La France entend poursuivre son engagement aux côtés des défenseurs des droits humains en Guinée, notamment les acteurs engagés dans la promotion des droits des femmes. Lors d’une réception à sa résidence, ce lundi 13 juillet, l’ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, a réaffirmé le soutien de son pays aux féministes guinéennes.
Alors que le féminisme fait l’objet de débats en Guinée, le diplomate français a choisi d’assumer pleinement ce positionnement, qu’il présente comme un engagement en faveur de la dignité humaine et des droits fondamentaux.
‘’La France est un partenaire constant et lucide, qui sait où sont les défis. Elle n’a que le droit international comme boussole et défend tous les droits’’, a clarifié Luc Briard, ajoutant que l’action de la France ne se limite pas aux libertés politiques et citoyennes, mais englobe également les droits économiques, sociaux et culturels.
‘’Les droits politiques et citoyens, bien entendu, mais également les droits économiques, socio-culturels, qui sont des droits opposables’’, a-t-il précisé.
Il a souligné que ces principes trouvent également un écho dans le nouveau cadre constitutionnel guinéen. ‘’La Constitution guinéenne vient de confirmer le droit à la santé pour tous comme un pilier du texte fondamental’’, a-t-il ajouté.
Face aux critiques parfois adressées à la diplomatie française en matière de droits humains, Luc Briard a remis les pendules à l’heure. ‘’La France n’a ni à rayonner ni à éclairer le monde. Elle a à combattre pour défendre les libertés fondamentales, expression, réunion, manifestation et les droits sociaux pour lesquels tant de ses filles et de ses fils sont morts’’, a-t-il affirmé.
Pour Luc Briard, la défense des droits humains constitue un engagement constant de la France, qui s’exprime sous différentes formes, selon les contextes.
‘’La France se tient aux côtés des défenseurs des droits, de tous les droits. Elle les défend par un plaidoyer parfois derrière le silence des portes closes, parfois dans des instances internationales comme à l’EPU, parfois par des demandes d’asile ciblées, parfois par des financements ou un lieu refuge’’.
C’est dans cette logique que l’ambassadeur a abordé la question du soutien aux mouvements féministes en Guinée. ‘’Je veux l’illustrer par notre soutien au combat des féministes. Féminisme, assumons ce mot, au cœur de la feuille de route de l’Equipe France’’.
Reconnaissant les controverses autour de ce terme dans le débat public guinéen, il a dénoncé les attaques visant les organisations partenaires de la France. ‘’Ce terme est aujourd’hui débattu en Guinée. Nos partenaires sont insultées sur les réseaux sociaux car elles seraient soutenues par nous. Mais c’est nous qu’elles soutiennent dans notre dignité humaine partagée’’, a-t-il souligné.
Pour lui, l’appui apporté aux féministes guinéennes ne relève pas d’une volonté d’imposer un modèle extérieur. ‘’Ce n’est pas du paternalisme que de les aider, c’est leur permettre d’aller au bout de leurs justes actions’’, a-t-il insisté.
L’ambassadeur français a par la suite évoqué la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF), une pratique interdite par la législation guinéenne mais qui demeure un enjeu majeur de société. ‘’J’aimerais l’éclairer sur la question des mutilations génitales féminines. Elles sont au cœur de l’article 8 de la Constitution qui les déclare illégales’’, a-t-il rappelé.
Luc Briard a salué l’engagement récent des communes de Conakry visant à faire de la capitale un territoire débarrassé de ces pratiques. ‘’Je salue le récent engagement des communes de Conakry d’en faire un territoire zéro mutilation génitale féminine’’, a-t-il déclaré.
Il s’est réjoui des actions de sensibilisation menées par l’ambassade de France, notamment un procès fictif organisé au Centre culturel franco-guinéen avec la participation d’étudiantes et d’étudiants.
‘’Nous avons organisé au Centre culturel franco-guinéen un magnifique procès fictif contre les mutilations génitales porté par les étudiantes et les étudiants de Mercure International’’, a-t-il indiqué.
Outre la dimension sociale et sanitaire, le diplomate français a rappelé que cette problématique revêt également un enjeu consulaire. ‘’Ce n’est pas une question anodine, c’est aussi une question consulaire, quand une des premières causes d’asile avancées en France sont justement les mutilations génitales féminines, y compris parmi certaines élites’’, a-t-il fait remarquer.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.info
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