément de progrès dans ces domaines’’.
Selon Dr Lise Martel, la Guinée dispose à date de 4 laboratoires qui sont ‘’capables de faire les tests pour le [corona]virus. Vous n’avez pas besoin d’envoyer les tests quelque part d’autres pour les faire. Cette capacité des laboratoires a été énormément améliorée pendant les années d’Ebola’’.
Sur une dizaine de maladies à potentiel épidémiologique, elle déclare que ‘’la Guinée est capable d’en tester 9, et ça c’est une bonne acquisition du temps d’Ebola’’. L’expérience de la riposte contre l’Ebola a permis de doter toutes les préfectures de la Guinée et communes de la capitale de centres d’opérations d’urgence, dit-elle.
‘’Le programme d’épidémiologie de terrain a déjà formé plus 150 personnes dans le programme de 3 mois et 17 personnes dans le programme de 9 mois. Et ces personnes qui tiennent au niveau des directions régionales, préfectorales et communales santé les positions clés pour la collecte des données pour les investigations de terrain’’, explique-t-il.
Pendant la riposte du Covid-19, ajoute-t-elle, ‘’ce sont ces agents qui dans les équipes d’investigation pour collecter les données pour faire les rapports, prendre les décisions, comment gérer l’épidémie pour limiter la propagation. Par exemple, c’est grâce à eux qu’on a découvert que plus de 50% des cas à Conakry sont à Ratoma. Donc cela nous aide à savoir où on doit mettre nos efforts’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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