L’ancien ministre de la sécurité et de la protection civile, Damantang Albert Camara, a comparu devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), ce mercredi 6 mai 2026. À la barre, il a été soumis à un interrogatoire portant notamment sur l’origine de ses revenus, la composition de son patrimoine ainsi que la gestion de certains contrats publics.
Revenant sur son parcours professionnel, il a expliqué que ‘’j’ai commencé à travailler depuis 1990. Lorsque j’étais ministre de l’enseignement technique, je percevais un salaire mensuel de 10 millions 500 mille francs guinéens. À cela s’ajoutaient des primes de fête qui pouvaient varier entre 40 et 50 millions de francs guinéens. En tant que porte-parole du gouvernement, je bénéficiais également de primes mensuelles comprises entre 20 et 30 millions de francs guinéens’’.
S’exprimant sur ses biens immobiliers, il a indiqué qu’en 2013, ‘’à Wonkifon, je possédais quatre parcelles. J’ai également acquis un terrain de 1 000 mètres carrés à Kissidougou. À Kouroussa, j’ai acheté un terrain pour 25 millions de francs guinéens. Ma famille maternelle m’a offert un terrain à Dubréka. Je dispose aussi de parcelles à Maférinyah, acquises en 2017 pour un montant de 55 millions de francs guinéens, ainsi que d’autres biens à Kissidougou. À cela s’ajoute un héritage comprenant notamment deux villas situées à Coleyah’’.
Concernant ses avoirs financiers, il a déclaré disposer de 80 millions de francs guinéens à la Société Générale et 25 millions à UBA. Il a également mentionné l’existence de comptes en France dont un compte courant ouvert en 1991 à La Banque Postale avec un solde de 1 000 euros, un compte épargne crédité de 250 euros, ainsi qu’un compte d’assurance retraite alimenté à hauteur de 15 000 euros en 2012.
‘’Durant mes sept années au poste ministère de l’enseignement technique, quatre Écoles régionales des arts et métiers ont été construites à Siguiri, Labé, N’Zérékoré et Boké grâce à des financements saoudiens. Chaque école a coûté environ 6 millions de dollars, à l’exception de celle de N’Zérékoré dont le coût s’est élevé à près de 8 millions de dollars’’, a-t-il expliqué.
S’agissant de son passage au ministère de la sécurité, il a précisé qu’en 2020, ‘’j’ai signé un contrat avec la société Guicopres pour la fourniture d’uniformes destinés à 15 000 policiers, pour un montant estimé entre 4 et 5 milliards de francs guinéens. Il existait également un projet d’extension évalué à environ 90 milliards de francs guinéens, mais celui-ci n’avait pas encore été exécuté au moment où j’ai quitté mes fonctions’’.
Sur le montant de 222 milliards de francs guinéens avancé par la Cour, il a contesté les conclusions du rapport en affirmant que ‘’ce chiffre reste flou à mes yeux. Je n’ai jamais été auditionné par l’Inspection générale d’État dans le cadre de ce dossier. J’apprends que des inspecteurs auraient échangé avec des responsables du pool financier de mon département. Ce qui me surprend profondément’’.
Il a par ailleurs rejeté toute implication dans des activités commerciales ou des investissements à l’étranger. ‘’Je n’exerce aucune activité commerciale et je ne possède aucun bien hors de la Guinée. L’ensemble de mon patrimoine se trouve dans le pays’’, a-t-il affirmé.
Interrogé sur la gestion des subventions allouées au ministère de l’enseignement technique, il a répondu : ‘’Je ne me souviens pas précisément des détails, mais je sais que les fonds saoudiens étaient utilisés en fonction des besoins des projets en cours’’.
Sur sa résidence personnelle, il a indiqué que ‘’j’habite actuellement dans une maison que j’ai héritée de mon grand-père’’.
Il est à rappeler que Damantang Albert Camara est poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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