Alseny Baldé, 25 ans, a été fauché par balle dans la nuit du lundi 31 juillet à mardi 1er aout, alors qu’il mangeait devant sa boulangerie située au quartier Hamdallaye 1, secteur 3 dans la commune de Ratoma
‘’Il m’a demandé si je ne partais pas au travail, je lui ai dit que je vais le faire. On s’est dit au revoir. Il est venu à son lieu de travail. Aux environs de minuit, il a mélangé la farine avant d’aller acheter de l’atieké. C’est ce qu’il mangeait quand des hommes en uniforme sont venus tirer sur lui. On dit qu’ils étaient dans un pick-up qu’ils ont laissé au bord de la route’’, explique-t-il, sous le choc.
‘’Lorsqu’on tirait sur lui, c’était aux environs de 00h30. Il n’y avait plus de manifestation. Les gens ont manifesté ici jusqu’à 22heures. Ceux qui l’ont tué, nous ne les connaissons pas. Ils portaient la tenue des gendarmes. Nous demandons aux autorités de faire la lumière sur ce drame. Nous ne pardonnerons jamais aux assassins de mon frère’’, souligne Alhassane Baldé.
Mamadou Barry qui était présent sur les lieux au moment des faits. ‘’Il était environ 00h25. Nous étions assis à la devanture de la boulangerie. Soudain, nous avons vu des hommes en uniforme venir vers nous avec des armes. Directement, ils ont tiré trois fois. Chacun de nous cherchait à sauver sa peau. Quand ils sont partis, nous sommes revenus pour continuer le travail. Tout le monde se demandait où est Alseny Baldé. Nous l’avons cherché partout et finalement, nous l’avons retrouvé à bord d’un tricycle. Il était déjà mort. L’atiéké qu’il avait acheté, était à ses côtés de lui. C’était un petit très calme et courageux encore’’, témoigne-t-il.
La colère des boulangers
‘’Nous sommes là depuis 5h du matin pour nous annoncer qu’une patrouille a tiré sur un jeune devant sa boulangerie alors qu’il était en train de manger. Nous avons la balle, nous avons le numéro. Nous demandons aux autorités de nous dire qui a tué ce boulanger, parce que trop, c’est trop. De Cimenterie à Hamdallaye, on a tué trop de boulangers. Cette fois-ci, nous voulons connaitre la vérité’’, réclame-t-il.
Il prévient que si les autorités ne prennent pas leurs dispositions, ‘’nous allons réagir. Je peux identifier ceux qui ont fait parce que j’ai le numéro de la balle et l’image’’.
Au moment où nous quittons les lieux, le corps a été transféré à la morgue de l’hôpital Ignace Deen.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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