Reconstitution historique : le Sénégal, la France sollicités : ‘’Certains pays disposent d’une bonne partie des archives de la Guinée’’

À l’approche de la Semaine nationale des archives, prévue du 25 au 30 juin, le ministre secrétaire général du gouvernement a mis en lumière les efforts entrepris par les autorités pour préserver, restaurer et reconstituer le patrimoine documentaire de la Guinée. Devant les médias, Benoit Kamano a notamment évoqué la récupération d’archives historiques conservées à l’étranger.

Revenant sur les événements qui ont suivi le 5 septembre 2021, le ministre secrétaire général du gouvernement a déploré les actes de vandalisme qui ont visé les installations de la RTG Boulbinet. ‘’Nous avons déploré le vandalisme qui a suivi le 5 septembre et qui a consisté à dévaliser la RTG de Boulbinet. Le ministère de la Communication, à l’époque, a pris ses responsabilités d’une part pour sauver ce qui restait, d’autre part à travers l’INA, parce qu’il s’agit d’abord d’archives audiovisuelles. Il y avait des VHS. Ce n’est pas parce que la RTG était dépassée, mais parce que c’étaient les outils de l’époque. L’INA a fait un effort considérable pour reconstituer les archives audio’’, a-t-il expliqué.

Benoît Kamano a assuré que malgré les dégradations enregistrées à la RTG, l’essentiel des archives audiovisuelles a pu être préservé. ‘’Le vandalisme qui a eu lieu à la RTG, je ne sais pas s’il était ciblé, mais il a surtout concerné le mobilier : les télévisions, les meubles de bureau, même les moquettes ont disparu. C’est l’effet de l’incivisme. Mais tout ce qui était sauvegardé avec l’INA a été conservé. L’INA a fait un autre travail, c’est d’aller rechercher ailleurs les archives audiovisuelles dont nous disposions mais qui n’étaient pas physiquement en Guinée, afin de les reconstituer. Ce processus est toujours en cours’’, a-t-il ajouté.

Avant d’annoncer que le public découvrira, au cours de cette Semaine dédiée aux archives, des documents exceptionnels retraçant des moments marquants de l’histoire nationale. ‘’Vous allez découvrir certaines archives visuelles, notamment celles de la naissance de notre armée, mais aussi d’anciens discours prononcés lors du 28 septembre 1958 ou encore du 2 octobre 1958’’, a-t-il indiqué.

Dans cette dynamique, plusieurs pays africains ont été invités à partager leur expérience en matière de conservation et de valorisation des archives. ‘’Nous avons eu la chance et l’honneur d’inviter certains de nos homologues du Tchad, du Sénégal, du Gabon, de la Côte d’Ivoire et du Bénin, qui ont accepté de se joindre à nous. Certains pays comme le Sénégal, qui disposent d’une bonne partie des archives de la Guinée, ont un rôle important à jouer. Nous pourrons aborder ces sujets lors des rencontres prévues entre nos administrations’’, a-t-il déclaré.

  1. Kamano a également lancé un appel aux détenteurs privés de documents historiques afin qu’ils contribuent à l’effort national de reconstitution des archives. ‘’Nos aînés sont en possession de certaines archives dont nous n’avons pas connaissance. Cette semaine est aussi l’occasion d’inviter tous les citoyens, en toute responsabilité, à mettre à disposition les archives de notre pays. Aussi, la France a été invitée, l’ambassadeur de France a reçu son invitation, Expertise France également. Nous avons commencé des démarches avec la France il y a bientôt un an et demi sur le traitement des archives de notre pays’’, a-t-il souligné.

A’l’entendre, cette initiative s’inscrit dans une stratégie de récupération du patrimoine historique, matériel et immatériel de la Guinée. ‘’Le chef de l’État a donné des orientations en ce sens. Un comité interministériel a été créé avec la participation du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat pour élargir le sujet à la récupération du patrimoine matériel et immatériel de la Guinée’’, a-t-il expliqué. Tout en citant notamment les démarches entreprises autour du Coran de l’Almamy Samory Touré comme illustration de cette politique de préservation de la mémoire nationale. Et, selon ses dires, le ministère des affaires étrangères, celui de la défense ainsi que plusieurs autres départements sont associés à ce travail, notamment sur les questions liées aux frontières et à la cartographie historique du pays.

Enfin, il a insisté sur la nécessité de rendre ces archives accessibles aux jeunes générations. ‘’Nous avons nos aînés, mais nous avons aussi la jeunesse qui a accès aujourd’hui à toutes les informations en ligne. Mais quelles informations concernant la Guinée doivent-ils avoir ? Pourquoi devrait-on parler des archives ? Vous avez des documents privés qui ne sont accessibles qu’aux personnes concernées. Vous avez également des documents d’utilité publique qui doivent être consultables lorsqu’ils sont déclassifiés. Ce travail va être fait’’, a-t-il indiqué.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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