Présenté ce vendredi 30 octobre au président de la Haute autorité de communication (HAC), le nouveau bureau de la Fédération patronale des associations professionnelles de la presse de Guinée (FEPAP-GUI) a exposé ses priorités. Son président, Amadou Tham Camara, a plaidé pour le relèvement de la subvention annuelle accordée aux médias privés, de 3 à 15 milliards de francs guinéens.
Le nouveau bureau entend contribuer à l’assainissement du secteur et à l’émergence d’entreprises de presse ‘’dynamiques et économiquement viables’’. Amadou Tham Camara a annoncé que la fédération travaillera à l’élaboration d’une convention collective, dont la finalisation est, selon lui, déjà bien avancée.
‘’La FEPAP-GUI, en toute responsabilité, va travailler sur l’assainissement de la presse. Nous allons travailler sur l’élaboration d’une convention collective qui est pratiquement finie. Ce que nous demandons, c’est de pouvoir avoir les moyens financiers pour faire face à tous les engagements que nous allons prendre dans cette convention’’, a-t-il expliqué.
Pour lui, la mise en œuvre de cette convention nécessite des ressources financières supplémentaires. Il plaide our une revalorisation de la subvention publique, dont le montant est resté fixé à 3 milliards de francs guinéens depuis 2009, ainsi qu’un élargissement du marché publicitaire.
Le président de la FEPAP-GUI a fait part de la volonté de son équipe de repartir sur de nouvelles bases dans ses relations avec les autorités. ‘’Nous venons avec un nouveau pacte avec les gouvernants. La presse a appris de ses erreurs. En tant que quatrième pouvoir, nous avons fait notre mutation, notre refondation’’, a-t-il souligné.
Amadou Tham Camara réaffirmer le rôle des médias professionnels face à la montée en puissance des acteurs du numérique. ‘’Nous venons avec un nouveau pacte pour dire aux gouvernants qu’un journaliste, même mauvais, vaut mieux qu’un bon blogueur’’, a-t-il affirmé.
Il soutient que la presse entend exercer son métier avec responsabilité et indépendance, tout en contribuant à la construction du pays. ‘’La presse est là et veut travailler en toute responsabilité, en toute indépendance, mais également dans le souci de construire la Guinée’’, a-t-il ajouté.
Le président de la FEPAP–GUI a plaidé pour porter la subvention à 15 milliards de francs. Il se fonde sur l’évolution du taux de change et des transformations du paysage médiatique depuis 2009 pour justifier sa requête.
‘’En 2009, 1 dollar était à 3 000. Aujourd’hui, 1 dollar, c’est presque 10 000 GNF. Depuis 2009, la subvention est de 3 milliards en dépit de tous les changements dans le paysage médiatique’’, a-t-il rappelé, ajoutant qu’en ‘’plus de ça, nous subissons une concurrence déloyale des plateformes numériques Facebook, Google, TikTok et autres ; nous perdons beaucoup de recettes publicitaires’’.
Il encourage l’Etat à envisager une taxation de ces plateformes et à consacrer une partie des recettes générées au financement de la presse. ‘’Il est bon que l’État travaille sur la taxation de ces plateformes. Les revenus qui vont être engendrés, une partie pourrait être dédiée à subventionner la presse’’, a proposé le président de la FEPAP-GUI.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.info
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