Fondatrice et gérante de Binedou Global Service Recyplast, spécialisée dans la collecte, le tri et le recyclage des déchets plastiques en pavés, briques, pots de fleurs, Mariam mène un combat contre le fléau des déchets dans la capitale guinéenne.
Après ses études en gestion informatique, la recherche de son premier emploi l’a amenée à visiter de nombreux quartiers de Conakry. La présence de déchets à chacun de ses passages attire son attention. Sachant que des plastiques nécessitent entre 400 à 450 ans pour se dégrader dans la nature, elle a eu l’idée de se lancer dans le recyclage. « Des déchets plastiques dans les caniveaux. Je me suis dit qu’il y a peut-être une solution pour débarrasser la ville de ces plastiques qui polluent notre environnement », rembobine-t-elle.
C’est ainsi qu’elle a participé à un concours organisé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Sur 450 postulants, elle est retenue parmi les 10 finalistes qui font leur entrée au sein de l’incubateur Oser Innover. « C’est là j’ai appris à transformer ma frustration en opportunité », confie-t-elle, souriante.
« Au finish, mon projet de transformation des déchets plastiques en pavés a obtenu un financement de 5000 dollars. Quand j’ai commencé à exécuter mon projet, je me suis rendu compte que cet argent n’allait pas couvrir toutes mes charges », réalise l’écolo-entrepreneure.
En plein mois de Ramadan, pendant que ses collaborateurs profitent de leurs vacances pour souffler, Mariam est présente dans son unité de recyclage des déchets plastiques en pavés. Sur place, pas une minute à perdre. Elle inspecte les coins et recoins de sa fabrique où elle dispose d’un four à gaz semi-mécanisé pour la fonte des déchets en granulés de plastique. La matière obtenue est mixée à du sable et déversée dans un moule pour fabriquer des pavés écolos.
De nombreuses promesses, venant parfois de membres du gouvernement, lui ont été faites pour développer son entreprise. Elles peinent à être réalisées pour l’instant. En attendant leur concrétisation, Mariam travaille dur, raflant de nombreux prix à chacun de ses passages dont entre autres le Prix du Salon des entrepreneurs de Guinée 2019 ; Oser Innover 2018, le trophée de meilleure femme entrepreneure 2019 au Maroc ou encore de celui de meilleure entrepreneure African Women Awards. « On ne doit pas tout attendre de l’Etat. Il faut savoir compter sur soi-même pour faire bouger les lignes », confie-t-elle.
L’Etat et ses partenaires financiers devraient trouver les moyens d’accompagner de telles initiatives de nature à protéger l’environnement et favoriser l’insertion économique des jeunes et des femmes.