La mort de Thierno Amadou Bella Diallo continue de susciter une vive émotion à Hamdallaye, après le décès de ce jeune âgé d’environ 16 ans, tué par balle lors d’une manifestation de jeunes mercredi contre l’installation d’un chef de quartier contesté par une partie de la population. Selon sa famille, l’adolescent, élève et candidat au BEPC cette année, a été touché alors qu’il se trouvait sur un terrain de football où il était venu s’entraîner.
D’après le témoignage de son oncle, Hassan Diallo, la victime ne faisait partie des manifestants, mais se trouvait sur un terrain situé entre Dar-es-salam et Hamdallaye, où il avait l’habitude de jouer au football.
‘’Ce jour-là, je suis revenu du boulot à 14 heures, je suis directement rentré me coucher. Après, j’ai entendu des pleurs. Je suis sorti pour savoir ce qui se passait et on m’a dit que c’est mon neveu qui a été touché par balle. Je me suis précipité à l’hôpital Jean-Paul II, où j’ai trouvé les jeunes qui l’avaient amené. Moi, je n’étais pas sur place, donc je raconte ce qu’ils m’ont expliqué’’, a relaté Hassan Diallo.
Selon lui, tout est parti d’une manifestation organisée par des jeunes de Dar-es-salam qui dénonçaient la désignation d’un chef de quartier qui ne ferait pas l’unanimité auprès des habitants.
‘’Il paraît qu’il y avait une manifestation des jeunes de Dar-es-salam contre un chef de quartier qui ne fait pas l’unanimité. Les jeunes sont sortis pour manifester leur mécontentement contre l’installation de ce dernier. Pendant ce temps, mon neveu jouait au football. Nous avons un terrain en commun entre Dar-es-salam et nous, appelé Radar. Comme c’était un footballeur, il était là-bas pour s’entraîner aux environs de 17 heures’’, a expliqué l’oncle du défunt.
‘’Les jeunes ont été dispersés à Dar-es-salam et se sont retrouvés au niveau du terrain de football où mon neveu était en train de s’entraîner. Les gendarmes les ont poursuivis jusque-là. Ils ont tiré et ont touché mon neveu en pleine poitrine’’, a affirmé Hassan Diallo.
Transporté d’abord à l’hôpital Jean-Paul II, le jeune a reçu les premiers soins avant d’être orienté vers l’hôpital Donka, selon sa famille. Mais il n’a pas survécu.
‘’Quand j’ai appris que mon neveu a été touché en plein cœur, je suis sorti et j’ai trouvé un dispositif sécuritaire de la gendarmerie juste dehors. J’ai tenté de passer pour aller à l’hôpital, mais ils ont voulu m’en empêcher. Je leur ai montré mon badge de journaliste délivré par la HAC. Je leur ai dit qu’il fallait avoir de la compassion, qu’on venait de tirer sur mon neveu et que je ne savais même pas s’il était vivant ou non’’, a-t-il déclaré.
‘’Ils ont commencé les premiers soins et ils l’ont maintenu. Ils n’ont pas pu extraire la balle parce qu’ils n’avaient pas le matériel nécessaire. Ils nous ont demandé de l’amener rapidement à Donka parce qu’il faisait une hémorragie interne. On l’a amené directement, mais 10 à 15 minutes après, on nous a appris qu’il était décédé’’, a témoigné son oncle.
La famille décrit le défunt comme un jeune passionné de football qui devait affronter les épreuves du BEPC cette année. Sa mère, Kadidjatou Diallo, raconte les derniers moments passés avec son fils avant le drame.
‘’Mon enfant était couché jusqu’à l’heure de la prière de 13h. Il est ensuite resté avec moi jusqu’à 16 heures. Quand il a appris qu’il y avait une manifestation, il a couru pour venir m’aider à faire rentrer la marchandise, puisque je vends au bord de la route’’, a-t-elle raconté.
Elle dit n’avoir reçu aucune visite des autorités après le drame. Après le décès du jeune, la famille a procédé à son enterrement ce jeudi 25 juin après la prière de 16 heures, selon son entourage.
Elle demande que la lumière soit faite sur les circonstances de la mort du jeune garçon et appelle les autorités à agir pour éviter de nouveaux drames.
‘’Nous demandons aux autorités de faire la lumière là-dessus, d’élucider les circonstances et de trouver l’auteur de ce crime odieux. Un jeune qui tombe sous une balle, ce n’est pas normal. Nous sommes au 21e siècle, aucun guinéen ne devrait tomber sous une balle. Il faut que cela ne se reproduise plus et qu’une autre famille ne soit pas encore endeuillée’’, a lancé Hassan Diallo.
Sa mère, elle, adresse également un message aux forces de l’ordre. ‘’Je pardonne à mon fils, mais je ne pardonne pas à celui qui l’a tué. Je demande à l’État et aux forces de l’ordre d’arrêter de tirer sur nos enfants. Nous les élevons jusqu’à ce qu’ils grandissent. Au moment où ils commencent à pouvoir nous aider, des forces de sécurité viennent pointer des armes sur eux et les tuent », a déploré Kadidjatou Diallo.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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