Radiation de 6678 fonctionnaires : après le grand ménage, l’heure est venue de situer les responsabilités

Le ministère de la modernisation de l’administration et de la fonction publique a procédé à la radiation de 6678 agents. La décision, prise à l’issue d’un contrôle administratif rigoureux, constitue un signal fort dans la lutte contre les irrégularités qui gangrènent l’administration publique.

Cette décision du ministre Faya François Bourouno mérite d’être saluée. Elle répond à une exigence de bonne gouvernance et participe à la protection des finances publiques. Derrière chaque agent irrégulièrement maintenu sur les effectifs, ce sont des ressources considérables qui ont échappé à leur véritable destination, notamment l’amélioration des services publics, les investissements de l’État ou encore la rémunération des agents qui servent effectivement la nation.

Mais ce coup de filet ne peut constituer l’aboutissement de la réforme. Il n’en est que le point de départ. Car une interrogation s’impose avec force : comment des milliers d’agents ont-ils pu bénéficier de traitements pendant des années sans qu’aucun mécanisme de contrôle ne mette fin à ces irrégularités ? Une fraude d’une telle ampleur ne nait pas du hasard. Elle prospère grâce à des complicités, à des négligences, parfois à de véritables réseaux qui exploitent les failles du système administratif.

Les radiations assainissent les fichiers, mais elles ne suffisent pas à rendre justice. Les responsabilités doivent donc être établies. Ceux qui ont organisé, facilité ou couvert ces pratiques doivent être identifiés et répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.

L’État dispose aujourd’hui d’une occasion de démontrer que la lutte contre la fraude ne s’arrête pas aux exécutants, mais qu’elle remonte jusqu’aux décideurs et aux bénéficiaires des réseaux qui ont longtemps prospéré dans l’ombre de l’administration.

La crédibilité des réformes se jouera désormais sur leur capacité à briser l’impunité. Car assainir l’administration est indispensable. Démanteler les réseaux qui ont permis cette hémorragie financière est, lui, un impératif. C’est à cette condition que les citoyens retrouveront confiance dans leurs institutions et que chaque franc public sera enfin consacré à l’intérêt général plutôt qu’à alimenter les circuits de la fraude.

Ciré BALDE, pour VisionGuinee.info

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