Ces actes d’un autre âge auraient été passés sous silence à l’instar de nombreux autres commis en toute impunité s’ils n’avaient pas fait l’objet d’une diffusion en boucle sur les réseaux sociaux et interpellé les partenaires internationaux de nos autorités.
En effet, ce que pense l’opinion publique nationale ne revêt pas une importance cardinale aux yeux de nos gouvernants, auquel cas, ils se seraient déjà attelés à résoudre nos problèmes quotidiens relatifs à la cherté de la vie, à la fourniture de services publics de base et à la gestion transparente et efficace de nos deniers publics.
En lieu et place de cela, nous avons droit à une crise économique, sociale et politique sans perspectives de dénouement à l’horizon puisqu’aucune politique sérieuse à moyen et long terme n’est menée pour en venir à bout.
Pour revenir à ces actes de torture, l’opinion publique nationale dont l’avis ne compte pas pour grand-chose, du moins pas jusqu’à ce que son ombre ne menace de faire vaciller les privilèges de nos chers gouvernants, vous exhorte à commencer par le commencement :
A savoir la codification dans notre code pénal du crime de torture et tous les autres traitements ou peines cruels, inhumains et dégradants.
A l’ouverture d’une enquête impartiale, confiée à des personnes qui n’ont pas intérêt à ce qu’elles débouchent sur certaines conclusions. Ce ne sont pas les services qui sont mis en cause et qui sont à l’origine de ces actes qui doivent se voir la confier. Il doit s’agir d’une enquête indépendante.
L’enquête doit être publique et se faire devant l’ensemble des citoyens qui doivent être pris pour témoins. Il s’agit de montrer que les autorités sont soucieuses de la dignité humaine et qu’elles sont décidées à réprimer pénalement les auteurs de tels actes. Une simple suspension, mesure de nature administrative, ne saurait suffire à lutter contre l’impunité quasi structurelle qui prévaut en Guinée.
A sensibiliser les agents de police et autres fonctionnaires chargés de la garde des personnes privées de leur liberté sur l’interdiction de la torture et à s’assurer de leur formation continue sur le respect des engagements nationaux et internationaux de la Guinée en matière de respect des droits de l’homme.
A mentionner dans le code pénal en révision qu’aucune déclaration obtenue sous le coup de la torture ne sera admise comme preuve dans une instance. Ce qui sera de nature à dissuader quelque peu la commission de tels actes.
Au respect des délais de détention provisoire dans nos prisons dont la méconnaissance, en plus de violer les lois y afférents, contribue à la surpopulation carcérale et à la dégradation des conditions de détention. Les droits de l’homme ne s’arrêtent pas aux portes des prisons et les conditions de détention inhumaines et dégradantes doivent s’analyser en des actes de torture psychologique.
A nos chers gouvernants, nous espérons ne pas vous entendre rétorquer que ces mesures ne sauraient être applicables en raison d’Ebola ou d’autres actions nocives et intempestives menées par l’opposition, deux contraintes de nature à miner durablement votre action. Quoi qu’il faille s’y attendre pour éviter toute déception !
Nadia Nahman, membre de l’UFDG