En quête de médailles aux JO de Paris, la Guinée mise sur ses nageurs Djenabou et Elhadj Niane : ‘’Ce sont des enfants qui se battent’’

La Guinée va rentrer en compétition dans la catégorie natation ce jeudi 1er aout en natation au compte des Jeux olympiques de Paris 2024. Les nageurs Djenabou Jolie Bah et Elhadj Niane Diallo défendront le tricolore guinéen pour tenter de remporter des médailles.

L’envoyé spécial de VisionGuinee aux Jeux olympiques a rencontré M’Bambé Sacko, présidente de la Fédération aquatique de Guinée et vice-président de la confédération Africa Aquatic Zone 2, pour évoquer le sujet. Entretien…

VisionGuinee : En natation, la Guinée va rentrer pleinement en compétition ce 1er aout. Qui sont nos athlètes ?

M’bambé Sacko : La Fédération aquatique de Guinée (FAG) a eu la chance d’avoir deux athlètes sélectionnés. Il s’agit de la nageuse Djenabou Jolie Bah qui est née et a grandi en Arabie Saoudite où elle vit avec ses parents. Elle a été sélectionnée selon les principes par le Word aquatics. Le 2ème athlète, c’est Elhadj Niane Diallo, il a 21 ans. Depuis 4 ans, il est au compte de la Guinée en Thaïlande. Cette bourse de formation est prise en charge par la natation mondiale, le Word aquatics qui a accepté de renouveler sa bourse, il y a 3 semaines. Ce sont des enfants qui se battent

Parlez-nous un peu plus de ces deux athlètes olympiques…

Pour le garçon Elhadj Niane Diallo, son entrée en lice est prévue ce 1er aout 2024 à 11h [heure de Paris]. Et pour notre athlète fille Djenabou Jolie Bah, c’est le 3 août 2024 à la place Arena piscine olympique. Il faut savoir que ces athlètes n’ont pas été préparés par nous. On a eu une chance. La fille est dans un club international en Arabie Saoudite précisément à Ryad. Et le garçon en situation de bourse depuis 4 ans. Il s’agit de centres de perfectionnement où des athlètes viennent de monde entier. Les meilleurs athlètes se rencontrent là-bas. Il y a un programme social qui est ficelé (…).

Ils ont envoyé les résultats en mettant le comité national olympique en copie pour dire que parmi les deux athlètes boursiers, Niane dépasse de loin. Et il a été choisi. Quant à la fille, vous avez connu notre championne Mariama Lamarana Touré, mais notre athlète de 14 ans, son temps est meilleur. Donc, vu les clubs dans lesquels ils exercent depuis des années et des coachs performants, on a dit qu’on peut avoir de la chance avec eux. Djenabou a beaucoup de chance et de l’avenir. Cela m’a été même dit par l’autorité supérieure de la fédération du monde de natation. On m’a dit qu’il faut que la fédération et les parents suivent la petite de près. Elle n’a que des médailles d’or en Arabie Saoudite. Elle est championne là-bas.

Quelle est la chance de la Guinée de remporter des médailles à travers ces deux nageurs ?

Ces athlètes sont là pour la Guinée. Il faut qu’ils soient soutenus, supportés par les guinéens. Car, ils ont de l’avenir. C’est sûr qu’ils feront des performances au niveau africain. Il faut que les autorités guinéennes s’ajoutent à la fédération guinéenne pour encourager les familles qui mettent ces enfants dans ces clubs et ils payent. Le sport le plus complet, c’est la natation parce que c’est tout le corps qui travaille. Je vous assure que ces enfants font des kilomètres tous les jours pour se maintenir en forme. Pour la dernière fois, Jolie, sur 24 pays, elle a raflé à elle seule 8 médailles dont 6 en bronze, une en or et une en argent à Accra au championnat de zone 2.

Beaucoup déplorent le manque d’investissement dans cette discipline par les autorités. Qu’en dites-vous ?

Quand on parle de natation, il faut parler d’infrastructures. Et c’est ce qu’on n’en a pas. Marcocana c’est certes une piscine olympique, mais qui n’est pas standard. La salle des machines ne travaille pas. Depuis quelque temps, toute compétition en matière de natation dans les bassins, il faut faire le chronométrage électronique et des pots démontables électroniques. Malheureusement, cela manque. Aussi, il faut noter que Fria est une ville pépinière en matière de natation. Mais, depuis plus de 15 ans la piscine ne fonctionne plus. A l’époque, dans chaque famille que vous prenez à Fria, au moins 70% des enfants savaient nager. Ce sport n’est pas pratiqué comme qu’avant. Quand le mois décembre vous trouve à Fria, c’était vraiment la fête de sport. Il y a un événement qui était connu dans le monde entier, c’était la fête de l’eau en fin d’année. C’était une compétition de natation junior et senior.

Selon vous, qu’est-ce qu’il faut faire pour booster cette discipline en Guinée ?

Nous demandons à l’Etat d’appuyer nos champions en herbe que nous avons, de rendre les piscines exploitables et les mettre aux normes et pourquoi pas construire de nouvelles piscines. Normalement, chaque région doit avoir sa piscine olympique et préolympique. Ensuite, il faut subventionner la Fédération aquatique de Guinée. Quand il y a les championnats du monde, les Jeux olympiques, quand les athlètes travaillent dur et se sont sacrifiés, il faut les accompagner. S’il n’y a pas de motivation, tout est perdu d’avance.

Heureusement, je vois qu’il y a le changement. Le ministre des sports est en train de fournir des efforts, mais il faut redoubler d’efforts pour que nos athlètes puissent se taper la poitrine en se comparant aux nageurs du Sénégal, du Rwanda et autres. Parce qu’il y a de talents en Guinée. En ce qui concerne la formation, on s’en occupe. Régulièrement, on organise une à deux formations sur la natation, le sauvetage. Normalement, chaque plage ou chaque site où on utilise le passage, il doit y avoir un pool de secouristes ou de maîtres nageurs.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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