Au nom de l’état d’urgence sanitaire lié à la pandémie de Covid-19, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS) et le département des Affaires Religieuses demandent conjointement aux croyants de rechercher “la nuit du destin’’ dans leurs domiciles respectifs. Mais quelle incohérence ?
Depuis le début de ce mois saint il y a maintenant plus de 20 jours, les fidèles musulmans se donnent rendez-vous à partir de 20 heures dans les mosquées pour des prières collectives. Un moment qui, il faut le souligner, mobilise plus de monde que celui de ces prières interdites.
Et le ridicule, c’est que l’ANSS, en tant que structure sanitaire, évoque un risque d’explosion de la chaîne de contamination au cours de de ces prières nocturnes collectives prévues ces dix derniers jours du mois béni alors qu’il y a plus de monde dans les mosquées à 20 heures ou encore les vendredis. En outre, les marchés, les écoles, les cérémonies et décès mobilisent beaucoup plus de monde.
Vous conviendrez avec moi que cette décision est inopportune, injuste et injustifiable puisque l’évidence n’y est pas. Mais le comble de tout ça, c’est que nous n’avons en réalité pas de leaders religieux de poigne. La Ligue Islamique que nous avons ne se bouge apparemment pas. Elle aurait pu intervenir en interpellant les différentes parties sur la nécessité de laisser les fidèles musulmans profiter de ce moment précieux, mais hélas. Nos imams ne brisent le silence que lorsque leurs intérêts sont touchés.
En attendant la suite des événements, les fidèles retournent à leurs domiciles sous prétexte de la Covid-19.
Bienvenue au pays des tortues !!!
Boubacar Barry
Journaliste-reporter