Dubréka : ‘’Tous les préfets qui se sont succédé depuis 2018 vont être poursuivis’’, prévient Charles Alphonse Wright

En visite de terrain ce mercredi 24 juin 2026 à Dubréka, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Charles Alphonse Wright, a dénoncé de présumées occupations illégales de domaines publics, maritimes et agricoles.

Face aux autorités administratives et aux responsables des services techniques présents sur les lieux, le magistrat a multiplié les interrogations sur les autorisations ayant permis la réalisation de plusieurs lotissements.

Selon lui, certaines zones concernées ne devraient normalement faire l’objet d’aucune occupation en raison de leur statut. ‘’Ce domaine maritime-là ne doit pas être occupé. Mais si les gens ont occupé ça, c’est que quelqu’un les a autorisés’’, a-t-il déclaré.

Charles Alphonse Wright se dit préoccupé par les conséquences environnementales de ces aménagements, notamment dans les zones marécageuses et les mangroves.

‘’C’est ici que les poissons se reproduisent. Mais si vous détruisez ça, il faut d’abord une étude d’impact environnemental avant tout projet’’, a-t-il rappelé.

Évoquant le cas des zones agricoles de Donfili, le procureur spécial a dénoncé leur transformation progressive en zones de lotissement.

‘’Aujourd’hui, nous avons des problèmes au niveau de Donfili 1 et 2. On vient dans une zone agricole qui doit être protégée et on la transforme en lotissement’’, a-t-il regretté.

Le magistrat a affirmé que les enquêtes menées par ses services ont déjà permis de recueillir plusieurs éléments mettant en cause différents acteurs administratifs.

‘’Tous les préfets qui se sont succédé depuis 2018 jusqu’à maintenant ont déjà pris leur part. L’enquête est déjà engagée et ces préfets-là vont être poursuivis’’, a-t-il averti.

Charles Alphonse Wright a accordé un délai d’une semaine aux personnes concernées pour restituer les biens de l’État acquis de manière irrégulière. ‘’Tout ce qui appartient à l’État doit revenir à l’État. Vous avez une semaine pour ramener ce qui a été pris et arrêter l’agression de l’environnement’’, a-t-il prévenu.

Le procureur spécial auprès de la CRIEF a mis en garde contre les conséquences de l’occupation anarchique des espaces protégés.

‘’On pousse la mer, on agresse l’environnement. Après, on s’étonne des inondations. Il faut arrêter ces pratiques et protéger les zones agricoles’’, a-t-il martelé.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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