Procès en appel de Kassory Fofana : les débats clos à la Clinique Pasteur, réquisitions et plaidoiries attendues jeudi

L’audience en appel de l’ancien Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, s’est poursuivie ce lundi à la Clinique Pasteur de Kaloum, où il est actuellement hospitalisé. À l’issue des échanges, la Cour a prononcé la clôture des débats et renvoyé l’affaire au jeudi prochain pour les réquisitions du parquet spécial et les plaidoiries des différentes parties.

Au cours de cette audience, l’ancien chef du gouvernement a de nouveau été entendu par la juridiction. Selon son avocat, Maître Baben Camara, le parquet spécial ainsi que la partie civile ont pu exercer pleinement leur droit de questionnement avant la clôture de l’instruction à l’audience.

L’un des points qui retenait l’attention concernait une pièce versée au dossier, dont la communication avait entraîné le report de la précédente audience. L’avocat a toutefois relativisé l’importance de cet incident, précisant qu’il s’agissait d’un document déjà présent dans le dossier d’instruction. ‘’C’est une pièce qui était déjà dans le dossier. Il y a eu une incompréhension, mais chacune des parties en est désormais entrée en possession. Il n’y a donc aucun problème. Les débats se sont poursuivis normalement et ont été clos aujourd’hui’’, a-t-il expliqué.

La question de l’évacuation sanitaire évoquée

L’état de santé d’Ibrahima Kassory Fofana et l’éventualité de son évacuation sanitaire à l’étranger ont également été abordés lors de l’audience. D’après Maître Baben Camara, ni le parquet spécial ni la partie civile ne se sont opposés à cette demande. ‘’Le parquet ne s’y est pas opposé, tout comme la partie civile, parce qu’il s’agit d’une question de santé. L’État guinéen reste attaché au respect des principes fondamentaux, notamment celui du droit à la santé pour chaque citoyen’’, a-t-il déclaré.

L’avocat a par ailleurs indiqué que la partie civile disposait déjà de garanties suffisantes dans ce dossier, notamment à travers les avoirs saisis. Il s’est toutefois abstenu de commenter les éventuelles garanties que pourrait exiger le ministère public.

La défense se félicite du déroulement de la procédure

De son côté, Maître Sikidi Bérété s’est réjoui du déroulement de cette étape judiciaire. Selon lui, son client a enfin pu assurer sa défense dans le respect du principe du contradictoire, malgré son état de santé. ‘’Nous sommes satisfaits. Depuis la première instance, alors qu’il était gravement malade, nous avons tout mis en œuvre pour que le tribunal puisse venir vers lui conformément à la loi. Cette demande a finalement été acceptée et exécutée. M. Kassory Fofana a ainsi eu la possibilité de se défendre contradictoirement’’, a-t-il affirmé.

L’avocat a néanmoins rappelé que la question de l’évacuation sanitaire demeurait pendante et pourrait faire l’objet d’un examen ultérieur. Pour lui, l’essentiel était que son client puisse répondre aux accusations portées contre lui devant la justice.

Abordant le fond du dossier, Maître Sikidi Bérété a également soutenu que plusieurs griefs reprochés à l’ancien Premier ministre ne relevaient pas directement de sa responsabilité. Il a notamment affirmé qu’une importante partie des fonds au cœur de la procédure avait déjà été reversée au Trésor public.

Le parquet réserve sa position à l’audience

Interrogé par la presse sur la demande d’évacuation sanitaire, le procureur spécial, Alphonse Charles Wright, a refusé de commenter le dossier en dehors du cadre judiciaire. ‘’Je vous ai toujours promis que le débat concernant cette procédure se ferait à l’audience. Je reste fidèle à cet engagement’’, a-t-il déclaré.

Sauf changement de dernière minute, les parties se retrouveront jeudi pour une étape déterminante du procès, marquée par les réquisitions du parquet spécial et les plaidoiries de la défense et de la partie civile, avant une éventuelle mise en délibéré de l’affaire.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info 

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