Rentrée scolaire le 15 septembre : ‘’les conditions ne semblent pas réunies…mais il faut faire avec les moyens de bord’’

Le ministère de l’enseignement préuniversitaire et de l’alphabétisation a fixé la date de la rentrée scolaire au 15 septembre prochain, une décision qui suscite des réactions mitigées. Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), a partagé la position de son organisation.

Michel Pépé Balamou, exprimant un regret quant à la méthode, a souligné que le syndicat, en tant que partenaire du ministère, n’a pas été consulté avant la prise de cette décision.

‘’En tant que partenaires, nous aurions souhaité être associés à la démarche, ne serait-ce que pour donner nos avis consultatifs, afin de pouvoir apporter nos points de vue sur les tenants et les aboutissants de cette date, mais aussi sur les contraintes pédagogiques, y compris les problèmes liés aux difficultés dans lesquelles se trouvent les enseignants, les élèves et les parents d’élèves’’, a-t-il déclaré.

Néanmoins, le Syndicat national de l’éducation accepte la décision, considérant qu’elle répond à un besoin fondamental.

‘’Comme la date est déjà fixée, et comme on le dit par endroit, le vin est tiré, il faut le boire. Donc nous, au niveau du syndicat national de l’éducation, nous comprenons cela comme un souci du gouvernement de vouloir offrir aux élèves de la République un délai optimal d’enseignement et d’apprentissage. Car les enseignements et les apprentissages, dans les conditions normales, au regard du standard international, doivent se dérouler pendant neuf mois’’, a indiqué M. Balamou.

‘’Mais en Guinée, on ne fait que huit mois de cours et le neuvième mois, c’est l’évaluation. Et donc, ça aussi, c’est un véritable problème dans nos sociétés. La rentrée programmée en septembre pourrait permettre d’étudier jusqu’au mois de mai et d’avoir neuf mois de cours, puis d’utiliser le mois de juin pour procéder à l’évaluation des apprentissages’’, a-t-il ajouté.

Si l’intention est louable, la question de sa mise en application reste entière pour le SNE. Son secrétaire général s’est interrogé sur la capacité du gouvernement à garantir le succès de cette rentrée alors que plusieurs obstacles majeurs persistent, notamment la crise de liquidités et les tensions politiques autour du référendum à venir.

‘’Il faut signaler que les conditions ne semblent pas réunies. Il faut d’abord des ateliers préparatoires de la rentrée scolaire pour permettre à tous les acteurs de donner leur point de vue sur les problèmes et les difficultés rencontrées l’année scolaire précédente, et proposer des pistes de solutions. Mais aussi, il faut mettre à la disposition des autorités en charge du système éducatif un budget permettant de préparer la rentrée scolaire, ainsi que les documents pédagogiques pour que les enseignants puissent mettre à jour leurs cours’’, a-t-il énuméré.

Ensuite, a ajouté M. Balamou, ‘’il y a aussi le contexte politique avec le scrutin référendaire prévu le 21 septembre. Cela veut dire que les parents pourraient être hantés par une psychose qui les pousserait à garder leurs enfants à la maison au lieu de les envoyer à l’école. Il y a également la crise de liquidités qui frappe durement tous les ménages, y compris les enseignants’’.

Face à ce constat, Michel Pépé Balamou a lancé un double appel. Il a exhorté le gouvernement à faire de l’éducation une véritable priorité nationale.

‘’J’inviterai le gouvernement de la République à faire davantage de l’éducation une priorité, la priorité des priorités, en investissant dans l’enseignant, en revalorisant l’enseignant, en entendant le cri de cœur des enseignants qui sont les façonneurs d’avenir, ceux qui transforment la nation en opportunité de développement, en formant des cadres compétents et compétitifs, et en les mettant au service du développement de la nation’’, a suggéré le secrétaire général du SNE.

Il s’est adressé aux parents d’élèves, les appelant à faire preuve de résilience malgré la conjoncture et les encourageant à ne pas priver leurs enfants des premiers cours, essentiels pour leur réussite future.

‘’Aux parents d’élèves, je dirais tout simplement que l’éducation de l’enfant n’a pas de prix. C’est vrai, il y a la conjoncture, mais il faut faire avec les moyens de bord, notamment avec les anciennes tenues et les anciens sacs, en attendant la fin du mois pour avoir les moyens de financer les frais de scolarité et payer le reste des fournitures. Il faut qu’ils envoient leurs enfants à l’école pour qu’ils ne perdent pas les premiers cours. Car si les enfants restent à la maison et que ces cours-là sont enseignés, les enseignants ne reviendront pas dessus. Et si, par malheur, ces cours sont donnés comme sujets d’évaluation aux examens de fin d’année, l’enfant risque de perdre l’examen’’, a-t-il conclu.

Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info

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