Falsification de la nouvelle constitution : fuite en avant du ministre de la Justice

[dropcap]T[/dropcap]ous les analystes politiques guinéens et autres observateurs de la scène politique guinéenne avaient noté la date du 4 juin comme un super rendez-vous avec le Ministre de la Justice guinéen, Mohamed Lamine Fofana, pour être fixés sur la “nouvelle Constitution”, approuvé lors du double scrutin très controversé du 22 mars dernier.

Ces analystes et observateurs se demandaient “comment le Ministre Fofana va justifier ce cafouillage, qui a fait dire au Barreau que la nouvelle Constitution est “un faux document” qui doit être retiré. Quelle version des différents textes sera la bonne” ?

Le suspens n’a pas duré. Dans une note qu’il a lue, Mohamed Lamine Fofana a déclaré que le texte promulgué “a fait l’objet de plusieurs consultations et autant d’amendements pour prendre en compte toutes les préoccupations de l’ensemble des Guinéens”.

Précisant que “c’est suite à tout cela qu’après l’avis de la Cour constitutionnelle, le projet a été soumis au referendum et adopté le 22 mars avec la proclamation du OUI par la Ceni (…) comme étant la nouvelle constitution de la République de Guinée”. Pour lui, “c’est fort de cette légitimité constitutionnelle que ce texte est applicable et opposable à tous”.

Après ce speech, le Ministre Fofana a vite fait de se retirer sans commenter ou donner l’occasion de poser des questions. Une fuite en avant qui confirme que le gouvernement guinéen n’a pas d’arguments pour justifier les différentes versions du texte constitutionnel.

Dans nombre de milieux, cette sortie du Ministre Fofana est commentée négativement. Certains disent “comment se permet-il de parler en nos noms pour dire que nos opinions ont été prises en compte toutes et que le document traduit nos préoccupations, car il dit qu’il s’agit de l’ensemble des Guinéens. Tous les membres, sympathisants du Fndc par exemple se comptent par millions. Ils sont plus nombreux que ceux de la mouvance. Et tous sont contre cette Constitution. Donc ce Ministre ne devrait pas parler de l’ensemble des Guinéens surtout qu’avant, pendant et après le double scrutin du 22 mars, il y a eu des Guinéens qui se sont mobilisés pour exprimer leurs colères. Que Dieu nous débarrasse rapidement de ce système, de son chef et de tous ses conseillers, collaborateurs’’.

Plainte du Barreau et du Fndc

Ainsi donc, tout devrait se jouer devant la Cour constitutionnelle qui, même si elle est aux ordres de la Présidence, pourrait suggérer des amendements au texte final afin qu’il soit conforme à celui qui a été soumis au vote référendaire. Sauf que, selon des analystes, “cela ne pourrait passer qu’avec d’autres acrobaties car, le Ministre a trop vite parlé. Ils auraient dû attendre l’avis de la Cour constitutionnelle avant cette déclaration du Ministre de la Justice. Ils sont pris à leur propre piège. Il suffit que l’opposition sache bien jouer devant les tribunaux guinéens et de la Cedeao pour faire annuler ces élections du 22 mars. Après le fichier électoral corrompu, des résultats incohérents, voici que l’on se réfère à différentes versions“.

Comment la Cour constitutionnelle va-t-elle régler ce dossier que des avocats vont lui soumettre au nom du Barreau ? Comment la Cour de la Cedeao va-t-elle examiner la requête du Fndc vu tous les événements qui se sont déroulés dans le pays avant, pendant et après les élections controversées du 22 mars pour lesquelles le gouvernement guinéen n’a pas respecté les recommandations formulées par les experts électoraux envoyées par la Cedeao ? Le Fndc a-t-il mis à jour sa requête auprès de la Cour de justice de la Cedeao ? Lire la suite sur Guinafnews.info en cliquant ici

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