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Alpha Condé pourrait, de nouveau, dribler Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Cie

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Soutra

[dropcap]D[/dropcap]ans une “interview arrangée” avec son vieil ami François Soudan, l’inamovible Directeur des Rédactions de Jeune Afrique, le Timonier du parti/État guinéen, Alpha Condé, lance sa vaste et importante campagne de propagande pour préparer la communauté internationale à accepter le fait accompli du 22 mars 2020, par lequel il devient légalement (même si cela manque de légitimité) candidat à l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Le Chef de l’État guinéen s’y présente comme un homme de dialogue qui, durant des décennies, s’est battu pour qu’en Guinée, la démocratie et le développement socio-économique soient réels. Il y donne sa version de l’élection présidentielle de 1998, au terme de laquelle, il est devenu le “prisonnier” du système Lansana Conté. Le Général/Président venait d’être réélu alors que tout le monde savait que Bâ Mamadou Bhoye, candidat de l’Upr (qui était une fusion de partis politiques, notamment l’Unr de Bâ Mamadou et le Prp de Siradiou Diallo) était en meilleure position pour être élu, malgré qu’il ait dit qu’après les Malinkés, avec Sékou Touré, les Soussous, avec Lansana Conté, ce devrait être “le tour” des peulhs.

Laissons les morts tranquilles dans leur repos

Les morts n’ont jamais parlé. L’actuel chef de l’État guinéen, Alpha Condé, devrait se garder d’attribuer des propos à des personnes qui ne sont plus de ce monde. En révélant que “Mamadou Bâ, Siradiou Diallo et moi, avions dit que nous n’irions pas aux élections. Mais lors d’une réunion chez Siradiou, pour en discuter, j’ai vu que celui-ci avait déjà déposé sa caution. J’ai dit : “la réunion n’a pas sa raison d’être. Siradiou tu as déjà payé ta caution’’, il a fait sortir de leur silence certains connaisseurs des faits.

Cette version du président est-elle bonne ? Des proches de l’Upr, alors présidée par le Doyen Bâ Mamadou en doutent. Ils disent que “probablement Alpha Condé parle de la présidentielle de 1993. Et c’est lui Alpha Condé qui avait brisé le pacte, en allant déposer sa caution. Et en 1998, Siradiou n’était pas candidat mais plutôt Directeur de campagne de Bâ Mamadou. Il n’a payé aucune caution. Laissons les morts dans leur repos. Mais Alpha se trompe vraiment. Ce n’est pas vrai ce qu’il a dit sur ce sujet. En décembre 1998, la force de l’Upr était réelle et Alpha Condé était en perte de vitesse. Il devait appuyer la candidature de Bâ Mamadou, comme l’avait fait Siradiou et il serait alors impossible à Conté de tricher pour gagner. C’est l’égoïsme d’Alpha Condé qui a fait perdre l’Opposition’’.

Pour ces “connaisseurs”, l’actuel président de l’Upr, Bah Ousmane, “qui est Ministre-Conseiller d’Alpha Condé, était le numéro trois du parti. Il sait ce qui s’était réellement passé”. Donc, il devrait rappeler à Alpha Condé cette réalité. “Bâ Mamadou et surtout Siradiou Diallo n’avaient pas besoin d’une mobilisation de la Communauté internationale. Siradiou était le plus connu parmi eux en Guinée et à l’international et par les milieux politiques français. Son carnet d’adresse était incomparable. Tous les chefs d’État, notamment de France et des pays de l’Afrique francophone, alors qu’Alpha Condé était soupçonné d’être derrière les événements du 2 février 1996“.

Pour eux, “Alpha Condé ne devrait pas dire du n’importe quoi sur le compte de personnes décédées depuis plus de dix ans déjà. Des choses qui ne sont pas vraies. De toutes les façons, si Siradiou Diallo vivait encore en 2010, il aurait été incontestablement le premier président démocratiquement élu de Guinée face à n’importe quel autre candidat. Cellou Dalein n’aurait pas été candidat et serait resté aux côtés de Siradiou“.

Cellou et Sidya ont intérêt à dialoguer avec Alpha

Le contenu de cette interview d’Alpha occupe la Une de l’actualité politique guinéenne. C’est probablement ce qui a fait dire au président de l’Ufr, Sidya Touré, invité de l’émission de grande écoute les GG : “Nous étions dans une manifestation contre le référendum (…) A aucun moment il n’a été question d’aller prendre le pouvoir. (…) Il n’y a aucun putsch à l’horizon. Nous avons demandé des choses très claires. (…) On ne peut pas aller aux élections avec un fichier où il y avait huit millions sept cent mille guinéens, alors que nous savons que notre fichier ne doit pas dépasser les quatre millions huit cent mille“.

Le président de l’Ufr ne s’est pas limité à dénoncer ce fichier électoral. Il a démontré le refus d’Alpha Condé et de la mouvance présidentielle d’organiser des élections inclusives, en soulignant qu’une “fois que tout le monde (notamment la Cedeao et Oif, ndlr) a parlé de cela et qu’ils ont décidé d’enlever deux millions quatre cent mille, nous avons voulu réintégrer le système, on dit non (…) je ne sais pas la théorie que l’on peut soutenir pour dire que c’était inclusif. Tout le monde a reconnu que c’était des élections non inclusives. Et c’est cela le problème de fond“.

Marcher, protester, organiser des journées d’actions civiques pour réclamer la libération de détenus, que l’on peut qualifier de politiques, des partisans du Fndc, etc., est une des solutions à mettre en action. Mais cela ne devrait être que la dernière des solutions plutôt que la première, voire la principale. Il n’est pas superflu de répéter, autant de fois que c’est nécessaire, que le Fndc doit accepter d’aller au dialogue. Tous les conflits se sont terminés par un dialogue entre les belligérants. Ce n’est pas sur le terrain des affrontements que les adversaires d’Alpha Condé vont gagner la bataille. Ce sera dans le cadre d’un dialogue et devant les tribunaux… Lire la suite sur Guinafnews.info en cliquant ici

Soutra
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