A l’occasion de la clôture de l’opération conjointe de surveillance maritime « AGIR-INN » à Conakry, le directeur général du Centre national de surveillance de police des pêches (CNSP) a tiré la sonnette d’alarme. Pour Guillaume Hawing, la souveraineté halieutique de l’Afrique de l’Ouest ne pourra être défendue qu’à travers une union sacrée et transnationale des États côtiers.
L’opération « AGIR-INN », également baptisée « So Salé », est une initiative d’envergure régionale qui s’inscrit dans le cadre du projet d’amélioration de la gouvernance et de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN), sous l’égide de la Commission Sous-Régionale des Pêches (CSRP).
Financée par l’Union européenne à travers le programme West Africa Sustainable Ocean Program (WASOP) et appuyée techniquement par l’Agence européenne de contrôle des pêches, cette mission a consisté à déployer des patrouilles maritimes croisées et coordonnées afin de renforcer la surveillance des eaux territoriales de plusieurs pays limitrophes.
En abritant le Poste sous-régional de coordination des opérations, Conakry est devenue, le temps de cette mission, la tour de contrôle de la sécurité halieutique dans cette partie de l’Atlantique.
C’est dans ce contexte hautement stratégique que Guillaume Hawing a pris la parole pour saluer une traduction concrète de l’ambition collective visant à bâtir un espace maritime ouest-africain plus sûr, plus solidaire et durablement protégé.
Le patron du CNSP a exprimé sa fierté en rappelant que « pendant plusieurs jours, Conakry a eu le privilège d’abriter le poste sous-régional de coordination des opérations sous la bannière de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), dont la République de Guinée assure actuellement la présidence. »
Poursuivant son intervention, M. Hawing a rappelé que l’isolement des États profite aux flottes criminelles, insistant sur l’urgence de faire bloc.
A ses yeux, ‘’la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN) n’est plus un défi que nos États peuvent relever individuellement. Ce phénomène est transnational. Notre réponse doit donc être collective, coordonnée et résolument communautaire. À cet égard, cette opération a permis la mise en œuvre d’un dispositif rigoureux de patrouille maritime conjointe assurant une surveillance intégrée des zones économiques exclusives contiguës de la Guinée, de la Guinée-Bissau et de la Sierra Leone. Elle illustre parfaitement la dynamique d’intégration portée par la CEDEAO, avec l’appui technique déterminant de l’Union européenne à travers l’implication de premier plan de l’Agence européenne de contrôle des pêches’’.
Pour donner davantage de poids à cette riposte, Guillaume Hawing a d’abord salué l’engagement de la marine nationale, avant d’exprimer une profonde reconnaissance pour ‘’l’engagement remarquable de nos forces de défense et de sécurité, en particulier celui de l’armée de mer guinéenne. Grâce à la mobilisation stratégique du patrouilleur hauturier Alpha Yaya Diallo, ainsi qu’au professionnalisme des officiers et des équipages engagés, notre pays a démontré sa capacité à assurer efficacement la protection de ses espaces maritimes et à contribuer activement à la sécurisation de la sous-région’’.
Le directeur général du CNSP a toutefois prévenu que l’effort en mer doit impérativement se prolonger devant les tribunaux afin d’être réellement dissuasif.
‘’La surveillance en mer ne peut produire pleinement ses effets sans une chaîne de contrôle efficace à terre. C’est tout le sens de notre étroite collaboration avec l’appareil judiciaire. La formation des magistrats guinéens sur le contentieux répressif de la pêche, organisée en prélude de la mission, constitue désormais un maillon essentiel pour garantir que chaque infraction constatée en mer fasse l’objet d’un traitement judiciaire conforme aux dispositions de la loi L/2025/019/CNT du 30 mai 2025 portant Code de la pêche maritime’’, explique-t-il.
Alors que le relais et le commandement s’apprêtent à être transférés aux autorités de Freetown, en Sierra Leone, le directeur général du CNSP a tenu à souligner l’importance des prochains défis.
Après avoir remercié les partenaires, notamment la FAO, la CEDEAO et l’Union européenne, il a conclu son discours par un appel à ne pas relâcher les efforts, exhortant ‘’chacun à faire en sorte qu’ensemble, nos poursuivons nos efforts afin que nos ressources halieutiques demeurent un patrimoine durable au service de nos populations, de notre sécurité alimentaire et du développement économique de notre sous-région’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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