En séjour à Nairobi dans le cadre du Sommet Africa Forward, Emmanuel Macron a plaidé pour un renforcement des échanges économiques et des investissements entre la France et le continent africain, tout en appelant à consolider les réponses communes face aux grands défis mondiaux.
S’exprimant lors d’une conférence de presse, le chef de l’État français a défendu la nécessité de refonder les relations entre la France et l’Afrique autour d’un partenariat qu’il souhaite ‘’généreux, équilibré et lucide, d’égal à égal’’.
Pour Emmanuel Macron, l’Afrique doit désormais écrire elle-même le récit de son histoire contemporaine. ‘’On le sait très bien, c’est le vainqueur qui écrit l’histoire. Tout le travail qu’on est en train de faire, c’est qu’on est en train aussi de réinventer ce partenariat équilibré avec le continent africain par la restitution des œuvres culturelles, par le changement de ce récit’’, a-t-il déclaré.
Le président français estime que cette nouvelle narration ne peut être construite à travers un regard tourné vers le passé ni portée par des acteurs extérieurs au continent. ‘’Il n’y a aucune chance que cette histoire soit la bonne si elle n’est pas faite par les africaines et les africains’’, a-t-il martelé.
Au-delà de la mémoire et de la culture, il a mis en avant l’importance stratégique du récit dans la construction de la souveraineté des nations. Selon lui, le soft power constitue un levier aussi déterminant que les infrastructures, les talents ou encore l’énergie.
‘’J’ai besoin d’énergie, d’infrastructures, de talents et du bon récit’’, a-t-il affirmé, soulignant que la culture demeure indissociable de la technologie et de l’économie.
Prenant l’exemple du Bénin, Emmanuel Macron a salué une ‘’réussite remarquable’’ construite autour de la culture et du développement économique. Il s’est dit impressionné par les dynamiques actuellement à l’œuvre sur le continent africain.
Il note l’existence d’un ’’panafricanisme positif, mais on a souvent mis le panafricanisme autour de discours qui étaient très négatifs, revendicatifs, un peu revanchards, un peu anti- ceci ou cela. Il y a un panafricanisme qui est positif, qui veut juste conquérir tout, bâtir son continent, soulever ses défis, attirer les investissements du monde entier et dire : moi, je suis là, j’ai envie de bâtir, je n’ai pas envie qu’on m’impose des solutions qui viennent d’ailleurs. Je veux développer mon pays, mon continent et choisir’’.
Pour M. Macron, le rôle de la France ne doit pas être celui d’un simple bailleur d’aide, mais celui d’un partenaire engagé dans une dynamique de co-construction avec les pays africains, réaffirmant ainsi la volonté des entreprises françaises et de l’État d’investir davantage en Afrique.
Il a mis l’accent sur les défis communs entre l’Europe et l’Afrique en matière de souveraineté technologique, d’intelligence artificielle, de quantique, de talents et d’influence culturelle. ‘’Si vous échouez, on n’a aucune chance’’, a-t-il lancé, estimant que les destins de l’Europe et de l’Afrique sont désormais profondément liés.
Sur les enjeux économiques et migratoires, il a indiqué que la réussite du continent africain représente également un intérêt pour la France et pour l’Europe. ‘’On veut que vous réussissiez parce que c’est bon pour la France et pour l’Europe’’, a-t-il soutenu.
Le président français a réaffirmé sa confiance dans l’avenir du continent africain ainsi que la volonté de la France d’y prendre pleinement part. ‘’Je crois en l’avenir de l’Afrique. Je suis le président d’un pays qui veut faire partie de cet avenir’’, a-t-il conclu, appelant à bâtir ‘’un partenariat généreux, équilibré et lucide, d’égal à égal’’.
De Nairobi, Ciré BALDE, pour VisionGuinee.info