Immersion gouvernementale : les ministres devant la glace…

De retour d’une tournée dans la Guinée profonde, le Premier ministre Mohamed Béavogui a fait un compte-rendu de la mission gouvernementale à l’occasion d’une conférence qu’il a animée à la primature.  

Si beaucoup d’observateurs ont vu en cette immersion gouvernementale une simple promenade de santé, d’autres et non les moindres voient une opportunité de toucher du doigt les réalités de l’arrière-pays.

Cette sortie de nos ministres à l’intérieur du pays pourrait certes être coûteuse en termes de dépenses pendant cette période de crise. Elle pourrait en outre permettre de mesurer l’ampleur du retard accusé et donc du travail qui attend les gouvernants en termes d’infrastructures de base et d’amélioration des conditions de vie des populations.

Les réalités de la Guinée profonde sont très loin de celles de Conakry et des grandes villes de l’intérieur du pays. Ceux qui avaient suivi le récent reportage de la radio Espace FM dans la sous-préfecture de Balaki, localité située à environ 150 Km de Mali centre, ont témoigné ces tristes et inacceptables réalités.

Malgré le manque de routes et autres services sociaux dans la capitale Conakry, il faut se rendre au pays profond pour constater certaines conditions d’existence de nos compatriotes qui peuvent parfois donner froid au dos.

Si l’Etat, des associations de ressortissants et autres ONG ont construit des écoles, des pistes rurales et des centres de santé dans certaines localités, l’essentiel reste à faire dans la mesure où plusieurs autres souffrent d’un manque criard de ces commodités. Pour ceux qui en possèdent, les services qui y sont rendus restent encore de faible qualité et laissent à désirer.

Un ministre qui ne se déplace qu’à travers Conakry et à l’extérieur de la Guinée peut bien ignorer ces réalités de notre pays, quelles que soient ce que les autorités à la base remontent comme informations et rapports d’activités de leurs localités respectives. Il n’est un secret pour personne que les rapports n’engagent que ceux qui les rédigent, car ne reflétant souvent pas la réalité.

Si les visites à l’étranger comme les villes de Dubaï, Kigali ou Addis Abeba n’ont frustré et motivé nos cadres, peut être que cette fois–ci, cette immersion permettra de réveiller les consciences et rappeler les lourdes responsabilités qui sont les nôtres vis-à-vis de nos compatriotes qui, par endroits, manquent de tout. Ils comprendront enfin que tout le monde ne vit pas sur la même planète, et que nous sommes bel et bien à la traine, malgré le potentiel de développement important que dispose notre pays.

Les populations de ces localités souvent enclavées ont accès à internet et voient bien aujourd’hui ce qui se passe à travers le monde, mais nos gouvernants devaient s’y rendre pour constater que le travail à faire est gigantesque et que les responsabilités sont grandes pour ceux qui sont soucieux de voir une Guinée débarrassée de la misère et de la précarité.

Les jours à venir nous édifieront sur l’opportunité et l’utilité de cette immersion gouvernementale, puisque les populations des zones rurales visitées en particulier, et les guinéens en général, attendent des actes concrets y compris la construction d’infrastructures, de services sociaux de base et par conséquent, une amélioration du niveau de vie des populations rurales.

En tout cas, désormais personne ne dira qu’il n’était pas au courant de ce que vivent nos compatriotes qui sont si résilients et si braves malgré la précarité dont ils vivent au quotidien.

Boubacar DIENG

Comments (0)
Add Comment