En marge de l’ouverture du sommet Africa Forward, le président français Emmanuel Macron, aux côtés de son homologue kényan William Ruto, a échangé ce lundi 11 mai avec de jeunes entrepreneurs et innovateurs africains lors de la séquence ‘‘Africa Forward Future Makers’’, organisée à l’Université de Nairobi.
D’emblée, le chef de l’État français a laissé entendre que l’Afrique n’a plus besoin d’assistance, mais plutôt d’investissements structurants et de partenariats équilibrés avec l’Europe.
Devant de jeunes entrepreneurs et porteurs de projets africains, il a indiqué que ‘‘ça fait neuf ans que je me bats pour essayer de changer beaucoup de choses du rapport entre la France et l’Afrique, l’Europe et l’Afrique’’.
Dans la continuité de son propos, le président français a estimé que l’ancien modèle de coopération entre l’Europe et l’Afrique n’est plus adapté aux réalités actuelles. ‘‘Normalement, ce type de sommet aurait commencé par une rencontre entre les dirigeants français-africains ou européens-africains, et les dirigeants européens, français, seraient venus et auraient expliqué aux dirigeants africains et après peut-être à la société civile vaguement : ‘On a bien regardé votre situation, voilà ce qui est bon pour vous, on va vous aider’’’, a-t-il rappelé.
Or, selon lui, cette approche ne correspond plus aux attentes actuelles du continent. ‘‘Je crois que ce n’est plus du tout ce dont l’Afrique a besoin et ce qu’elle veut entendre. Le président Ruto l’a très bien dit hier : ‘Nous, on ne veut plus ça, on n’a pas besoin que vous nous aidiez’’’, a-t-il poursuivi.
Dès lors, le locataire de l’Élysée estime que l’Afrique doit désormais être considérée comme un partenaire stratégique à part entière. ‘‘L’Afrique est en train de réussir. C’est le continent le plus jeune au monde, c’est le continent qui a le plus de croissance au monde. Donc, l’Afrique a besoin d’investissements pour être plus souveraine. On a envie d’être des partenaires d’égal à égal parce qu’en fait, on a exactement le même combat à mener en Europe’’, a-t-il souligné.
Dans la même logique, Emmanuel Macron a mis en avant les défis communs entre l’Europe et l’Afrique, notamment dans les domaines de la technologie, de l’intelligence artificielle, des infrastructures et de l’énergie. ‘‘Quel est notre défi commun, Europe et Afrique ? C’est de ne pas dépendre’’, a-t-il indiqué.
Par ailleurs, il a plaidé pour une autonomie stratégique partagée entre les deux continents. ‘‘Les solutions sont conçues aux États-Unis ou en Chine. Lorsqu’on parle de l’intelligence artificielle, beaucoup d’entre nous, aujourd’hui, sommes des consommateurs. Nous avons une bataille partagée au niveau de l’investissement pour construire l’autonomie stratégique pour l’Europe et l’Afrique’’, a-t-il ajouté.
Il a insisté sur la nécessité de bâtir des infrastructures énergétiques et numériques comme leviers essentiels de souveraineté. ‘‘Aucune infrastructure n’est possible sans l’énergie. Nous devons construire des infrastructures renouvelables et nucléaires afin de déployer l’électrification pour les foyers et les entreprises en Afrique’’, a-t-il expliqué.
Emmanuel Macron a mis l’accent sur la formation et la rétention des talents africains. ‘‘Nous devons créer de l’emploi pour ce talent et veiller à ce que ce talent reste’’, a-t-il assuré, avant d’annoncer que la société Orange prévoit de lancer 50 centres numériques destinés à former un million de jeunes Africains d’ici 2030.
Selon les chiffres compilés par le Quai d’Orsay pour cette première journée du sommet Africa Forward 2026, l’événement a enregistré 9 500 inscrits et réuni près de 4 500 participants autour du Business Forum, installé dans le bâtiment principal et la tente extérieure.
En outre, en intégrant les séquences Jeunesse et Culture organisées dans les autres espaces de l’Université de Nairobi, la participation globale s’élève à environ 6 000 personnes issues de 40 pays.
En outre, le plan économique, le forum a débouché sur la signature de plus de 100 accords et la tenue de plus de 700 rencontres d’affaires.
De Nairobi, Ciré BALDE, pour VisionGuinee.info
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