Un adolescent de 15 ans retenu à Bamako : 16 millions GNF réclamés à ses parents pour sa libération

Mamadou Mouctar Bah, 15 ans, apprenti plombier, a quitté le domicile familial sans prévenir ses parents. Cinq jours plus tard, il a contacté sa famille pour l’informer qu’il était retenu à Bamako, sans donner plus de détails sur les circonstances de son départ. Selon le père, les personnes qui le retiennent réclament 16 millions GNF pour le libérer. Désemparé, Thierno Abdoulaye Bah sollicite l’aide des autorités guinéennes.

Rencontré ce mercredi 29 juillet, Thierno Abdoulaye Bah, commerçant à Labé-ville, originaire de Dara-Labé, est revenu sur les faits.

Thierno Abdoulaye Bah affirme qu’près deux échecs à l’examen d’entrée en 7e année, ‘’j’ai décidé qu’il apprenne la plomberie. Le 14 juillet 2026, il est venu dans ma boutique vers 13 h. Je lui ai dit : ‘Tu es revenu très tôt aujourd’hui’. Il m’a répondu : ‘Nous avons fini le travail que le maître nous a confié’. Je l’ai laissé et je suis allé à la prière. À mon retour, il n’était plus là. Il était parti avec deux millions de GNF. J’ai essayé de le joindre, mais ça ne passait pas’’

‘’Au cinquième jour, il m’a appelé pour me dire qu’il était retenu à Bamako. Ceux qui le retiennent me demandent d’envoyer 16 millions GNF pour sa libération. Je leur ai dit que je ne pouvais pas mobiliser cette somme. Depuis, ils ne cessent de m’appeler pour me dire qu’il souffre et que je dois envoyer l’argent pour qu’il soit libre. Ils m’envoient des numéros pour des dépôts, mais ces numéros ne passent pas’’, raconte-t-il.

Abdoulaye Bah confie que ces présumés arnaqueurs ont tenté, en vain, d’attirer l’ami de Mouctar à Bamako. ‘’Ils voulaient que l’ami de Mouctar, avec qui il travaillait, vienne les rejoindre là-bas. Mais ce dernier a été plus malin. À chaque fois qu’ils l’appelaient, il leur disait : ‘Je suis en route’. Un jour, il leur a même dit : ‘Je suis arrivé à Bamako. Où est-ce que je vous trouve ?’ Ils lui ont donné une adresse. Ils se sont ensuite rendu compte qu’il leur mentait. Le petit leur a dit : ‘Vous pensez que vous allez m’envoyer là-bas comme vous l’avez fait avec mon ami Mouctar’. Depuis ce jour, ils ont arrêté de l’appeler’, explique-t-il.

Pressions sur la famille et contrôle des appels

Thierno Abdoulaye Bah assure qu’ils passent désormais par la mère de l’enfant pour faire pression.

‘’Comme je n’envoyais pas d’argent, ils ont appelé sa maman pour lui demander de me convaincre. Quand je suis rentré à la maison, elle m’a montré le numéro. Je leur ai envoyé un message WhatsApp : ‘C’est le papa de Mouctar’. Ils m’ont dit que Mouctar était malade et de les rappeler le lendemain. Le matin, à 6h, j’’ai envoyé un message vocal, mon fils a répondu. Je lui ai demandé où il est exactement. Il dit qu’il ne sait pas. Ensuite, ils m’ont demandé d’envoyer de l’argent pour le soigner. Je leur ai dit de le libérer, je vais le soigner moi-même. Ils me demandent d’avoir confiance en eux’’, détaille-t-il.

Son père dit avoir constaté un changement dans le discours de son fils. ‘’Mouctar ne nous a pas dit comment il est parti. Je comprends que ceux qui le retiennent contrôlent ses appels et lui dictent ce qu’il doit dire. Tout ce qu’il nous demande, c’est de l’argent. Mardi dernier, il m’a même dit : ‘Puisque vous refusez de m’envoyer de l’argent, je comprends que vous n’êtes pas mon père’’’, déplore-t-il.

‘’Ils m’ont envoyé une vidéo de Mouctar malade. Ils m’ont montré des médicaments qu’il ne devrait même pas prendre. Il a maigri. Je pense que, même pour manger, c’est compliqué. Mais je ne peux pas envoyer de l’argent sur des numéros qui ne passent pas. J’ai de la famille à Bamako. Ils ont essayé de le localiser, mais les appels en provenance de Bamako ne sont pas décrochés’’, ajoute-t-il.

Très affecté par ce départ de son enfant, il lance un appel à l’État guinéen. ‘’Mouctar est mon premier fils. Il n’avait pas aussi de groupes et on s’entendait bien. Il est parti sans prévenir. Aujourd’hui, nous vivons dans l’angoisse. Même si j’envoie l’argent qu’ils demandent, je ne pense pas qu’ils vont le libérer. Ils vont continuer à réclamer. Je demande aux autorités guinéennes de nous aider à le retrouver’’, conclut-il.

Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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