Alors que l’intersyndicale de l’éducation menace de perturber la rentrée scolaire en cas de non-respect du protocole d’accord signé avec le gouvernement, le ministre de la modernisation de l’administration et de la fonction publique, Faya François Bourouno, se veut rassurant. Il affirme qu’aucun préavis de grève n’a, pour l’heure, été déposé.
La semaine dernière, l’intersyndicale de l’éducation, composée du SLECG, du SNE et de la FSPE, s’est réunie à Conakry pour exiger du gouvernement le respecte des engagements contenus dans le protocole d’accord signé en janvier 2026. Les syndicats avaient réagi à l’annonce du recrutement de nouveaux fonctionnaires, dont des enseignants, estimant que certaines de leurs revendications restaient sans réponse.
Lors d’un point de presse tenu mardi 29 septembre 2026 au siège de son département, Faya François Bourouno a toutefois appelé à l’apaisement et assuré que le gouvernement poursuit les discussions avec les organisations syndicales.
‘’Aujourd’hui, notre pays a tout à gagner lorsque nous œuvrons pour le calme, pour la paix, pour la cohésion et pour le dialogue. C’est cet effort que nous faisons. Il y a des concertations, il n’y a aucun problème entre la classe syndicale et le gouvernement. Des incompréhensions peuvent arriver autour d’un protocole d’accord. Ça, c’est du classique dans les relations entre le syndicat et les employeurs’’, a-t-il déclaré.
Selon le ministre Bourouno, les échanges se poursuivent entre les deux parties et devraient permettre de parvenir à un accord.
‘’Le secrétaire général a passé la demi-journée hier dans des discussions et je crois que vous avez suivi même certaines déclarations des centrales syndicales qui annonçaient qu’on n’est plus loin d’une fumée blanche’’, a ajouté Faya François Bourouno.
Pour lui, l’absence de préavis de grève constitue, à ce stade, un élément permettant d’écarter une menace immédiate sur l’ouverture des classes.
‘’Passez le message dans le sens de rassurer l’opinion publique qu’il n’y a aucune menace par rapport à l’ouverture des classes. Il n’y a aucune menace, jusqu’au moment où je vous parle, il n’y a aucun préavis de grève. S’il n’y a pas de préavis de grève, nous devons œuvrer dans ce sens. Les enfants qui doivent aller à l’école sont nos enfants. Ce sont nos frères, ce sont nos sœurs, nous devons créer des conditions’’, a-t-il insisté.
Il a rappelé les difficultés ayant marqué le système éducatif guinéen au cours des dernières années, appelant à éviter une nouvelle période de perturbations scolaires.
‘’Le capital humain a été lourdement fouetté il y a quelques années derrière nous. Pendant plus de 3 à 4 ans entre les années 2015 et 2020, nous avons connu une continuité de désordre dans le système éducatif. Nous ne devons plus œuvrer à revenir dans ce genre de pratiques’’, a-t-il déclaré.
Sur la question du recrutement des enseignants contractuels communautaires, le ministre a défendu la démarche engagée par le gouvernement. Il affirme que cette problématique remonte à plusieurs années et que les autorités actuelles ont engagé des actions pour y apporter une réponse.
‘’La vision du Chef de l’État, c’est de garantir la justice sociale. Cette question d’enseignants contractuels communautaires, c’était depuis 2018. Ils ont été promis, ça n’a pas été fait. Il a fallu le président Mamadi Doumbouya en 2023, il nous a instruit de prendre des dispositions. Et en 2024, les besoins définis étaient de 10 000 enseignants’’, a expliqué Faya Bourouno.
Il a par ailleurs tenu à préciser la différence entre un concours et un examen, en réponse aux interrogations suscitées par le processus de recrutement.
‘’Un concours n’est pas un examen. Un examen, on peut parler de moyenne, mais un concours, on parle du nombre de places. Donc c’est comme si on disait c’est les meilleurs des meilleurs en fonction du nombre de places. Donc le concours a permis de retenir 10 000. C’est un effort qu’il faut encourager’’, a-t-il soutenu.
Le ministre assure que le concours reste ouvert aux enseignants contractuels communautaires, y compris ceux de la zone spéciale de Conakry.
‘’Le communiqué est clair. Le concours s’ouvre aux contractuels communautaires, non seulement ceux qui ont passé ce concours en 2024 qui sont à l’intérieur, mais même ceux de Conakry. Quand on discutait à un moment donné, il n’y avait pas de contractuels. Le sujet des contractuels de Conakry, le gouvernement a été ouvert. Monsieur le Premier ministre a reçu récemment les centrales syndicales, il a donné des directives, et aujourd’hui, nous sommes en train de travailler conformément à ces directives’’, a-t-il précisé.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
00224 662 78 58 57/salimbalde91@gmail.com