Lutte contre la pêche illicite : clôture réussie de l’opération conjointe « AGIR-INN » à Conakry

Le Centre national de surveillance de police des pêches (CNSP) a abrité la cérémonie de clôture de la deuxième opération conjointe de surveillance maritime de l’année 2026. Portée par la Commission sous-régionale des pêches (CSRP) sous présidence guinéenne, l’opération « AGIR-INN », également baptisée « So Salé », marque une étape importante dans la mutualisation des efforts des pays ouest-africains face au fléau de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

La capitale guinéenne s’est ainsi transformée en centre névralgique de la sécurité maritime régionale en accueillant le Poste sous-régional de coordination des opérations.

Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du programme West Africa Sustainable Ocean Program (WASOP), financé par l’Union européenne, a permis le déploiement d’un dispositif rigoureux de patrouilles maritimes croisées dans les zones économiques exclusives contiguës de la Guinée, de la Guinée-Bissau et de la Sierra Leone.

En ouvrant la série des allocutions, Guillaume Hawing, directeur général du Centre national de surveillance de police des pêches (CNSP), a rappelé l’ambition de cette mission qui donne ‘’une traduction concrète à notre ambition commune : celle de bâtir un espace maritime ouest-africain plus sûr, plus solidaire et durablement protégé’’.

Le premier responsable du CNSP a insisté sur le fait que l’union demeure le principal rempart face aux réseaux criminels transfrontaliers, expliquant que ‘’la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN) n’est plus un défi que nos États peuvent relever individuellement. Ce phénomène est transnational. Notre réponse doit donc être collective, coordonnée et résolument communautaire’’.

Le directeur général du CNSP a salué l’action de l’armée de mer guinéenne, tout en rappelant que ‘’la surveillance en mer ne peut produire pleinement ses effets sans une chaîne de contrôle efficace à terre’’.

Ce plaidoyer en faveur d’une meilleure mutualisation des moyens a retenu l’attention des partenaires internationaux. Prenant la parole à sa suite, Gianpiero Borzillo, chef de coopération de la délégation de l’Union européenne à Conakry, a rappelé l’urgence écologique et humanitaire à laquelle fait face la région.

‘’En Afrique de l’Ouest, la surexploitation des ressources halieutiques et la pêche INN continuent de menacer gravement la durabilité des écosystèmes marins et la sécurité alimentaire des populations côtières’’, a-t-il indiqué.

Face à ce constat, il a souligné qu’aucune ‘’nation ne peut agir seule. C’est pourquoi, cette opération est une opération unique pour renforcer nos liens, partager nos expertises, harmoniser nos stratégies et mutualiser nos moyens de contrôle’’.

Dans la continuité de ces interventions, Khallahi Brahim, secrétaire permanent de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), a apporté le point de vue de l’institution interétatique.

Il a recentré les échanges sur les conséquences socio-économiques du pillage des ressources halieutiques, estimant que ce phénomène ‘’détruit nos économies halieutiques, pénalise nos pêcheurs, fragilise voire réduit à néant nos efforts de gestion durable’’.

Se projetant vers l’avenir, le secrétaire permanent de la CSRP a annoncé une évolution dans la conduite des prochaines opérations conjointes, avec davantage de rigueur et de discrétion.

‘’Les opérations conjointes vont se poursuivre, mais il est clair que l’opération doit encore être révisée en vue d’atteindre les résultats escomptés. Désormais, elles donneront lieu à des rapports confidentiels, c’est important de le savoir, qui seront adressés aux différents ministres en charge de la pêche en vue de prendre les mesures adéquates’’, a-t-il indiqué.

Le mot de clôture est revenu à Ahmed Sekou Keita, chef de cabinet et représentant du ministère de la Pêche et de l’Économie maritime de Guinée. Au nom de la présidence en exercice de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), il s’est réjoui de voir « à quel point la Guinée sait tenir son rang et assumer son leadership dans la préservation de notre patrimoine halieutique commun ».

Allant à l’essentiel, le chef de cabinet de Fassou Théa a résumé l’esprit de cette mobilisation en rappelant que ‘’nos océans ne connaissent pas de frontières’’ et que les prédateurs ‘’exploitent la moindre faille de nos cloisonnements nationaux’’.

Il a également insisté sur l’importance du dispositif judiciaire mis en place à terre. ‘’Mais surveiller ne suffit pas. Encore faut-il que les infractions constatées fassent l’objet de sanctions exemplaires. L’application rigoureuse de notre nouvelle loi portant Code de la pêche maritime exige une parfaite articulation entre la constatation des infractions en mer et leur traitement judiciaire à terre. La formation des magistrats guinéens a permis de poser les bases solides de cette coopération, garantissant désormais une chaîne répressive cohérente, efficace et crédible’’, a-t-il souligné.

C’est finalement en transmettant officiellement le relais aux pays voisins que le chef de cabinet a prononcé la clôture des travaux, tout en félicitant les inspecteurs du Centre national de surveillance de police des pêches (CNSP).

‘’Les résultats obtenus à Conakry illustrent la force de la coopération sous-régionale dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Alors que le relais est transmis à nos frères de Freetown, vous pouvez être fiers du travail accompli’’, a-t-il conclu.

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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