Port de Conakry : ‘’On a connu une année 2025 difficile…nous avons reçu les volumes qu’on attendait en 2030’’, assure Ibrahima Diallo, DG pays d’AGL

Face aux interrogations suscitées par le classement de l’Indice de performance des ports à conteneurs (IPPC 2025), publié par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, Ibrahima Diallo, directeur général pays d’Africa Global Logistics (AGL), a tenu à apporter des explications ce mercredi 24 juin devant la presse.

Alors que le port autonome de Conakry est classé à la 399ᵉ place sur 400 ports évalués dans le monde, le premier responsable d’AGL en Guinée a estimé qu’il était nécessaire de replacer les résultats dans leur contexte.

‘’Depuis quelques jours, on parle beaucoup du port, de ses performances, de la congestion. Je pense qu’il était nécessaire que nous puissions vous rencontrer pour essayer de mettre tout le monde au même niveau d’information et que nous ayons tous la même ligne de lecture de ce qui se passe’’, a déclaré Ibrahima Diallo.

Le directeur général d’AGL Guinée reconnait que l’année écoulée a été particulièrement éprouvante pour l’ensemble de la chaîne logistique. ‘’C’est vrai qu’on a connu une année 2025 pas facile, je dirais même difficile. En termes de planification, nous avons reçu les volumes qu’on attendait en 2030. C’est pour dire que c’est comme un choc que l’ensemble de la communauté a reçu’’, a-t-il avancé.

Selon lui, la situation ne peut être analysée sous le seul prisme des activités portuaires. ‘’Il ne s’agit pas seulement du port. Le port est une porte. Il se passe beaucoup de choses avant le port et beaucoup de choses après le port. Son intérêt, c’est que ça tourne. Ce n’est pas de maintenir les marchandises et les conteneurs qui arrivent. Les volumes que nous recevons font que le port est le premier indicateur, le premier reflet, le premier ambassadeur de la vitalité de notre pays. C’est là où l’on voit que ça marche, que tout va bien’’, a-t-il affirmé.

Malgré les difficultés rencontrées, M. Diallo a tenu à rassurer les opérateurs économiques et les usagers. ‘’Moi, j’ai envie d’avoir un message qui soit positif, qui soit rassurant, et de vous dire que tout est sous contrôle. Il ne faut pas qu’on donne l’impression que ça ne va pas. On a eu une année 2025 qui était difficile. C’est ce qui a permis de créer cette communauté, de renforcer celle qui existait déjà et de mettre en place cet organe de suivi de la congestion avec l’appui des autorités, où nous débattons régulièrement des problèmes’’, a-t-il souligné.

Pour illustrer la complexité de la chaîne logistique, le directeur général pays d’AGL rappelle que de nombreux intervenants sont concernés.

‘’La logistique, c’est une affaire de tous. C’est une chaîne. Depuis les usines en Chine jusqu’au magasin de mes parents à Madina, au fin fond de notre belle Guinée forestière, tout le monde est concerné. Quand ça bloque quelque part, tout le monde est bloqué’’, a-t-il détaillé.

Face à la croissance du trafic, des ajustements ont été nécessaires. ‘’On a dû revoir un peu la manière de fonctionner et être beaucoup plus ambitieux pour accompagner cette croissance’’, a-t-il indiqué.

Selon lui, les investissements engagés actuellement répondent à cette exigence. ‘’Tous les engagements que nous avons pris, tous les développements que nous menons, que ce soit en investissements matériels, en développement de surfaces ou dans l’extension de nos quais, c’est pour accompagner cette croissance. Il ne s’agit pas de rattraper la croissance, il faut la dépasser. Parce que les quais que nous sommes en train de construire, tous les investissements que nous faisons, à la fin de l’année, la croissance va continuer. Donc, il faut prendre de l’avance’’, a-t-il estimé.

Revenant sur la question de la congestion, il a laissé entendre que le problème dépasse largement le cadre portuaire.

‘’La vérité sur la congestion, ce n’est pas le port qui est congestionné, c’est toute la ville de Conakry qui est congestionnée. Aujourd’hui, quand on reçoit 2 000 conteneurs, il est impossible de sortir 2 000 conteneurs dans Conakry, que vous connaissez. Il est impossible de mettre 2 000 conteneurs à Madina. On ne peut pas les recevoir. Il faut que tout le monde se réorganise. Il faut qu’on se tienne la main et qu’on puisse gérer cette chaîne logistique. L’année dernière, la difficulté, c’était d’approvisionner les opérateurs économiques. Aujourd’hui, quand vous allez à Madina, il y a des conteneurs partout, tout le monde est en train de décharger. L’année dernière, vous alliez à Madina, c’était vide. Les rues étaient vides, les magasins étaient vides. Tout le monde pleurait parce qu’il n’y avait pas de marchandises à l’intérieur du pays’’, a-t-il fait remarquer.

Même s’il reconnaît que des défis subsistent, Ibrahima Diallo estime que les progrès sont réels. ‘’Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. Ce n’est pas parfait. On doit aller beaucoup plus loin. La situation est sous contrôle. Beaucoup de pays nous envient. Le groupe AGL est présent dans près de 50 pays, nous gérons de nombreux ports et nous savons ce qui se passe. Aujourd’hui, ce n’est pas parfait, mais tout va bien’’, a-t-il conclu.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
00224 622 98 97 11/boussouriou.bah@visionguinee.info

Comments (0)
Add Comment