La magistrate Fanta Alama Camara, nouvelle présidente du TPI de Coyah : “Je ne promets pas une juridiction sans difficulté”

Désormais, le tribunal de première instance (TPI) de Coyah sera dirigé par Fanta Alama Camara. Elle a été installée dans ses fonctions ce mardi 27 octobre 2026, lors de la passation de service présidée par l’inspecteur général des services judiciaires et pénitentiaires du ministère de la justice et des droits de l’homme, Sékou Ibrahima Soumah.

Cette cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités et des membres de leurs familles. La présidente entrante a exprimé sa gratitude au président de la République, Mamadi Doumbouya, pour cette marque de confiance.

“Je lui exprime ma reconnaissance pour la distinction de commandeur de l’Ordre national du Mérite dont il m’a honorée. Je reçois ces marques de confiance avec fierté et humilité”, a-t-elle souligné.

“Je ne viens pas vous promettre une juridiction sans difficulté. Je viens prendre l’engagement de regarder les difficultés en face, de rechercher des solutions avec méthode et de mobiliser les compétences de chacun pour améliorer notre service. Je ne viens pas non plus pour prétendre que tout commence aujourd’hui. Je viens poursuivre une œuvre collective avec le souci de consolider les acquis et de corriger ce qui doit l’être”, a ajouté la juge Alama Camara.

Elle ambitionne de faire du tribunal de première instance de Coyah une “juridiction reconnue pour la qualité de ses décisions, la rigueur de son organisation, la diligence de ses services et la dignité avec laquelle elle accueille chaque justiciable. Notre ambition ne sera pas de faire du bruit autour de notre travail, mais de laisser parler les résultats”.

Pour y parvenir, elle dévoile ses trois priorités : “Mieux organiser pour mieux juger, renforcer la discipline, la responsabilité et la culture du résultat, replacer la dignité du justiciable au cœur de notre action”, avant d’inviter l’ensemble du personnel du TPI de Coyah à une collaboration professionnelle franche et respectueuse avec les auxiliaires de justice et les partenaires institutionnels.

Elle s’engage à garder une oreille attentive aux sollicitations de ses collaborateurs. “Je serai attentive aux initiatives constructives, exigeante face aux manquements, déterminée à rechercher des solutions aux difficultés qui entravent notre travail. Je souhaite que nous puissions bâtir une juridiction où la conscience professionnelle ne soit pas une exception, mais une habitude, où la discipline ne soit pas une contrainte imposée de l’extérieur, mais une exigence librement assumée, où la différence ne remplace jamais la responsabilité, mais l’encourage”, a-t-elle souligné.

Prenant la parole, le président sortant, Morlaye Soumah, a rappelé les engagements pris après sa nomination et a présenté ses excuses aux personnes auxquelles il aurait fait du tort sans le vouloir.

“Des engagements avaient été pris de servir loyalement la justice, la population de Coyah, d’être à l’écoute du personnel, mais également de rendre la justice au nom du peuple de Guinée, dans la plus grande dignité, célérité et avec le plus grand accompagnement moral et spirituel. Je vais demander à la population de Coyah si, d’aventure, dans l’exercice de cette fonction, il m’est arrivé, par inadvertance ou bien en raison de la défaillance humaine, de manquer de quelque manière que ce soit à cet engagement, qu’il m’en soit tenu compte avec indulgence”, a-t-il indiqué.

Il souligne que “l’idée essentielle, c’était de rendre la justice de la manière la plus impartiale, la plus humaine et la plus diligente possible. Mais si des retards ont dû être causés, et les retards, c’est humain, que cela me soit pardonné”.

Il conclut en exprimant sa gratitude au président de la République, “qui m’a élevé aux fonctions de président de la troisième chambre de contrôle de l’instruction près de la Cour d’appel de Conakry”.

Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info

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