La Guinée entend faire de la filière avicole un levier majeur de sa souveraineté alimentaire et de son développement économique. À l’occasion de la présentation de la Stratégie nationale de développement de la filière avicole et de la refondation du Fonds de développement de l’élevage (FONDEL), le ministre de l’élevage a affiché les ambitions du gouvernement pour les prochaines années.
Selon le ministre de l’élevage, le pays dispose désormais des atouts nécessaires pour transformer durablement son secteur avicole et viser, au-delà du marché national, les pays voisins de la sous-région. ‘’La Guinée est prête. Nos investissements nationaux sont engagés. Notre main-d’œuvre est jeune. Nos capacités zootechniques sont en nette amélioration. Et notre marché ne se limite pas à nos frontières. Nous visons une pénétration organisée des marchés porteurs de la sous-région, notamment la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée-Bissau’’, a déclaré Félix Lamah.
A l’entendre la stratégie nationale de développement de la filière avicole ambitionne de restructurer, de moderniser et de sécuriser l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur en Guinée. ‘’Son ambition centrale est d’atteindre l’autosuffisance nationale en viande de volaille et en œufs de consommation. Depuis sa création en 2021, le FONDEL est resté une institution juridiquement créée, mais opérationnellement inactive pour le secteur, entravée par des dysfonctionnements de gouvernance, une absence de stratégie claire et une dépendance totale aux subventions de fonctionnement de l’État. Aujourd’hui, en parfaite cohérence avec le premier pilier du programme Simandou 2040, nous transformons cette faiblesse en opportunité historique’’, a-t-il expliqué.
‘’La mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la filière agricole et la refondation du FONDEL présentent, comme vous l’avez vu, un budget de 140 millions de dollars sur 10 ans. L’État guinéen et le secteur privé national y apporteront leur quote-part, car les indicateurs de rentabilité sont prometteurs’’, a assuré le ministre.
Dans le même cadre, M. Lamah a salué les progrès enregistrés dans le secteur. ‘’Notre aviculture a déjà amorcé sa modernisation. Si nous pouvons nous réjouir de l’arrêt des importations des œufs de consommation en raison des investissements privés et de leur accompagnement par l’État, il n’en est pas de même pour la viande de volaille. La Guinée est plus proche de l’autosuffisance en œufs de consommation grâce à un cheptel de poules pondeuses de 1.9 million. La filière avicole a amorcé son développement et la Guinée est prête. Ce qui représentera à terme une production nationale de 18 millions de poulets de chair d’ici décembre 2026’’, a-t-il déclaré.
Avant d’identifier un défi majeur pour l’industrie avicole guinéenne. ‘’La filière agricole a amorcé son développement et la Guinée est prête. Ce qui représentera à terme une production nationale de 18 millions de poulets de chair d’ici décembre 2026. Le nerf de la guerre reste et demeure l’aliment (…). Mais nous aurons une capacité annuelle de production d’aliments de 85 000 tonnes. L’espoir est donc permis’’, a-t-il soutenu.
Au-delà de la production, le gouvernement réfléchit déjà aux débouchés commerciaux afin d’assurer la rentabilité des investissements engagés. ‘’Combien allons-nous écouler ces volumes qui sortiront de nos industries avicoles ? Notre ambition est claire et sans équivoque : produire localement et réduire significativement les importations, atteindre l’autosuffisance avicole à l’horizon 2030. Et c’est bien possible. À une condition : soutenir nos champions locaux par des mesures de protection et d’incitation à la consommation des produits avicoles locaux’’, a-t-il expliqué.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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