Le procès de l’artiste Mohamed Seydou Bangoura alias Singleton se poursuit au tribunal de première instance de Coyah. Devant le juge Phillippe Gonga Mamy, le représentant de la famille de la victime, Mohamed Traoré, a livré sa part de vérité dans cette affaire.
Selon Mohamed Traoré, ‘’le jour de l’enterrement, on m’avait tendu un montant de 2 millions GNF. J’ai dit que je suis jeune, ce n’est pas à moi de prendre ça, je vais rendre compte à mes aînés. Quand j’ai donné l’argent à mon grand frère, il m’a dit de leur retourner l’argent. Après, j’ai dit au vieux Doumbouya que ma famille n’a pas accepté l’argent. Parce que son comportement ne nous a pas plu. Nous allons poursuivre cette affaire’’.
‘’Comment vous-ils ont proposé ces 2 millions, vous aviez demandé où était Singleton ?’’, lui demande le juge Phillippe Gonga Mamy.
‘’Non. Je n’ai pas cherché à le savoir. Le vieux Doumbouya a dit : ‘Nous sommes venus pour vous saluer. Nous sommes les parents de Singleton. Notre fils a eu peur. C’est pourquoi, nous sommes là’’’, répond-il.
Et l’avocat de la défense de relancer : ‘’Voulez-vous donner une leçon à Singleton ?’’
‘’On veut donner une leçon, mais ce n’est pas à Singleton seul. Dieu a pris l’âme de mon grand frère, mais le comportement de Singleton nous a beaucoup touchés. On peut pardonner, mais nous ne voulons pas que de tels actes se reproduisent’’, indique Mohamed Traoré.
‘’Est-ce que vous pouvez accepter son pardon ?’’, enchaîne l’homme de droit. ‘’On ne sait pas si son pardon est sincère. Mais j’ai constaté quelque chose devant le tribunal, son comportement ne nous rassure pas. Quand tu dis la vérité, même ceux qui sont fâchés peuvent plaider en ta faveur’’, estime le jeune frère de la victime.
Et l’avocat de rétorquer : ‘’S’il ne répond pas à cette question, c’est pour ne pas frustrer la famille Traoré. Quand on demande pardon, ne doit-on pas ajouter quelque chose ?’’
‘’Chez nous, les musulmans, c’est bon de dire la vérité. Quand tu ne dis pas la vérité, tu risques de frustrer d’autres personnes’’, indique M. Traoré.
Selon l’avocat, ‘’cette histoire a connu une autre tournure par la faute des réseaux sociaux, pas du comportement de mon client ?’’
‘’Ce n’est pas à cause des réseaux sociaux. Quand il y a eu l’accident, il est resté pendant 20 minutes dans la voiture, il n’est pas descendu pour voir la victime’’, fustige le représentant de la famille Traoré.
‘’Quel est votre dernier mot, M. Traoré ?’’, ajoute l’avocat. ‘’La famille est obligée d’accepter son pardon. Parce que Singleton ne peut pas ramener notre frère. À cause du Kountigui de la Basse Côte, la famille de la victime pardonne’’, conclut-il à la barre.
Le procès se poursuit et la partie civile réclame la comparution de témoins.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
00224 621 85 28 75/djiwo.barry@visionguinee.info