Festival international du Djembé et des percussions : la Guinée veut devenir la capitale mondiale des rythmes en décembre

Véritable berceau du djembé et des percussions africaines, la Guinée s’apprête à accueillir l’un des plus grands rendez-vous culturels du continent. Prévu du 8 au 13 décembre 2026 à Conakry, le Festival international du Djembé et des percussions entend célébrer l’excellence du patrimoine musical guinéen tout en faisant de la culture un moteur de développement économique, touristique et social, conformément à la vision Simandou 2040.

C’est dans une ambiance festive et empreinte de symboles que les contours de cette nouvelle édition ont été dévoilés, samedi 6 juin, au Centre culturel franco-guinéen (CCFG), en présence du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, ainsi que de nombreuses figures du monde culturel.

Présentée comme l’un des événements phares de l’année en Afrique de l’Ouest, cette édition marque une nouvelle étape dans la renaissance d’un festival dont l’histoire est étroitement liée à celle du patrimoine musical guinéen. Créé en 1999, le Festival international du Djembé et des percussions est resté longtemps en sommeil avant de renaître en 2024, sous l’impulsion des nouvelles autorités.

Pour Moussa Moïse Sylla, ce retour constitue une occasion de rattraper un retard historique. ‘’Si nous avions poursuivi, à l’époque, la structuration de l’écosystème autour des percussions et de nos instruments traditionnels, nous serions aujourd’hui la capitale mondiale des rythmes et des percussions. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire’’, a-t-il déclaré.

Un instrument stratégique de la vision Simandou 2040

Au-delà de son caractère artistique, le festival s’inscrit désormais dans une démarche stratégique portée par l’État. Il constitue l’une des illustrations concrètes du Pilier 2 de la vision Simandou 2040, qui accorde une place centrale à l’éducation, à la culture et à la valorisation du patrimoine national.

Le gouvernement entend ainsi transformer les richesses culturelles du pays en opportunités économiques durables pour les artistes, artisans, maîtres percussionnistes et l’ensemble des acteurs de l’industrie culturelle.

Dans cette dynamique, le festival a été élargi à l’ensemble des instruments traditionnels guinéens, tout en conservant le djembé comme symbole principal de cette identité culturelle. ‘’Le djembé est l’instrument qui porte tous les autres. Il représente une partie essentielle de notre histoire et de notre identité’’, a souligné le ministre.

Insistant sur l’importance de préserver les traditions, il a rappelé que la transmission du savoir culturel demeure une priorité. ‘’Nous ne voulons pas que nos racines nous quittent. Car lorsqu’un peuple perd ses racines, il perd aussi son orientation et sa mémoire’’, a-t-il affirmé.

Faire de la Guinée la référence mondiale des percussions

À travers ce festival, la Guinée affiche clairement son ambition de renforcer son statut de référence mondiale dans l’univers des percussions africaines.

Pour Moussa Moïse Sylla, le pays possède tous les atouts nécessaires pour assumer ce leadership grâce à l’héritage laissé par plusieurs générations de maîtres percussionnistes qui ont contribué à faire rayonner la culture guinéenne à travers le monde.

Le ministre a notamment rendu hommage au célèbre maître djembéfola Mamady Keïta, dont l’œuvre a largement participé à l’internationalisation du djembé grâce à la création d’écoles et de centres de formation sur plusieurs continents.

La cérémonie de lancement a d’ailleurs offert une illustration concrète de cette transmission intergénérationnelle, avec la présence de grands maîtres venus soutenir et encourager la jeune génération d’artistes. ‘’Cette flamme qui se transmet de génération en génération depuis des siècles constitue une richesse inestimable. C’est un patrimoine vivant que nous devons protéger et transmettre aux générations futures’’, a-t-il insisté.

L’ambition affichée est même de faire de la Guinée la référence mondiale pour la formation et la certification des djembéfolas, renforçant ainsi son statut de terre d’origine et d’excellence des percussions africaines.

Conakry, destination culturelle incontournable en décembre

À six mois de l’événement, les organisateurs entendent mobiliser les passionnés de musique, les touristes, les chercheurs, les artistes et les amoureux de la culture venus des quatre coins du monde.

À travers ce festival, la Guinée souhaite non seulement célébrer son patrimoine, mais aussi attirer davantage de visiteurs et promouvoir une image moderne, dynamique et attractive du pays.

Le message adressé à la communauté internationale est clair : en décembre prochain, Conakry sera la capitale mondiale des rythmes. ‘’Vous n’avez qu’une seule destination en décembre : Conakry. Vous n’avez qu’un seul pays à visiter : la Guinée, pour venir aux sources des percussions’’, a lancé le ministre Moussa Moïse Sylla.

Du 8 au 13 décembre 2026, la capitale guinéenne entend ainsi faire résonner les sonorités du djembé bien au-delà de ses frontières et rappeler au monde entier pourquoi la Guinée demeure, plus que jamais, la terre des grands maîtres du rythme.

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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