Ebola : ‘’pourquoi un centre de traitement doit être construit à Yimbaya’’

[dropcap]L[/dropcap]e 4 décembre dernier, des habitants du quartier Yimbaya Bougie, dans la haute banlieue de Conakry, se sont opposés     l’installation d’un centre de traitement d’Ebola dans leur localité. Malgré l’intervention du gouverneur, ils ont empêché le déroulement d’une cérémonie marquant le lancement des activités dans ledit centre.

Le 4 décembre à Yimbaya Bougie lors de la revolte populaire

Marc Poncin, coordinateur Urgence Ebola à Médecins Sans Frontières qui était présent sur le lieu a levé un coin de voile sur les motifs du choix du quartier Yimbaya pour abriter un nouveau centre de traitement d’Ebola à Conakry.

‘’A la base, on a démarré le centre de traitement d’Ebola à Donka en avril, au moment où il n’y avait pas beaucoup de cas. On pensait que l’épidémie allait durer deux à trois mois maximum’’, introduit le coordinateur MSF Urgence Ebola. ‘’On a donc  fait une construction avec des matériaux temporaires qui ne peuvent pas durer une année. Il faut réhabiliter le site pour pouvoir offrir des soins de qualité’’, renchérit-il.

Le centre de traitement construit à Donka est limité à environ 80 patients. D’où l’idée, selon Marc Poncin, d’implanter un nouveau centre de traitement plus moderne et mieux organisé pour faire face à un éventuel afflux de patients dans une ville aussi grande que Conakry.

Pourquoi Yimbaya ?

Le terrain choisit à Yimbaya Bougie dans la commune de Matoto est un site appartenant au  gouvernement. De par le passé, le même lieu a servi de base pour la prise en charge d’épidémies, indique Marc Poncin. ‘’Médecins Sans Frontières y a travaillé il y a deux ans sur l’épidémie du choléra. C’est un site très bien en termes de configuration, de taille. Il est beaucoup plus central que l’hôpital de Donka et c’est plus pratique d’y aller’’, estime l’humanitaire, engagé dans la lutte contre Ebola en Guinée depuis plusieurs mois.

Pas de pose de première pierre

Le jour où les habitants du quartier ont laissé exploser leur colère, ‘’on était parti  pour une réunion publique pour lancer des activités sur le site de Yimbaya’’, recadre Marc Poncin qui précise des diplomates en poste à Conakry, notamment les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, ainsi que la plus haute autorité guinéenne devait prendre part à cette rencontre.

‘’La sensibilisation n’a pas été suffisante. D’où les mécontentements’’, reconnait le coordinateur MSF Urgence Ebola. Toutefois, dit-il, ‘’avoir un centre de traitement à ses portes, peu de gens peuvent l’accepter. Dès le début, il fallait expliquer ce que la construction dudit centre allait apporter au quartier Yimbaya en termes de prise en charge, d’emplois et de développement’’. Ce que les gens doivent savoir, la présence d’un centre de traitement n’est pas un risque de contracter la maladie.  ‘’Les gens ne doivent pas avoir peur du risque de contamination à cause du centre de traitement. C’est une zone bien sécurisée. Ce dont on doit craindre, ce sont les malades qui restent dans la communauté sans être pris en charge dans les quartiers’’, éclaire M. Poncin.

Ce qui n’a pas marché

Le coordinateur urgence Ebola à Médecins Sans Frontières pointe du doigt le manque d’informations et de sensibilisations des communautés à la base. Son organisation s’était, dit-il, préparée durant presque trois semaines pour le démarrage des activités à Yimbaya. Malheureusement, déplore-t-il, la mairie de Matoto ne nous a jamais autorisés à aller parler directement avec des personnes, pour des raisons de sécurité. ‘’On attendait de leur part des sensibilisations de porte-à-porte. Les évènements du 4 décembre montrent que la sensibilisation n’a pas été faite. Il faut maintenant prendre le temps pour informer les habitants du quartier. On ne pourra pas faire un centre de traitement contre les populations, mais uniquement si elles savent le bien-fondé de l’opération’’.

Salim Bayo, pour VisionGuinee.Info

Comments (1)
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  • Pape Sylla

    Dans ce cas pourquoi voulez que les autres ouvrent leur frontières. Soyez conséquent avec vous-mêmes.