Ce vendredi 31 juillet 2026, un receptif hôtelier de Conakry a été le théâtre de la célébration du quatrième anniversaire de la Compagnie du TransGuinéen (CTG). En réunissant ses équipes, ses partenaires industriels ainsi que les plus hautes autorités de l’État autour du thème : « 4 ans : Sur les rails de la transformation », la CTG a marqué une étape charnière de son histoire. Passée en quatre ans du statut de société de projet à celui d’opérateur stratégique au cœur de l’exploitation du géant Simandou, l’entreprise incarne désormais le moteur de l’industrialisation et de la souveraineté économique guinéenne.
Le 31 juillet 2026 restera une date marquante pour le secteur minier et logistique national. Quatre années après sa création en 2022, la Compagnie du TransGuinéen (CTG) a réuni collaborateurs, partenaires industriels et institutionnels dont Rio Tinto Simfer, Baowu Winning Consortium Simandou (BWCS) à Conakry pour célébrer le chemin parcouru et partager sa vision stratégique pour l’avenir.
Créée pour développer et exploiter les infrastructures ferroviaires et portuaires du corridor du TransGuinéen, la CTG célèbre cet anniversaire dans un contexte particulier : un an après le lancement officiel de l’exploitation de Simandou.
L’entreprise franchit ainsi le cap de la phase de chantier pour entrer de plein pied dans celle de la création de valeur durable pour la nation. Au-delà des infrastructures, elle poursuit sa mission en faveur du développement des compétences nationales, de la promotion du contenu local, de l’excellence opérationnelle et d’une croissance inclusive.
Ouvrant le bal des interventions, le directeur général adjoint de la CTG, Moussa Bérété, est revenu sur l’évolution de l’entreprise et la montée en puissance des compétences nationales.
C’est avec une fierté non dissimulée qu’il remonte le fil des débuts, rappelant qu’à ‘’la 3ᵉ année de la CTG, nous étions moins de 10 employés. Et j’avais le privilège et l’honneur d’être le premier guinéen à être employé par la CTG. Aujourd’hui, j’ai l’honneur de vous informer, de la 3ᵉ année à la 4ᵉ année, qu’on a plus de 120 employés aujourd’hui, de 10 à 120 employés, et plus de 70 % de ces employés sont des guinéens. Vous voyez la physionomie, on a que des premiers de classe, des gens qui sont les meilleurs dans ce qu’ils font. C’est pourquoi, on ne s’entend jamais, mais on bouge toujours ! On s’interdit de ne pas s’entendre, mais on fait bouger les choses. C’est ce qui fait la beauté de la CTG’’.
Cette dynamique humaine s’inscrit dans la feuille de route stratégique confiée par le gouvernement en matière de contenu local. Sur ce point précis, le DGA insiste sur la clarté des consignes présidentielles reçues dès l’entame des opérations, soulignant que ‘’les missions qui m’ont été confiées, le contenu local, c’est d’abord passer les marchés aux entreprises guinéennes. Monsieur le président, je l’écoute encore, il m’a dit : ‘Pour moi, le contenu local en termes de contrat, c’est que les dividendes rentrent dans la poche des guinéens’. Deuxièmement, c’est l’emploi des guinéens. Et troisièmement, le renforcement des capacités, le transfert des compétences et de la technologie’’.
Toutefois, cette montée en charge pose inévitablement le défi de la qualification des cadres nationaux aux postes de décision. Consciente de cette réalité, la direction a élaboré une approche managériale pragmatique que le DGA détaille en abordant la trajectoire de « guinéisation » des équipes. ‘’La guinéisation, c’est vrai qu’aujourd’hui on dit que la CTG doit être une société guinéenne pour les guinéens, mais c’est une trajectoire. On ne peut pas le commencer dès maintenant, mais nous le ferons. Parfois, vous le savez plus que moi, qu’il est difficile de trouver… parce que les 3 900 employés, ce n’est pas seulement les emplois de terrain. Ça doit commencer du leadership jusqu’au dernier niveau. Mais parfois, on a du mal à trouver certains postes pour remplir par des guinéens. Et ce que nous faisons, quand nous prenons un manager ou un directeur expatrié, automatiquement, nous prenons un adjoint guinéen pour que dans un an ou deux ans, on a un plan de transfert de compétences pour que le guinéen prenne la position de leadership immédiatement dès que le transfert de compétences est effectué’’, explique-t-il.
Cette vision à long terme dépasse le seul cadre interne de la compagnie pour embrasser l’ensemble du tissu économique guinéen. C’est dans ce cadre prospectif que Moussa Bérété conclut son intervention, fixant le cap vers l’émergence de champions nationaux en affirmant qu’en ‘’appui institutionnel, nous sommes en train de collaborer avec les institutions sur la place. Et dans ce sens, nous comptons et nous nous engageons à dépenser plus de 25 millions de dollars dans les 3 prochaines années pour appuyer les institutions de la place et pour faire des formations en termes de transfert de compétences et de technologie. Toujours quand nous revenons sur les entreprises locales, nous sommes en train de forcer aujourd’hui ou accompagner. Il ne s’agit pas seulement de donner les contrats aux entreprises guinéennes, mais c’est de les accompagner. L’objectif sera gagné si, dans quelques années, un autre pays de la sous-région initie un projet comme Simandou, que les compétences soient pigées en Guinée pour les accompagner. C’est ça l’objectif. Donc aujourd’hui, nous sommes en train d’encourager nos entreprises locales de créer des partenariats avec les entreprises internationales qui ont de l’expertise dans ce domaine pour que la technologie et la connaissance et le savoir-faire se transfèrent graduellement pour que la Guinée s’impose comme leader dans ce domaine’’.
Le directeur général de la CTG, Robin Lu, s’est inscrit dans la même dynamique de bilan et de célébration. Dès ses premiers mots, il situe la portée de cet événement dans le fil de la vision fondatrice insufflée par les autorités guinéennes, rappelant qu’au ‘’nom de la CTG, c’est un grand honneur pour moi de vous souhaiter la bienvenue alors que nous célébrons le 4ᵉ anniversaire de notre compagnie. Il y a quatre ans, la CTG a été créée sous la vision et l’ambition du président de la République, Mamadi Doumbouya. Aujourd’hui, alors que nous célébrons cet anniversaire important, j’aimerais revenir sur les impacts que nous avons créés ensemble et sur l’ambition qui continue de nous guider. Notre vision demeure très claire : devenir une entreprise logistique guinéenne de classe mondiale reliant la Guinée au monde’’.
Ce témoignage sert de tremplin au responsable pour affirmer la vocation patriotique et inclusive de l’entreprise. En projetant l’action de la CTG vers l’avenir,
Robin Lu affirme que ‘’le rêve de la CTG et de Simandou est le rêve guinéen. Nous ne voulons pas voir les guinéens aller en Amérique, au Canada, en Europe pour réaliser leurs rêves. Ils ont l’opportunité aujourd’hui de rester en Guinée et de réaliser leur rêve guinéen pour eux-mêmes et pour leurs enfants. La CTG s’engage à travailler en étroite relation avec nos partenaires. Au cours des 3 prochaines années, la CTG, directement et indirectement par l’intermédiaire de ses sous-traitants, créera plus de 4 000 emplois pour les guinéens. Notre 4ᵉ anniversaire n’est pas la fin d’un chapitre, c’est le début du suivant’’.
Le ministre des mines et de la géologie a ensuite pris la parole. Bouna Sylla, premier président du Conseil d’administration de la CTG entre juillet 2022 et avril 2024, s’exprime avec la double légitimité du témoin privilégié et de l’acteur politique, observant que ‘’c’est avec un réel plaisir que je prends la parole à l’occasion du 4ᵉ anniversaire de la Compagnie du Transguinéen. Une entreprise dont j’ai eu l’extrême privilège et l’immense honneur d’être le premier Président du Conseil d’administration, du 27 juillet 2022 au 15 avril 2024. Cet anniversaire placé sous le thème : ‘4 ans sur les rails de la transformation’ est l’occasion de mesurer le chemin parcouru et de rendre un hommage appuyé à la vision de Son Excellence Monsieur le président de la République, Mamadi Doumbouya, dont l’engagement en faveur des infrastructures stratégiques constitue l’un des piliers de la transformation de notre pays’’.
Il rappelle à ce titre que ‘’cette aventure, vous vous souviendrez qu’il y avait deux projets : il y avait le projet Simfer de Rio Tinto et il y avait le projet de Winning Consortium Simandou. Le président de la République a exigé que ces deux projets se mettent ensemble, travaillent ensemble pour le développement de ce projet dans l’intérêt de toutes les parties. Cela a commencé par la signature, le 27 mars 2022, de l’accord-cadre portant co-développement du projet Simandou. Ensuite, le 27 juillet 2022 est née cette formidable société qu’on appelle la Compagnie du Transguinéen, jusqu’au démarrage des opérations le 11 novembre 2025 à 11h11 à Moribaya’’.
Cette convergence multilatérale a donné naissance à une chaîne logistique véritablement globale. Le ministre des mines articule ce réseau d’alliances internationales autour d’une formule devenue emblématique, expliquant que ‘’les attentes de l’État prévoyaient également la diversification des sources d’approvisionnement du projet. Cette assertion disant que le soleil ne se couche jamais sur le Simandou, elle est basée sur ça. C’est-à-dire un projet qui se trouve en Afrique, réalisé par des investisseurs australiens, anglo-australiens, chinois, dont les locomotives sont d’origine américaine, la signalisation française, certains équipements majeurs comme les concasseurs d’origine allemande. C’est la traduction de cette vision que le soleil ne se couche jamais car les intérêts des cinq continents se trouvent dans ce plus beau projet mine-infrastructure réalisé dans le monde à date’’.
Consolidant ce bilan historique par un hommage aux équipes de terrain, Bouna Sylla referme son intervention sur une note d’espoir en lançant un appel : ‘Que cette formidable aventure continue, car depuis que le train a sifflé le 11 novembre 2025 à 11h11, l’horizon économique de la Guinée s’est dégagé pour une aventure sans fin, pour une prospérité partagée. Et comme diraient certains : Ensemble, enjambons le pont de la prospérité’’.
Le message de clôture du Comité Stratégique de Simandou
C’est à Djami Diallo, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, qu’est revenu l’honneur d’apporter le mot de la fin au nom de Djiba Diakité, président du Comité Stratégique de Simandou.
La ministre a souligné que ‘’quatre années après sa création, la Compagnie du Transguinéen s’est imposée comme un acteur stratégique de la mise en œuvre de l’un des plus grands projets intégrés de développement du continent africain (…). La Guinée s’est engagée dans une nouvelle dynamique de transformation économique qui repose sur une conviction simple : les richesses naturelles de notre pays doivent constituer le socle d’un développement durable, inclusif et créateur de prospérité pour tous. C’est dans cet esprit que Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya a porté la vision Simandou 2040’’.
Pour soutenir ce cap stratégique, les infrastructures livrées affichent des dimensions physiques hors normes. La ministre Djami Diallo énumère les caractéristiques techniques majeures qui forment le patrimoine industriel de la nation, soulignant que ‘’cette ambition se matérialise désormais par des réalisations majeures : 650 kilomètres de voies ferrées multi-usagers, ainsi que des infrastructures portuaires modernes à Moribaya, dotées de deux quais minéraliers capables d’exporter 120 millions de tonnes par an à régime stabilisé, et un quai commercial pouvant traiter 2,5 millions de tonnes de marchandises et d’équipements chaque année. Ces ouvrages constituent un patrimoine stratégique au service de la République’’.
Ce réseau étant désormais opérationnel, l’enjeu s’est déplacé vers l’exploitation et la rentabilité du modèle économique. La ministre insiste sur cette bascule fondamentale vers la maturité industrielle, faisant observer que ‘’depuis le 11 novembre 2025, date du lancement officiel des opérations du corridor, la Compagnie du Transguinéen est entrée dans une nouvelle dimension. L’entrée en vigueur de la tarification des services ferroviaires et portuaires marque aujourd’hui le passage d’un grand chantier à un modèle pleinement opérationnel, fondé sur la performance, l’efficacité et la création durable de valeur’’.
Djami Diallo élargit la portée de la cérémonie en plaçant l’œuvre de la CTG face à l’histoire continentale, proclamant que ‘’le thème de cette célébration : ‘4 ans sur les rails de la transformation’, traduit parfaitement le sens de cette aventure collective. Car le Transguinéen ne transporte pas uniquement des marchandises : il transporte une ambition, une vision, et la promesse d’un avenir meilleur pour notre pays. L’histoire retiendra que notre génération n’a pas seulement construit un corridor ferroviaire et un port : elle a démontré qu’avec une vision claire, du courage dans les décisions et une volonté collective, la Guinée est capable de réaliser des projets qui comptent parmi les plus ambitieux du continent africain’’.
C’est sur ces mots d’encouragement que la représentante du Comité Stratégique conclut les allocutions officielles, réitérant qu’au terme de cette cérémonie, ‘’je voudrais, au nom du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya, adresser mes chaleureuses félicitations à la Compagnie du Transguinéen pour le chemin exceptionnel parcouru en seulement 4 ans d’existence. Continuons surtout à bâtir une Guinée plus forte, plus souveraine, plus prospère et pleinement maîtresse de son avenir’’.
La célébration des quatre ans de la Compagnie du TransGuinéen marque bien plus qu’un simple anniversaire d’entreprise. Entre les engagements financiers colossaux en faveur du tissu économique local, les créations d’emplois par milliers et l’exploitation de 650 km de rails et du complexe portuaire de Moribaya, la Guinée démontre sa capacité à porter des projets d’infrastructure de classe mondiale.
En concrétisant la vision Simandou 2040, la CTG ne se contente plus de construire des rails, elle montre la voie d’une prospérité partagée et d’une souveraineté économique assumée pour les générations futures.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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