Le nouveau rapport de Reporters sans frontières dresse un constat alarmant sur l’état de la liberté de la presse dans le monde. Pour la première fois dans l’histoire du classement mondial de la liberté de la presse, plus de la moitié des pays sont désormais en situation ‘’difficile’’ ou ‘’très grave’’.
‘’En 25 ans, le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas’’, a écrit Reporters sans frontières, soulignant une dégradation globale sans précédent. L’organisation pointe notamment ‘’le développement d’un arsenal législatif de plus en plus restrictif qui vient, depuis 2001, éroder le droit à l’information, jusque dans les démocraties’’.
‘’L’indicateur légal est celui qui baisse le plus cette année, signe d’une criminalisation croissante du journalisme », a ajouté RSF. Au sommet du classement, la Norvège conserve la première place avec un score de 92,72, tandis que l’Érythrée ferme la marche avec un score de 10,24.
La Guinée enregistre une chute de 8 places, se classant désormais 111e sur 180 pays avec un score de 48,45 contre 52,53 l’année dernière. Selon RSF, ‘’le régime issu du coup d’État de septembre 2021 n’a pas tenu ses promesses de garantir la liberté de la presse en Guinée’’.
Malgré les engagements initiaux du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), ‘’les atteintes commises par les autorités se sont multipliées’’, a fait remarquer RSF, citant ‘’la censure de plusieurs médias au ton libre et à grande audience’’.
RSF met en cause le rôle de la Haute Autorité de la communication qui, selon elle, a ‘’tendance à s’aligner sur les autorités de la transition et a adopté une ligne plus dure envers les médias critiques’’.
Elle rappelle qu’en décembre 2023, la HAC a retiré trois chaînes de télévision de bouquets télévisuels, dont deux sont désormais interdites, pour des raisons de “sécurité nationale”. Ce même argument a été avancé pour justifier ‘’le blocage de l’accès aux réseaux sociaux dans le pays durant trois mois début 2024’’, a ajouté l’organisation.
RSF note que ‘’les médias de service public sont favorisés aux dépens des médias privés’’ l’État leur accordant ‘’la priorité dans l’accès aux événements officiels et pour effectuer les communications gouvernementales’’.
Elle précise que ‘’les subventions accordées aux médias privés sont jugées insuffisantes’’ et que ces derniers ‘’fonctionnent surtout grâce aux annonceurs’’, lesquels ‘’se montrent frileux et résilient les contrats’’ en cas de restrictions. ‘’L’interdiction de plusieurs médias critiques en mai 2024 a engendré la perte de plus de 700 emplois dans le secteur de la presse’’, a ajouté RSF.
Elle souligne également que ‘’les journalistes ayant une liberté de ton peuvent faire l’objet de menaces de mort, de menaces d’enlèvement’’ et que ‘’certains sont contraints à l’exil’’. RSF déplore enfin que ‘’ces actes de violence restent dans l’immense majorité impunis’’, tout en rappelant que le journaliste et syndicaliste Sékou Jamal Pendessa ‘’a passé plus d’un mois en détention pour avoir voulu organiser une manifestation pour la liberté de la presse’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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