Un immeuble en construction s’effondre à Démoudoula et fait plusieurs victimes

Dans la nuit du jeudi au vendredi, un immeuble en construction de neuf étages s’est effondré à Démoudoula dans la commune de Ratoma, écrasant deux habitations voisines. Le bilan provisoire fait état de trois morts et deux blessés. Sur les lieux, le ministre de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire a fustigé une construction anarchique et annoncé un contrôle strict des chantiers dans toute la capitale.

‘’Comme vous le constatez déjà sur le terrain, nous sommes actuellement à Démoudoula, dans la commune de Ratoma. C’est dans les environs de 3h du matin qu’un grave effondrement a eu lieu, occasionné par un immeuble à neuf niveaux qui s’est écroulé sur un autre immeuble à deux niveaux et une villa de proximité. Pour l’instant, le dégât matériel est extrêmement important et nous avons enregistré, évidemment, des pertes en vies humaines. Le bilan provisoire est de trois décès pour le moment, dont une femme. Nous avons réussi à évacuer un nombre important des habitants qui étaient dans cet immeuble en construction’’, a déclaré Mohamed Lamine Sy Savane, visiblement marqué par l’ampleur des dégâts.

Dès les premières heures de la matinée, un impressionnant dispositif de secours a été déployé pour tenter de retrouver d’éventuels survivants pris au piège de l’amas de béton et de ferraille. La coordination des opérations a mobilisé les plus hautes instances de la sécurité nationale ainsi que des engins lourds de déblaiement.

Le ministre de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire a tenu à saluer cet élan d’urgence. ‘’Je voudrais ici dire sincèrement que les forces de la défense et de sécurité se sont fortement mobilisées depuis 4h du matin. Cela est matérialisé ici par la présence du chef d’état-major général de l’armée de terre, le général Abdoulaye Keïta mais aussi du directeur général de la police nationale le général Djenaba Sory Camara et toutes les autres forces d’intervention sont sur le terrain, à l’occurrence de l’ANGUSH, le directeur général, depuis la nuit, est sur pied, y compris les services techniques du ministère de l’Habitat et de l’Environnement. Nous avons pour objet de poursuivre les travaux, comme vous le voyez, les machines sont en train de travailler pour voir dans les décombres s’il y a encore des survivants ou d’autres victimes qui pourront s’ajouter aux cas de décès déjà enregistrés. Le bilan est déplorable. Une personne décédée est de trop pour notre pays’’, a-t-il indiqué.

Parallèlement aux recherches, la prise en charge des rescapés s’est organisée vers les structures sanitaires de la capitale, tandis que la zone continue d’être sécurisée. ‘’Pour l’instant, comme je venais de le dire, nous avons trois victimes qui sont des victimes décédées sur place, mais nous avons réussi à envoyer deux blessés qui sont actuellement à l’hôpital sino-guinéen pour administrer des soins. Les fouilles continuent pour permettre aux services techniques de voir qu’est-ce qui se cache dans les décombres. Les premières dispositions, les mesures, sont déjà en cours pour permettre de libérer carrément l’espace et voir qu’est-ce qui se cache dans les décors’’, a-t-il précisé.
dans la foulée, la question des responsabilités est immédiatement revenue au centre des débats. Le ministre a rapidement levé le voile sur le statut juridique de l’édifice, confirmant qu’il s’agissait d’un chantier clandestin. ‘’Les causes de cet effondrement vont faire l’objet d’un rapport technique, et le peuple sera élucidé. Les dispositions techniques sont en cours pour permettre aux services compétents de se prononcer clairement sur les causes, mais aussi les dispositions idoines qui vont être prises. Cet immeuble-là, qui fait l’objet d’écroulement, qui a occasionné aussi l’effondrement d’un autre immeuble, pour le moment et techniquement, c’est un immeuble qui n’a pas été autorisé conformément à la réglementation en vigueur’’, a-t-il révélé.

Donc, a-t-il poursuivi ‘’c’est le lieu pour moi de lancer un appel solennel à l’endroit de nos concitoyens pour une plus grande vigilance, mais aussi de prendre à bras le corps leurs propres responsabilités par rapport à la situation environnementale que offrent les grandes pluies, mais aussi les habitations qui sont érigées par-ci, par-là de façon anarchique. (…) Une fois encore, je lance un appel solennel à tous les citoyens guinéens où qu’ils ils se trouvent aujourd’hui, pour une plus grande vigilance par rapport à cette période exceptionnelle de grandes pluies. Tous ceux qui sont dans des zones à haut risque, nous leur demandons d’évacuer les lieux pour permettre à ce que les services techniques puissent continuer à ouvrir et libérer le passage aux eaux de ruissellement’’.

‘’Les études sont en cours pour permettre aux services compétents du ministère en charge de l’Habitat de poursuivre son contrôle sur l’ensemble des communes des 13 communes de Conakry. Ce travail a déjà commencé, le communiqué a été rendu officiel sur Kaloum, Dixinn et Matam et ce travail est vers la fin et il se poursuit sur l’ensemble des autres communes qui n’ont pas encore reçu le contrôle’’, a-t-il martelé.

Avant de saluer le soutien des plus hautes autorités aux proches des victimes. ‘’Je voudrais au nom du chef de l’État, le président Mamadi Doumbouya, rendre un hommage à toutes nos victimes. C’est une façon pour nous de dire qu’on a encore perdu nos frères et nos sœurs guinéens qui, par endroit, ne sont pas responsables de la construction. Donc, je présente, au nom de la haute autorité, mes sincères condoléances aux familles éplorées. Et je souhaite prompt rétablissement aux blessés qui sont actuellement à l’hôpital sino-guinéen pour administrer des soins’’, a-t-il indiqué.

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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