Face à la recrudescence de la mendicité et de la présence nocturne de mineurs dans les rues et lieux de débauche, la justice guinéenne durcit le ton. Dans la nuit de vendredi à samedi, plusieurs enfants ainsi que leurs parents ont été interpellés à Conakry dans le cadre de l’opération baptisée « Zéro enfant dans les rues ».
Le procureur spécial près le Tribunal pour enfants de Conakry dresse ‘’un constat très amer sur le terrain’’.
‘’Imaginez des petits enfants de 5 ans, de 10 ans, de 12 ans qui doivent être au lit et qui se retrouvent à la belle étoile tard la nuit. C’est vraiment regrettable. Et l’endroit même où les enfants se trouvaient n’est pas propice. Ce ne sont pas des endroits qui puissent permettre à ces enfants vraiment d’évoluer convenablement. Donc ce constat est vraiment amer et nous estimons avec force et certitude qu’il y aura zéro enfant dans les rues de Conakry. Parce qu’il nous faut vraiment lutter efficacement contre ce phénomène qui est en train de gangréner notre société. Les enfants, leur milieu, tard la nuit, ce n’est pas la rue, c’est la maison avec des livres ou au lit’’, a-t-il déclaré.
Cè Avis Gamy précise que ‘’ce sont les parents qui sont dans nos viseurs parce que ce sont eux qui manquent à leur obligation de veiller, de protéger les enfants. Donc, tous ceux qui ont été interpellés et dont les parents sont présents seront entendus sur procès-verbal, comme on l’a commencé à Kaloum. La présence des parents est obligatoire et la procédure sera faite en bonne et due forme ‘’.
Parlant des peines prévues, le procureur fait savoir qu’elles varient selon les cas. ‘’Quand vous prenez, par exemple, le cas de l’exploitation économique, la peine varie de 1 à 3 mois d’emprisonnement avec une lourde amende qui peut varier d’un million à 3 millions, 5 millions, etc. Donc, ça dépend de la gravité. Quand vous prenez, par exemple, les gens qui exploitent l’enfant à des fins de mendicité également, le législateur est très sévère par rapport à ces cas d’espèce. Les enfants qui sont abandonnés à eux-mêmes dans la nature également, les enfants non accompagnés, là aussi le législateur est très rigoureux sur cette question’’, assure-t-il.
Selon lui, ces interpellations visent à ‘’lancer un message de tolérance zéro, comme pour dire que les parents doivent s’occuper des enfants, les parents doivent garder jalousement et soigneusement les enfants à la maison. La maison est le lieu le plus sûr, c’est la forteresse des enfants, et non la rue’’.
Avant de demander à l’État de ‘’mettre suffisamment de moyens à notre disposition, parce que cette action est une action républicaine. Cette action s’inscrit en droite ligne avec la politique générale du gouvernement en termes de lutte contre la délinquance juvénile dans notre pays. Donc, avoir des moyens suffisants pour pouvoir renforcer le système de façon permanente nous permettra vraiment d’atteindre l’objectif’’.
‘’Nous sommes en période de la grande fête de Tabaski. Par le passé, il y a toujours eu des cas d’enfants égarés. Donc, je crois qu’à travers ces actions que nous allons continuer à mener, les parents pourront tirer des leçons de cela et chacun pourra garder jalousement son enfant à la maison’’, a-t-il conclu.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.info
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